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Souvenirs d'antan [Solo]

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Anzu H. Gozen
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Localisation : South Blue
MessageSujet: Souvenirs d'antan [Solo] Mer 20 Aoû - 22:50





Chapitre VI : Souvenirs d'antan.



C'était une magnifique nuit qui s'annonçait. Le ciel était complètement dégagé et on pouvait déjà voir les premières étoiles apparaitre sur ce rideau obscure. La mer quant à elle, était extrêmement calme. On peut dire qu'une telle tranquillité était vraiment très agréable. Il n'y avait personne à des kilomètres à la ronde à part un seul navire. Un énorme navire entièrement fait de métal. Un navire dont l'étendard représentait un crâne avec des cornes comme celui d'un démon au beau milieu de magnifiques petites fleurs turquoises et mauves ainsi qu'avec des ailes d'ange noires tombant de chaque côté du crâne. Eh oui, ce navire était bien celui d'un équipage pirate. Un équipage qui se faisait appeler les Fallen Angels. Cet équipage est-ce que l'on peut appeler une véritable famille. Chaque Fallen jouait un rôle important au sein de ce groupe et chacun d'eux était prêt à mourir pour ses nakamas. Et cette belle famille était en train de profiter de la tranquillité de cette soirée pour passer un moment agréable les uns avec les autres autour d'un bon diner. Autour de ce diner, il y avait au total, cinq personnes. Trois hommes, deux femmes et une enfant. L'ambiance était vraiment à la franche camaraderie. Tout le monde passait un excellent moment, mangeant à leur faim, buvant de l'alcool pour certain et du jus de fruits pour d'autres. Mais surtout, ils se remémoraient tout ce qu'ils avaient vécu ensemble. Les bons comme les mauvais moments. Ainsi que les pitreries de l'un d'eux.

- " Oh ça va... Je vous dis que j'ai pas fait exprès de l'énerver ce fichu animal. "

En parlant du loup, c'était lui le pitre de l'équipage. Un beau jeune homme d'une vingtaine d'années et à la chevelure bleue. Quelqu'un de très gentil, mais extrêmement gaffeur. Malgré tout, Rayson Shiro était une personne sur qui on pouvait compter en cas de problème. Surtout qu'il n'était pas le dernier pour se battre.

- " Mais c'est ça le problème avec toi. Tu ne fais jamais attention à ce que tu fais et après tu te retrouves dans des situations pas croyables. Si Moose n'était pas intervenu, tu aurais encore mal fini. "

Cette personne qui le sermonnait était l'une des deux femmes de cet équipage. Une très grande sabreuse et navigatrice à la longue chevelure rousse. Une magnifique femme du nom de Belle Wind. Quant à la personne qu'elle avait énoncé, il s'agissait de Moose Watchdog, le médecin de l'équipage un homme d'un certain âge et à la carrure plus qu'impressionnante. Mais ce qui impressionnait le plus, ce n'était pas seulement sa carrure, mais surtout la couleur de sa peau. Celle-ci était entièrement jaune.

- " Mais non, c'est pas vrai, j'aurais très bien pu m'occuper de... "

Seulement, la navigatrice ne le laissa pas finir sa phrase, lui coupant la parole pour le sermonner encore une fois.

- " Rayson ! Tu n'es qu'un idiot fini et puis c'est tout ! "

Sur ces mots, le jeune homme baissa la tête commençant à bouder tout en regardant sa chope de bière à moitié pleine. Quand tout d'un coup, une énorme main jaune s'abattit gentiment dans son dos, le faisant malgré tout légèrement basculer en avant. Cette personne qui venait de lui donner une tape amicale dans le dos, n'était autre que Moose qui regardait son camarade en affichant un large sourire.

- " Allez, ne fais pas cette tête. Tu sais très bien que Belle tient à toi et qu'elle a juste eu peur pour toi. Mais, c'est vrai qu'elle n'a pas tord. Il t'arrive toujours des trucs incroyables. "

Moose était comme un père pour chacun des membres de cet équipage et on pouvait toujours compter sur lui pour prendre soin des autres. Ce n'est pas pour rien qu'il était le médecin des Fallen Angels. Enfin bref. Pendant que Rayson boudait et que Moose essayait de le réconforter, une personne qui se trouvait au bout de la table, interprétait une douce mélodie à l'aide de son violon. Cette personne se prénommait Kokyuu Date, et il était le troisième homme de cet équipage. Un autre beau jeune homme, mais qui lui, avait les cheveux entièrement blancs pour son âge. Kokyuu était le musicien des Fallen Angels. A chaque fois qu'il laissait son archet danser sur les cordes de son instrument, le temps semblait se figer et cela avait le pouvoir de calmer les tensions au sein du groupe. Mais surtout, la personne qui aimait le plus écouter Kokyuu en jouer, était une petite fille de huit ans assise juste à côté de lui. Une petite tête blonde aussi adorable qu'un diablotin qui portait le doux nom d'Hortense Shadlight. Pour tout dire, Hortense pouvait s'avérer être un vrai petit démon. Cette enfant possédait les pouvoirs du Mera Mera no mi et pouvait devenir une boule de feu à chacun de ses caprices. Elle pouvait parfois être ingérable et la seule qui savait comment la calmer, était Belle. Pour on ne sait quelle raison, Belle était la seule personne que cette gamine écoutait. Peut-être était-ce dû au fait que Belle avait un grand instinct maternelle. D'ailleurs en parlant de ça, si quelqu'un avait le malheur de toucher un cheveu de la petite, Belle devenait folle de rage. Même les membres de l'équipage n'avaient pas intérêt de s'en prendre à elle s'ils ne voulaient pas se faire botter les fesses par la demoiselle aux cheveux de feu.

On peut dire que cet équipage était vraiment uni. Peut-être bien plus que ne pouvait l'être une famille. Et si cela était possible, c'était grâce à une personne qui les avait tous réunis en les accueillant au sein de son équipage. Une personne qui les aimait, les respectait autant qu'ils la respectaient et surtout qui donnerait son âme pour eux. Cette personne n'était autre que leur Capitaine. Leur Capitaine qui s'avérait être moi-même. Eh oui, j'étais le Capitaine des Fallen Angels. Et quand je les regardais ainsi en train de rire de bon coeur, mon coeur était rempli de joie. J'étais si fière d'être leur chef et si heureuse. Pour rien au monde, je ne voudrais les remplacer.

La soirée continua ainsi pendant encore plusieurs heures jusqu'à ce finalement, tout le monde décide qu'il était grand temps d'aller se coucher. Alors que Kokyuu et Rayson partirent ensemble tout en continuant de parler de choses et d'autres, notre navigatrice s'occupa avec douceur de la petite Hortense qui s'était déjà endormit sur sa chaise. Celle-ci la prit tendrement dans ses bras avant de partir à son tour coucher sa petite protégée. Pendant ce temps, Moose et moi-même, nous nous occupions de débarrasser la table, ranger et de faire la vaisselle. Une habitude que nous avions pris tous les deux. Et comme à chaque fois que nous nous affairions à la tache, nous discutions comme le ferait un père et sa fille.


- " Tu peux vraiment être très fière de ce que tu as réussi à accomplir. Tu as réussi à réunir de puissants combattants au sein de ton équipage. Mais surtout, des personnes qui possèdent un grand coeur. Chacun à leur façon. Même cette petite peste d'Hortense...  Surtout, ne va pas répéter ça à Belle. "

Quand Moose énonça ce dernier point, je ne pus me retenir de rire de bon coeur avant de lui répondre.

- " Ne t'inquiète pas. Sur ce point-là, nous sommes tous d'accord pour dire que c'est une peste. Je t'avoue que des fois, je me demande même pourquoi je l'ai prise avec nous au lieu de l'abandonner sur cette île. Peut-être que... "

- " Parce que tu as un grand coeur toi aussi. Et parce que tu ne pouvais te résoudre à abandonner une petite fille aussi forte soit-elle. "

En entendant ce qu'il pensait de moi, je me mis à tourner la tête vers lui, affichant un sourire radieux sur mon visage.

- " Merci. Mais tu sais, de nous tous, c'est toi qui possède le plus grand coeur. Tu es un véritable père pour nous et on t'aime tous énormément. "

A ces mots, je vis Moose se mettre à rougir comme une tomate. Ce qui n'était pas compliqué à remarquer du fait de sa peau jaune. De voir ainsi rougir une telle montagne de muscle, me fit encore plus sourire. Quant à Moose qui s'en aperçut, il me demanda pourquoi je souriais ainsi.

- " Oh pour rien. "

Lui répondis-je avant de finir d'essuyer la dernière assiette et de lui souhaiter une bonne nuit tout en me mettant sur la pointe des pieds pour venir déposer une bise sur une de ses joues. Après cela, je partis en direction de mes quartiers. Comme tout le monde, j'avais hâte de retrouver mon lit pour y dormir, mais avant cela, je comptais prendre une douche bien chaude. Alors, à peine arrivée dans ma cabine, je commençais à me dévêtir tout en avançant d'un pas rapide vers la cabine de douche. Une fois entièrement nue, je rentrais dedans avant d'allumer l'eau qui se mit à ruisseler sur mon corps. C'était tellement bon. J'adorais sentir l'eau couler sur mon corps nu et je pouvais y rester pendant des heures. Mais pas cette nuit.

Une bonne demie-heure s'écoula avant que je ne décide enfin de sortir de la douche. Première chose que je fis en sortant, ce fut d'attraper une serviette de bain que j'enroulais autour de mon corps. Une fois fait, je me mis face à mon miroir dont la glace était recouverte de buée qui empêchait de voir mon reflet. Alors, d'un geste de la main, je me mis à retirer toutes les petites gouttes de condensation avant de me figer tout d'un coup. Quelque-chose me choqua au point que j'en restais bouche-bée et qu'on pouvait lire de l'incompréhension dans mes yeux. Voir même un peu de peur. Cette chose venait du miroir et plus précisément de ce qu'il reflétait. Ce n'était pas moi... La personne que reflétait le miroir était quelqu'un d'autre. Certes, il y avait bien quelques ressemblances, mais ce n'était pas moi. La personne dans le miroir était une magnifique jeune femme aux courts cheveux verts et aux yeux marrons dorés. Mais surtout, elle avait une étrange marque de naissance sous les yeux. Qu'est-ce que ça voulait dire ? Qui pouvait bien être cette personne ? Alors que je me posais toutes ces questions, la jeune femme que reflétait le miroir se mit à me sourire étrangement. Quand soudain, sa main traversa le miroir et je sentis quelque chose se planter en moi. Cette chose était une épée. Mais pas n'importe quelle épée. Il s'agissait de mon On'kyou tsurugi. Mon sabre dont je voyais la lame plantée dans ma poitrine qui se vidait de son sang... Et alors que je regardais ma poitrine, mes yeux commençant à se voiler, j'entendis une voix d'outre tombe sortir du miroir.


- " Faible. "



*
*  *




Un rêve.. Ce n'était qu'un rêve. En réalité, je me trouvais dans un lit d'une chambre d'auberge sur l'île du Royaume de Saint Urea. Dehors, il faisait à peine jour et je pouvais voir les premiers rayons du soleil passer à travers le rideau de la fenêtre. Cet horrible rêve m'avait réveillée comme toujours avec le corps recouvert de sueur froide.

Ce n'était pas la première fois que je faisais un rêve de ce genre. Depuis que Faust avait joué avec mon cerveau, j'en faisais régulièrement. Malheureusement, ces rêves m'ébranlaient toujours autant. En fait, il ne s'agissait pas de simples rêves. C'était en réalité, les souvenirs de la Danse-Lame que je revivais. Des souvenirs de son équipage, les Fallen Angels, de ses nombreuses batailles et parfois même du jour où elle fut tuée par l'un des Yonkou de l'époque. Je revivais entièrement sa vie, partageant ses joies et ses pleurs... Ainsi que les sentiments qu'elle pouvait éprouver pour les personnes qu'elle avait rencontré. De l'amitié pour ses amis, de la haine pour le Gouvernement Mondial et l'assassin de ses parents. Mais surtout, des sentiments amoureux pour une certaine personne. Tout cela faisait dorénavant parti de moi et je n'arrivais toujours pas à m'y faire. Aimer et haïr des personnes que je ne connaissais pas me paraissait tellement étrange.





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Anzu H. Gozen
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'antan [Solo] Jeu 21 Aoû - 22:55






Chapitre VII : Comme une bête traquée.



Deux semaines plus tôt, j'avais quitté l'île d'Haku où se trouvait la base secrète de Faust Kisuna afin d'accomplir une de mes missions: Récupérer de nouveaux cobayes. Je détestais faire ces missions qui m'obligeaient à faire du mal à de pauvres gens innocents, mais quand on a une puce de contrôle dans le corps, on est obligé d'obéir aux ordres. Je fus donc emmenée sur South Blue par bateau avant d'être débarquée dans une barque en pleine mer, à plusieurs centaines de kilomètres des côtes de l'île la plus proche. C'est toujours comme ça que se passait la " Récolte " comme aimait l'appeler ce maudit scientifique. Une bonne dizaine de Cyborg étaient envoyés sur les quatre océans en dehors de GrandLine pour lui trouver de nouveaux jouets avec lesquels s'amuser. Au début, nous nous retrouvions tous à bord du même navire avant qu'on ne soit dispersé un peu partout sur des îles différentes. C'était soit-disant un sacré gagne temps et surtout cela permettait d'avoir beaucoup plus de choix. De plus, chacun de nous n'avait que quelques jours pour récupérer un ou plusieurs cobayes avant que le bateau ne revienne nous chercher.

Voilà donc comment j'avais atterri sur cette île. Un Royaume qui portait le nom de Saint Urea. Cela faisait déjà trois jours et trois nuits que j'avais posé le pied sur cette île. C'était une région assez belle et agréable en soit. Mais malheureusement, la raison de ma présence ici ne me laissait pas le loisir d'y prendre du bon temps ou d'en apprendre plus sur son histoire. Surtout qu'il me restait moins de vingt-quatre heures pour mettre la main sur un cobaye. Eh oui, depuis que j'étais arrivée, je n'avais trouvé personne qui pourrait convenir aux critères de l'autre cinglé. Faust cherchait des personnes ayant un minimum d'expérience dans le combat afin d'avoir de puissants soldats à sa botte. Mais il arrivait aussi parfois, qu'il veuille qu'on lui rapporte des enfants. Pourquoi ? Eh bien, cet homme machiavélique n'avait aucun scrupule. Tout ce qui pouvait lui servir comme arme était le bienvenu dans son laboratoire pour leur apporter de petites modifications... Par chance, aujourd'hui je n'avais encore jamais eu à m'en prendre à des enfants. Ce qui n'empêchait pas que je lui avais déjà apporté un certain nombre de personne. Six au total... Six personnes dont je voyais le visage chaque nuit. Des visages qui me suppliaient de ne pas leur faire de mal. Chaque fois, j'avais bien essayé de les sauver en reprenant le contrôle de mon corps. Malheureusement, je n'en fus jamais capable. Tout cela m'était devenue insupportable. Je perdais petit à petit espoir dans le fait qu'un jour peut-être, je pourrais de nouveau bouger de mon propre chef. Enfin bref. Pour l'heure, j'espérais surtout ne trouver personne avant de quitter cet endroit. Il est vrai que cela m'apporterait encore plus les foudres de mon tortionnaire. Mais bon... Que pouvait-il me faire de plus ? Il avait déjà réussi à me briser alors, un peu plus ou un peu moins. Quelle importance ?

Malheureusement, la chance n'était pas avec moi aujourd'hui... A peine je franchissais la porte de l'auberge où j'avais passé la nuit, un homme me passa devant. Un homme que cette maudite puce semblait trouver à son goût car celle-ci fit en sorte que je ne le quitte pas des yeux. C'était un homme assez jeune avec des cheveux blancs mi-longs. Assez mignon, il était un peu plus grand que moi et il semblait assez musclé. Une personne qui à n'en pas douter, devait faire partie de la Marine. Celui-ci en portait les couleurs, dont la mouette qui les caractérise. Mais surtout, ce qui attira le plus mon attention, c'était le fait qu'il ressemble à une personne que j'avais vu en rêve. En effet, à part la cicatrice qui barrait sa joue gauche, il ressemblait à s'y méprendre à Kokyuu Date, l'un des Fallen Angels. On pouvait dire que c'était assez étrange. Déjà, le fait de croiser quelqu'un qui était quasiment la copie conforme d'une personne dont j'avais rêvé, mais aussi, le fait qu'il lui ressemble tant. Était-ce un de ses descendants ? Enfin peu importe car je ne le saurais sûrement jamais. Tout ce que je savais pour l'instant, c'était que ce jeune homme commençait à s'éloigner de plus en plus de moi. Ce qui pour moi était parfait. Seulement, alors que j'espérais ne pas m'en prendre à lui, la puce ordonna à mon corps de lui suivre après que mes mains aient rabattu la ample capuche de mon manteau sur ma tête, ne laissant apparaître que le bas de mon visage.

Pendant ce qui me sembla être une éternité, je me mis à le suivre à travers les rues de la ville tout en restant à bonne distance pour ne pas être repérée. Je ne sais pour quelle raison, la puce semblait attendre qu'on se trouve dans un lieu plus isolé avant de lui sauter dessus. Pourtant, d'habitude elle ne faisait pas autant de chichi. Généralement, quand on croisait une personne correspondant aux critères, cette saleté me forçait à l'attaquer dans la seconde. Et puis, ce n'était pas la première fois que je m'en prenais à un Marine... Sincèrement, je ne comprenais pas ce qui se passait. Enfin, ce n'était pas moi qui allais me plaindre. D'un côté, c'était très bien ainsi. Avec un peu de chance, le soldat de la Marine retrouverait peut-être ses collègues avant que je ne l'attaque. Ce qui mettrait fin à la filature, permettant a ce jeune homme de s'en sortir indemne.

Seulement, je n'étais qu'une belle rêveuse. A peine avais-je pensé cela, je me mis à tourner dans une ruelle vide de monde. Les seules choses qui s'y trouvaient été des caisses en bois, des poubelles et ma proie. Celui-ci était en train de se plaindre. D'après ce que j'entendais, il se plaignait de s'être encore trompé de chemin. Ahlala... Ce jeune homme n'avait pas le sens de l'orientation... Et c'est malheureusement ce qui allait le perdre aujourd'hui. Intérieurement, je priais pour que cela se passe vite alors que de son côté, mon corps se déplaçait vers lui avec grâce et discrétion. En quelques foulées, je fus sur lui sans qu'il s'en aperçoive avant de lui porter un coup dans le dos avec l'aide de mon fourreau. Un coup si puissant que le Marine alla s'écraser deux mètres plus loin dans les caisses en bois qui lui tombèrent dessus à l'impact.


- " Arg... Mais bordel, c'était quoi ça ? "

Ces mots venaient de l'homme que je venais de faire valdinguer. Celui-ci dégagea les caisses qui lui étaient tombées dessus en râlant avant de se relever.

- " Ca fait un mal de chien... "

Dit-il avant de se tourner dans ma direction tout en se massant la tête. Il était clair que le jeune homme avait souffert de l'impact. Cela se lisait sur son visage. De plus, on pouvait voir quelques gouttes de sang perlées de son front. Sincèrement, j'étais désolée pour lui... J'aurais préféré que cela n'arrive jamais. Mais bon il était trop tard. Et de toute façon, je ne pouvais que rester là, à regarder mon propre corps s'en prendre à ce pauvre innocent. Quant à ce jeune homme, quand il me vit, celui-ci me regarda avec surprise avant que celle-ci ne laisse place à de la colère.

- " Hé ! C'est toi qui m'a envoyé valser comme ça ?!

Alors qu'il me demandait cela, moi de mon côté, je le regardais sans montrer la moindre émotion. Enfin c'est l'image que je donnais extérieurement car en réalité, intérieurement, je ne cessais de m'excuser. Mais surtout, je lui criais de s'enfuir bien que je savais qu'il ne m'entendrait pas. Voyant que je ne lui répondais pas, le jeune homme s'énerva.

- " Tu pourrais me répondre quand je te parle ! "

Toujours aucune réaction de ma part. Mon corps ne bougeait pas d'un millimètre. Et je savais parfaitement pourquoi. La puce qui se trouvait dans mon cerveau était en train d'analyser dans les moindres détails l'homme qui se trouvait en face de moi. Celui-ci, en plus d'être grand et musclé, ce qui pouvait faire penser qu'il savait se battre, portait deux revolvers à sa ceinture. Il était donc spécialisé dans les combats à distance. Cela pouvait être à mon désavantage, vu que de mon côté, je ne combattais qu'au corps à corps. Cependant, ce n'était pas la première fois que je me retrouvais dans ce cas de figure. J'avais déjà combattu d'autres personnes étant spécialisées dans le même domaine que lui et la puce n'allait pas se gêner pour farfouiller mon cerveau afin de mettre au point une tactique.

La première chose à faire, était de l'attaquer avant qu'il n'ait le temps de dégainer ses armes. Et c'est ce que mon corps fit. En un instant, je me mis à fondre sur lui tout en dégainant mon sabre. Une fois sur lui, mon corps frappa d'estoc au niveau du torse, cherchant à mette fin tout de suite au combat. Seulement, le soldat de la Marine n'était pas sans ressources. Celui-ci esquiva l'attaque à la dernière seconde. Ce fut vraiment très juste pour lui car même si la lame n'avait pas réussi à l'égratigner, elle avait réussi à déchirer une partie de sa veste. Il avait eu beaucoup de chance mais est-ce qu'il en aurait encore longtemps ? Pour l'heure, alors qu'un instant plus tôt, celui-ci fut surpris par le fait que je l'attaque ainsi, il dégaina ses armes à feu avant de reculer de plusieurs pas tout en me tirant dessus. Deux balles. Il venait de tirer deux balles sur moi quasiment à bout portant. Pour une personne normale, il n'y avait aucune chance qu'elle s'en sorte. Mais seulement, je n'étais pas tout à faire normale. Je possédais de très bons réflexes et la puce de contrôle s'en servit merveilleusement bien. A peine les coups de feu avaient retenti, mes bras levèrent mon sabre pour parer l'une d'entre elle. Quant à l'autre, je l'entendis siffler à mon oreille, celle-ci n'ayant fait que m'érafler la joue gauche.


- " Impressionnant. Je dois l'avouer. Mais arriveras-tu à éviter les autres balles ? "

Pour seule réponse, mon corps se mit en garde, brandissant mon épée devant moi, prête à l'affronter. En voyant que je ne disais toujours pas un mot, le jeune Marine se mit à pousser un long soupir de lassitude avant de se mettre également en garde, pointant ses armes à feu vers moi.

- " Bref... Voyons ce que tu as dans le ventre. "




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Anzu H. Gozen
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'antan [Solo] Dim 24 Aoû - 18:47







Chapitre VIII : L'abandon n'est pas une solution



Combien de temps s'était écoulé depuis que j'avais attaqué cette pauvre personne innocente ? Combien de temps depuis que nous nous fixions, attendant que l'un baisse sa garde ou que l'autre fasse le premier pas ? J'avais l'impression que des heures avaient passé depuis que j'avais commencé à le suivre. Et pourtant, il ne s'était écoulé que quelques minutes. De longues minutes interminables et sans fin. Vivement que tout cela se termine car je commençais à en avoir plus que marre. Tout ce que je voulais, c'était quitter cette île sans avoir besoin de blesser qui que ce soit. Et voilà dans quoi je me retrouvais. Encore un combat. Un combat stérile de tout sens. Et pourquoi ? A cause d'une minuscule petite chose qui contrôle mon cerveau. Si seulement je pouvais m'en débarrasser. Peu importe la manière. J'étais même prête à mourir afin de ne plus subir tout cela. Des fois, il m'arrivait même d'espérer tomber sur quelqu'un qui serait capable de me libérer en m'ôtant la vie. Mais malheureusement, je n'avais encore jamais trouvé quelqu'un capable de le faire. Comme si la puce de contrôle savait parfaitement choisir mes adversaires, mesurant chaque risque. Certes, il était arrivé que je tombe sur des personnes assez coriaces pour me malmener un peu. Mais aucun qui était capable de me tuer. Enfin bref. Pour l'instant, je faisais face à ce jeune homme dont je ne connaissais même pas le nom. Ce jeune homme qui avait une étrange ressemblance avec le violoniste des Fallen Angels. Et bien que je n'ai jamais connu personnellement Kokyuu, l'idée même de faire du mal à sa copie conforme me serrait le coeur. C'était comme si je m'en prenais directement à lui... Lui qui était l'un des plus fidèles amis de la Danse-Lame qui elle fait dorénavant intégralement partie de moi.

Pendant ce temps, le jeune soldat de la Marine semblait hésitant. Je pouvais lire dans ses yeux qu'il ne savait pas quoi faire. Depuis tout à l'heure, il ne cessait de m'observer sans montrer signe de vouloir passer à l'action. Avait-il peur ? Pourtant, au vu de ce qu'il m'avait dis plus tôt, celui-ci semblait être sûr de lui. Quelqu'un ayant confiance en ses capacités. Ou bien, était-ce tout simplement un beau parleur ? Peu importe toutes ces questions. A hésiter ainsi, ce jeune homme n'allait malheureusement pas faire long feu contre moi. Car hésiter en plein combat pouvait s'avérer mortel. Et mon corps comptait bien lui prouver. Après un long moment, celui-ci se mit enfin en mouvement, fondant sur sa proie à vive allure.

Cette fois-ci, mon adversaire ne fut pas surpris, s'attendant à ce que je lui fonce ainsi dessus. Le jeune homme ayant prit ses précautions, commença à vider ses deux chargeurs sur moi, visant avec une sacré précision. A un point tel, que mon corps dû plonger derrière des caisses en bois empilées les une sur les autres afin de ne pas être touché. Finalement, ce n'était pas qu'un simple beau parleur. Il était doué, très doué. Certes, mon corps n'avait à souffrir d'aucune blessure, mais mon manteau par contre... Il était truffé de balles. Il est clair que sans les bons réflexes que la nature m'avait dotée, je serais surement morte à l'heure qu'il est. Seulement, ce n'était pas qu'avec de bons réflexes que j'allais pouvoir m'approcher de lui. Il fallait un plan à la puce de contrôle. Et la connaissant, j'étais sûre qu'elle en avait déjà un.

Il ne fallut pas attendre longtemps pour que celle-ci nous le prouve. En un instant, la puce ordonna à mon corps de se relever avant de frapper violemment les caisses en bois qui s'envolèrent droit sur son adversaire. Puis, ne s'arrêtant pas là, mon corps se mit à fondre sur le jeune Marine tout en restant dissimulé derrière les caisses qui furent éjectées. De son côté, le jeune homme faisait tout son possible pour esquiver les projectiles, ne s'apercevant pas du subterfuge. Celui-ci étant totalement concentré sur l'esquive et la déviation des caisses, il ne me vit pas arriver. Alors que la dernière caisse allait enfin s'écraser un peu plus loin, le jeune homme comprit enfin ce qui se passait. Malheureusement, il était trop tard. Car quand celui-ci me vit enfin, je n'étais plus qu'à quelques pas de lui. Il me suffisait tout juste de tendre le bras pour que mon épée le touche et mette fin à ce combat. Seulement, je ne sais pour qu'elle raison, mais au lieu de s'en prendre directement à lui, la puce de contrôle força mon corps à trancher l'un des revolvers. Ce qui eu pour résultat de réveiller les pouvoirs de mon sabre. En rentrant ainsi en contact avec l'arme à feu, la lame du On'kyou tsurugi se mit à vibrer, créant un cône d'ondes sonores. Un cône dans lequel sera prit ce pauvre soldat. Au premier abord, on s'attendrait à ce qu'il ne se passe rien de spécial. Et pourtant, quand les ondes sonores commencèrent enfin à atteindre les oreilles et le cerveau de ma victime, celle-ci tomba à genoux avant de se mettre à hurler de douleur tout en se tenant la tête de sa main libre. Le pouvoir de ce sabre était dévastateur. Ce pouvoir ne causait aucune blessure extérieure, mais intérieure. Grâce aux souvenirs de Neliel qui le maîtrisait à la perfection, j'avais pu voir les effets qu'il avait sur les gens. Certaines de ses victimes en avaient les tympans percés et du sang sortait de leurs oreilles avant de s'évanouir, leur douleur étant tellement intense. Seulement, étant encore loin du niveau qu'elle avait pu atteindre, mes victimes, elles, ne voyaient que leur vision se troubler en plus d'une grande souffrance. Et c'est exactement ce qu'il se passait pour mon adversaire.

Pendant ce temps, alors qu'il souffrait le martyre, mon corps s'approcha de lui. Je comprenais enfin pourquoi la puce de contrôle ne m'avait pas forcée à le frapper directement. Elle ne voulait pas le blesser plus que nécessaire. Tout ce qu'elle voulait, c'était le paralyser. Celle-ci profita donc de la confusion du Marine pour lui assener un coup qui le mettrait hors d'état de nuire sans le tuer. Seulement, tout ne se passa pas comme elle l'avait prévue. Alors qu'elle s'apprêtait à le frapper à la tempe pour l'assommer, celui-ci prit d'un instinct de survie, leva son arme avant de tirer. Ne s'y attendant pas du tout, la puce n'eut pas le réflexe de tenter quelque chose comme les fois d'avant. Non, cette fois-ci, j'avais sentit le projectile pénétrer dans ma chair et l'impact m'avait fait reculer de plusieurs pas. Et alors que mon visage ne montrait aucun signe de souffrance, intérieurement j'hurlais de douleur. La balle qu'il venait de tirer était venue se loger dans mon épaule gauche. Le pire, c'est qu'à ce moment, j'étais persuadée qu'il avait raté son coup. Au fond de moi, je savais qu'il ne visait pas du tout l'épaule, mais mon coeur. Et il est clair que s'il n'avait pas eu la vision ainsi troublée, il aurait réussi à m'abattre. Mais malheureusement pour lui... et pour moi, il avait échoué.

Après cela, le jeune homme se releva tout en vacillant avant de me hurler dessus avec colère.


- " Je ne sais pas ce que tu m'as fait, mais tu rêves si tu crois pouvoir m'avoir aussi facilement ! "

Bien qu'il dise cela, je pouvais clairement voir que les effets de mon sabre lui avait causé de lourd dégâts internes. Celui-ci avait beaucoup de mal à tenir debout et ne cessait de vaciller. Il donnait l'impression qu'il allait s'écrouler d'un instant à l'autre. Et pourtant, je pouvais voir dans ses yeux qu'il n'était pas prêt à abandonner. Quelque chose que je respectais énormément. Malheureusement pour lui, son destin était celé. Bien qu'il ait réussi à repousser l'échéance, il était clair pour moi qu'il allait perdre. Ce qui me fendit encore plus le coeur. De plus, je savais que maintenant, la puce de contrôle ne prendrait plus de risque. Elle ne tenterait plus de le capturer sans le blesser. Et cela voulait dire qu'elle allait me forcer à lui infliger encore plus de souffrances.

- " Fini de jouer ! Tu vas mourir ! "

Sur ces mots, le jeune soldat commença à me tirer dessus tout en hurlant de rage. Des coups de feu que je me mis à esquiver en tournant à vive allure autour de lui. Pendant que mon corps esquivait les balles, je compris qu'il s'agissait de ses derniers instants. Quand le chargeur de celui-ci sera vide, je lui foncerais dessus pour lui asséner un coup qui mettrait fin à ce combat. Et cela serait pour bientôt car tout comme la puce, je savais qu'il ne lui restait au total, plus que cinq balles dans son arme. Alors, je me mis à compter le nombre de coup de feu avec tristesse. Puis, arriva le moment où il tira sa dernière balle. Sans attendre ne serait-ce une seconde de plus, mon corps lui fonça dessus prêt à lui porter le coup grâce. Quant à lui, voyant qu'il n'aurait pas le temps de recharger son arme et n'ayant plus qu'une alternative, il se tenait prêt à parer l'attaque avec l'aide de son revolver. Mais avant cela, le jeune homme aperçut quelque chose à laquelle il ne s'attendait pas. Alors qu'il me regardait fixement, il vit des larmes couler de mes magnifiques yeux dorés. Eh oui, bizarrement et je ne sais comment, des larmes coulaient sur mes joues. Ce qui reflétait bien l'état d'esprit que j'avais à ce moment-là. J'étais triste pour lui et je regrettais que cela lui arrive. Malheureusement, cela ne changerait rien, car en un instant, je lui lançais une attaque de la main gauche. La trajectoire de la lame décrivait une magnifique diagonale de bas en haut. Une attaque tout à fait basique. Mais une attaque qui aurait raison de lui.



*
* *



Cinq ou six ans plus tôt. Je ne sais plus trop exactement et puis peu importe. Ce jour-là, il faisait un temps magnifique sur Water Seven. Le soleil était haut dans le ciel et il n'y avait aucun nuage à l'horizon. Comme souvent à cette époque, je passais le plus clair de mon temps à m'entraîner avec le Colonel Reimu Kouen. Et ce jour-là ne fit pas exception à la règle. Lui et moi, nous nous trouvions dans un petit coin isolé de l'île. Un magnifique endroit de verdure et à quelques pas de la mer dans les bas quartiers de la ville. C'était toujours à cet endroit que nous nous donnions rendez-vous. Et cela, peu importe le temps qu'il faisait. Le Colonel était quelqu'un de très dur lors des entraînements et il se moquait bien qu'il pleuve ou qu'il neige. Pour lui, tout bon soldat de la Marine devait être capable de se battre par tout temps.

Ce jour-ci, le Colonel essayait de m'enseigner une nouvelle technique. Une technique pas très compliquée en soit, mais qui malheureusement ne semblait pas faite pour moi. Car cela se passa très mal. Cela faisait déjà des heures et des heures que j'essayais de la maîtriser. Pour tout dire, nous avions commencé dès le petit matin et maintenant, le soleil commençait tout juste à se coucher. J'étais épuisée par cet entraînement... Et pour ne rien ajouter, le Colonel refusait que je me repose. Il disait qu'on n'arrêterait pas tant que je n'aurai pas réussi à effectuer cet enchainement. Alors, il me hurlait dessus, encore et encore...


- "Allez, recommence ! "

- " Encore ! "

- " Encore !! "

Seulement, rien à faire. Je n'y arrivais pas. Et en plus de ça, le fait qu'il me hurle dessus n'arrangeait rien à l'affaire. Cela me bloquait plus qu'autre chose. Alors je pris une décision.

- " J'y arriverais jamais. C'est impossible. J'abandonne... "

Sur ces mots, je fis tomber mon sabre au sol avant de me mettre à genoux et de baisser la tête d'un air attristé. C'est vrai quoi. A quoi bon insister alors qu'on y arrive pas ? Seulement, je me rendis compte que trop tard de l'erreur que j'avais commise.

- " Tu abandonnes ?! Et si tu n'y arrives pas face à un véritable ennemi, tu vas aussi te décourager et abandonner ?! Tu ne réussiras qu'à te faire tuer avec une telle attitude ! "

Tout ce que j'avais réussi à faire en lui disant que j'abandonnais, était de le mettre hors de lui. C'était la première fois que je le voyais ainsi dans une telle colère. A vrai dire, il me faisait même un peu peur.

- " Relève toi ! C'est un ordre !! "

Cependant, même s'il me faisait peur et malgré le grand respect que j'avais pour lui, je refusais de lui obéir. Une grande première. Il était hors de question que je me relève pour encore subir un échec. J'en avais plus que marre d'essayer encore et encore de maîtriser cette technique. Celui-ci ne comprenait pas que ça me blessait... Certes, je pourrais très bien lui dire, mais ça ne changerait rien. Alors, voyant que je refusais d'obéir à un ordre direct, il s'énerva encore plus.

- " Très bien, si tu refuses de te relever, je vais t'y forcer ! "

Sur ces mots, le colonel s'avança vers moi d'un pas lourd et rapide avant d'abattre subitement son épée sur moi. Une épée que j'eus tout juste le temps d'esquiver en faisant une roulade en arrière.

- " Arrêtez, je ne veux plus me battre ! "

Seulement, il ne m'écoutait pas et continuait de m'attaquer violemment. J'avais l'impression qu'il cherchait à me tuer. Et je commençais vraiment à avoir très très peur de lui. C'est bien simple, je ne le reconnaissais plus. Pourquoi agissait-il ainsi alors qu'il avait toujours été comme un second père pour moi? Je commençais même à regretter de lui avoir dit ces mots. Si j'avais su qu'il se fâcherait ainsi, jamais je n'aurai abandonné. Mais j'étais une adolescente têtue et quand j'avais décidé quelque chose, personne ne pouvait me faire revenir en arrière.

- " ARRETEZ !!!!! "

Lui hurlais-je les larmes aux yeux. Quand tout d'un coup, alors qu'il cherchait à m'attaquer à nouveau, je me mis à lui foncer dessus. Puis, inconsciemment, je lui lançais la technique qu'il avait essayé de m’enseigner toute la journée. La lame de mon sabre vint mordre et trancher sa chair tout au long de son buste. Une terrible entaille qui fit vaciller et tomber lourdement le Colonel en arrière. J'avais réussi... Mais en voyant mon mentor et ami gisant ainsi par terre avec une telle blessure, je vins me jeter à genoux prêt de lui pour m'excuser tout en pleurant.

-" Shhht... Cesse de pleurer voyons. Ce n'est pas aussi grave que ça en à l'air. Et puis tu sais, j'ai connu bien pire. "

Malheureusement, ces mots ne calmèrent pas mes larmes qui ne cessaient de couler sur mon doux visage. Voyant cela, le Colonel posa avec tendresse une de ses mains sur ma joue avant d'ajouter quelques mots.

- " Excuse-moi de t'avoir autant brusquée tout à l'heure. Mais il fallait que tu vois ce que ça fait de se retrouver ainsi dans une telle situation. Tu ne dois jamais abandonner, Hely'. Ceux qui baissent les bras sur un champ de bataille sont sûrs de mourir. C'est en se battant et en continuant d'aller toujours de l'avant qu'on y arrive. "

Sur ces mots, le Colonel m'offrit un sourire plein de fierté.

-" Je suis très fier de toi car tu m'as prouvé que tu étais capable de le faire. "



*
* *



Il avait raison... Je n'avais pas le droit d'abandonner. Non seulement pour lui, mais aussi pour ce jeune soldat. Celui-ci était un exemple à suivre. Bien qu'affaibli à cause des ondes sonores, il n'avait jamais abandonné face à moi. Et à partir d'aujourd'hui, je ne me baisserais plus jamais les bras. Je me battrais jusqu'à ce qu'un jour, je puisse me libérer de l'asservissement de Faust. Pour l'heure, ce pauvre jeune homme allait subir l'attaque qui m'avait aidée à terrasser mon mentor. Le Chigaeru. Alors que je lui portais mon attaque en diagonale, mon adversaire essaya de la parer avec son arme à feu. Seulement, alors qu'il l'avait parfaitement placé dans sa trajectoire, la main qui tenait le sabre le lâcha tout d'un coup. Et en un instant, mon autre main s'empara du sabre qui retombait avant de frapper. Mon adversaire n'y avait vu que du feu et quand il comprit enfin ce qu'il venait de se passer, il n'eut pas assez de temps pour réagir. L'attaque était parfaite comme ce jour-là. Seulement, alors que la lame allait atteindre son but, quelque chose se passa. Il y eut comme une sorte d'explosion qui nous sépara violemment l'un de l'autre et qui créa un énorme nuage de terre ainsi que poussière.




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MessageSujet: Re: Souvenirs d'antan [Solo] Dim 31 Aoû - 22:50






Chapitre IX : Les larmes du coeur.



Qu'est-ce que c'était que ça ? Quelle était cette chose qui venait de s'écraser entre nous deux, nous forçant à nous séparer ? Alors que je me posais ces questions, quelque chose sortie du mur de poussière. Enfin plutôt quelqu'un, et plus exactement une femme. Une femme assez étrange qui avait un look plutôt original. Celle-ci ressemblait à s'y méprendre à un bouffon, avec ses chaussures à talons et ses petits grelots. Son pantalon bouffant noir et blanc. Un haut de même couleur avec une pointe de rouge s'arrêtant un peu en-dessous de la poitrine, avec de longue manche et surtout un col qui remonte tout le long de son cou. Une coiffe sur sa chevelure noire n'étant autre qu'un énorme masque de bouffon. Et surtout un magnifique visage entièrement peint en blanc avec quelques traits noirs. Oui, c'était une très belle femme malgré son accoutrement hors du commun. Mais malheureusement, cette personne n'était pas n'importe qui et quand je la vis, je sentis mon coeur se serrer de tristesse. Je connaissais ce petit bouffon... Impossible de me tromper car à ma connaissance, il n'y avait personne d'autres ainsi vêtue sur toutes les mers. Je n'en croyais pas mes yeux... Ou plutôt, je ne voulais pas y croire. Je ne voulais pas croire qu'elle soit elle aussi sur cette île. Non je ne voulais pas... Car cette personne n'était autre qu'une de mes soeurs ainées. Florila. Et alors que je la regardais sans bouger, celle-ci s'occupait du jeune homme que j'avais combattu. Ma soeur lui demanda comment il allait avant de lui ordonner d'aller chercher de l'aide le temps qu'elle s'occupe de moi. Une fois fait et une fois que celui-ci avait obéis à ses ordres, Florila se retourna pour me faire face avant de se figer de stupéfaction.

- " Ce n'est pas possible... Hely' ? C'est bien toi ? Mais... mais... On te croyait tous morte. "

Me dit-elle surprise d'une voix pleine de tristesse. Celle-ci avait du mal à le croire et je pus le lire dans ses magnifiques yeux bleus. Mais comment avait-elle pu deviner que c'était moi ? Eh bien tout simplement parce que mon visage était à découvert. Pour tout dire, au moment de son intervention, le souffle de l'explosion souleva la ample capuche de mon manteau qui se rabattit en arrière sans que je m'en rende compte. C'est pourquoi, elle me reconnut sans la moindre difficulté. Seulement, cela lui permit de remarquer que quelque chose avait changé en moi. Ma grande soeur vit que mon visage habituellement éclairé d'un magnifique sourire restait de marbre et que mes yeux ne reflétaient aucune émotion. Ceci sembla la troubler et la blesser au fond d'elle car son visage si doux exprima de la tristesse. Puis, semblant se reprendre un peu elle se mit à me parler d'une petite voix.

- " Hely' ? Est-ce que ça va ? "

Tout en me posant cette question, celle-ci s'avança doucement vers moi tout en restant sur ses gardes. Mais alors qu'elle n'était plus qu'à quelques pas, la puce de contrôle força mon corps à l'attaquer sans ménagement. Par chance, Florila était d'un tout autre niveau par rapport au jeune soldat que j'avais combattu plus tôt et celle-ci esquiva mes attaques à plusieurs reprises et sans trop de difficultés avant de s'éloigner.

- " Qu'est-ce qui te prend ?! C'est moi, Florila, ta soeur. Tu ne me reconnais pas ? "

Seulement, alors qu'elle me disait cela d'une voix nouée d'émotion, elle n'eut qu'une seule réponse de ma part. Une attaque direct que celle-ci esquiva seulement de justesse. Malgré tout, Florila le fit un millième de seconde trop tard car la pointe de ma lame entailla légèrement la peau de son cou. En voyant ce que j'avais failli faire, je sentis mon coeur s'arrêter de battre un court instant. Je n'osais croire que j'avais failli tuer ma propre soeur en lui tranchant la gorge. Et cela sembla également être le cas de Florila qui me regardait avec étonnement. Je pouvais lire dans ses yeux une totale incompréhension de ce qu'il se passait. Celle-ci devait sûrement se demander pourquoi j'agissais ainsi. Si seulement elle savait... Peut-être pourrait-elle me venir en aide. Malheureusement, cela s'avérait incertain et de toute façon, la seule chose qu'elle pouvait faire pour le moment, c'était d'esquiver mes nombreuses attaques. Des attaques plus meurtrières les unes que les autres. Étrangement, la puce donnait l'impression de vouloir la tuer. Ou du moins, lui infliger de graves blessures afin de l'handicaper. Quant à moi, je ne cessais de me débattre tout en hurlant pour tenter de reprendre le contrôle de mon corps afin d'éviter le drame. Mais comme à chaque fois, je n'y parvins pas et je dus regarder à travers mes propres yeux, mon corps attaquer l'une des personnes que j'aimais le plus. Sincèrement, j'aurais de loin préféré ne pas assister à cela... Je ne voulais pas voir mon propre corps la blesser. Mais heureusement, ma soeur n'était pas du genre à se laisser faire car celle-ci étant complètement démunie face à cette situation prit une grande décision.

- " Tu ne me laisse plus le choix, Hely' ! Je ne voulais pas en arriver là, mais je vais te botter les fesses ! Et une fois que ce sera fait, tu me devras des explications ! "

Eh oui, mon ainée savait qu'esquiver mes assauts n'était pas une solution. Alors, sur ces mots, celle-ci se rua vers moi avant de me frapper violemment au ventre à l'aide d'un de ses poings. Le choc fut très violent car à l'impact de celui-ci, je me tordis de douleur tout en crachant un peu de sang. Puis, sans perdre un instant, Florila enchaîna par un deuxième coup. En un éclair, elle souleva sa jambe droite avant de m'envoyer son genou en plein dans la mâchoire. Ce coup était encore plus violent que le précédent et celui-ci me fit légèrement décoller du sol. Mais le pire était encore à venir. Car oui, ma soeur n'en avait pas fini avec moi. Alors que mes pieds avaient légèrement décollés du sol, Flo' tourna sur elle-même avant de me frapper de plein fouet au niveau du torse. Cette attaque effectuée avec sa jambe était puissante et elle me fit voler sur plusieurs mètres à travers la ruelle avant que j'aille traverser la vitrine d'un des magasins de la rue principale.

En voyant ce qui venait de se passer, les citoyens de la ville se mirent à paniquer avant de se mettre à courir dans tous les sens en hurlant. Tous cherchèrent à s'éloigner le plus possible. Tous sauf une personne qui s'approchait du magasin d'un pas ferme et assuré. Ma soeur ne voulait pas en rester là. Elle souhaitait clairement me faire revenir à la raison quitte à utiliser la force. Alors que moi de mon côté, je me relevais difficilement, repoussant la marchandise qui m'était tombée dessus, s'agissant principalement de nourriture. Mon corps me faisait souffrir le martyre et le moindre mouvement ne faisait qu’attiser la douleur. J'avais complètement oublié que ma soeur était aussi forte. Et il ne serait pas étonnant que son attaque m'ait fêlée quelques côtes malgré l'alliage qui recouvrait mes os. Mais bon, la puce n'en avait que faire de tout ça. Pour elle, tant que mon corps pouvait bouger, elle le ferait se relever pour faire face à son adversaire. Et quand je fus enfin sur pieds, elle me força à lui fondre dessus en toute hâte avant de lui porter un coup tranchant au torse. Un coup que ma soeur esquiva sans difficulté en reculant d'un pas avant de me mettre un direct du droit en plein sur la joue, ce qui me fit vaciller.


- " Eh bien... Tu n'es plus aussi forte que tu as pu l'être. Sache que ce n'est pas ainsi que tu pourras me vaincre. Enfin, au moins ce sera plus rapide. Plus vite ce sera fait, plus vite je pourrais avoir une explication sur ton attitude. "

Florila n'avait pas tort. Je n'étais plus aussi forte qu'avant et elle m'était devenue supérieure. Mais d'un côté j'étais soulagée de voir qu'elle ne risquait pas d'être blessée davantage. Seulement, la puce n'avait pas dit son dernier mot et je savais qu'elle ne s'avouerait jamais vaincue. Ce qui fut bien le cas car tout d'un coup, une de mes mains lança quelque chose par terre. Il s'agissait de délicieux petits bonbons. Quand est-ce que j'avais ramassé cela ? Je ne m'en étais même pas aperçue. Mais le problème n'était pas là... A peine avais-je lancé les bonbons, Florila se jeta dessus comme une véritable enfant avant de commencer à les manger. Fichue puce de merde! Celle-ci s'était permis une fois de plus d'explorer mes souvenirs pour découvrir le point faible de ma soeur. Car oui, les bonbons étaient son pêché mignon... Et quand elle en voyait, elle ne pouvait s'empêcher d'en manger. Même durant un combat. Et malheureusement, cela s'avéra être une grosse erreur car en un instant, la puce en profita pour l'attaquer. Une attaque vicieuse qui consistait à lui trancher une jambe pendant que celle-ci était affalée parterre à déguster ses petits trésors. Cependant, alors que la lame s’apprêtait à lui trancher la jambe gauche, celle-ci s'arrêta brusquement. Et ce ne fut pas la seule. En effet, tout mon corps avait cessé de bouger. Pour une seule raison, je lui avais ordonné. A force de me battre pour reprendre le contrôle de mon corps, j'avais réussi à faire faiblir le signal de la puce ce qui me permit de stopper l'attaque un bref instant. Chose qui permit à ma soeur d'éviter le coup en roulant sur elle-même une fois qu'elle s'était enfin aperçue de la supercherie.

Une fois hors d'atteinte de ma lame, ma soeur se releva avant de me regarder avec étonnement, l'air de se poser plusieurs questions. D'ailleurs, au bout d'un très court instant, celle-ci m'en posa une.


- " Hely', est-ce que tu ne serais pas... "

Enfin plus exactement, celle-ci essaya de m'en poser une. Car à peine avait-elle commencé à me parler, je l’interrompis en l'attaquant à nouveau. Les coups s'enchainèrent encore et encore. Il arrivait parfois que ma soeur se retrouve de nouveau en difficulté, mais à ces moments-là, je parvenais toujours à retenir les coups. Je ne sais pour quelle raison, mais Florila ne semblait plus se battre de toutes ses forces. A certains moments, elle donnait même l'impression d'être un peu ailleurs. Comme si elle réfléchissait à quelques chose. Mais à quoi ? Et surtout, ce qui m'intriguait le plus, c'était ce qu'elle avait essayé de me dire. Que voulait-elle me demander avant que je l'attaque ? J'avais beau cherché, je ne voyais pas... Pourtant, ça avait l'air important. Quand tout d'un coup, une hypothèse me traversa l'esprit. Et si elle savait ? Cela semblait improbable, mais peut-être qu'elle se doutait que quelque chose de louche se passait avec moi. Peut-être savait-elle pour Faust et ses cyborgs. Après tout, elle faisait partie de la Marine et peut-être que ses supérieurs lui avaient déjà fait part de cas similaire au mien. Non... Ce n'était pas possible. Je ne faisais que soulever des hypothèses. Bien que je sache que ma soeur soit très intelligente, comment pourrait-elle savoir que j'ai une puce au niveau de ma nuque. C'était impossible. En fait, si elle ne se battait plus de toutes ses forces, c'était juste parce qu'elle devait réfléchir à un plan pour me neutraliser sans me blesser davantage. Oui, ça devait être ça...

- " Accroche toi petite soeur ! Je vais te libérer de cette chose ! Je te le promets ! "

Que venait-elle de dire ? Qu'elle allait me libérer de cette chose ? Non... Il ne devait s'agir que de mon imagination... C'était impossible que ce soit vrai. Et pourtant, quand je vis ma soeur m'offrir l'un de ses plus beaux sourires, je compris que je n'étais pas en train d’halluciner. Florila m'avait bien promis de me sauver. En entendant ces mots, je sentis une vague d'émotion me submerger. L'entendre me dire cela me rendit si heureuse. Je me permis même à espérer qu'elle y arrive. Seulement une seule chose m'intriguait. Comment comptait-elle me libérer ? Que pouvait-elle faire ? Moi-même je ne le savais pas. Pourtant, ma soeur trouva une solution pour tenter de me sauver. Seulement, une solution de non retour... Alors que nous continuions de nous battre, ma soeur ainée fit quelque chose à laquelle je ne m'attendais guère. Celle-ci se jeta délibérément sur la lame de mon sabre qui la transperça de part en part au niveau de son ventre avant de me serrer tendrement contre elle tout en passant ses bras autour de mon cou. Ce n'était pas possible. Cela devait sûrement s'agir d'un cauchemar. Ma chère soeur ne pouvait pas avoir fait une chose aussi stupide. Elle ne pouvait pas s'être jetée ainsi sur mon arme. Et pourtant, si. Et quand je compris ce que cela signifiait, ce fut un véritable choc... Quelque chose se brisa en moi. Mon âme fut déchirée par l'horreur qui venait de se passer sous mes yeux. Et tout d'un coup, alors que je hurlais intérieurement, mes fines petites lèvres s'ouvrirent pour laisser échapper une terrible plainte de douleur pendant que de mes yeux, se mirent à couler des larmes de tristesse.

- " NOOOOOON !! Florila... Pardon... pardon... Je suis tellement désolée... "

Tout en disant cela, je me mis à étreindre ma soeur avec douceur tout en pleurant à chaudes larmes. Je n'arrivais pas y croire. Je ne sais comment cela était arrivé, mais j'avais réussi à reprendre le contrôle de mon corps. La puce avait perdu de son emprise sur moi. Mais pour combien de temps ? Enfin peu importe tout ça. Pour l'instant, la seule chose qui comptait, c'était ma soeur...

- " Enfin... Tu reviens à toi, petite soeur... "

Dit-elle avant de tousser violemment tout en crachant un peu de sang. Puis d'une voix qui se faisait de plus en plus faible, elle continua de me parler avec douceur et amour.

- " Je... je suis si heureuse que tu sois finalement encore en vie... Tu m'as tellement manquée... Tu nous as manqué... A maman, à Nawelle, au Colonel... et à moi... S'ils savaient. Ils en pleuraient de joie... "

Sa toux était de pire en pire et plus le temps passait, plus elle s'affaiblissait. Il est clair qu'elle n'avait plus beaucoup de temps à vivre et qu'il s'agissait des derniers instants que nous allions passer ensemble. Les derniers mots que j'entendrais de sa bouche. De mon côté, aucun mot ne voulait sortir de la mienne. Ceux-ci restaient bloqués par la boule qui s'était formée dans ma gorge et je ne cessais de pleurer...

- " Shhhht... Cesse de pleurer. Je suis contente d'avoir pu te revoir avant... avant de rejoindre papa. Et puis, je serai toujours avec toi car... je... je... t'ai...me...  "

Sur ces mots, Florila se figea complètement. Et alors que ses bras retombaient lourdement le long de son corps, ses yeux étaient devenus vitreux. De plus, étant encore serrée contre moi, je pus sentir que plus aucune pulsation émanait de son coeur. Cette personne que j'avais tant aimé venait de quitter ce monde. Quand je compris que ma soeur venait de pousser son dernier soupir, je me mis à hurler son nom de douleur tout en la serrant fermement dans mes bras.

- " FLORILAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA ! "

J'avais mal... Tellement mal. C'était comme si quelqu'un venait de m'arracher le coeur. Un coeur qui saignait de douleur. Un coeur qui ne guérirait jamais. C'était tellement injuste. Ma soeur ne méritait pas de mourir. Et surtout pas de ma propre main. Pourquoi la vie était-elle aussi cruelle ? Depuis ma naissance, j'avais perdu tant de gens qui étaient chers à mon coeur... Ma mère, mon père, Yuuhei et maintenant ma propre soeur. Je n'en pouvais plus. Il fallait que tout cela change car je ne supporterais pas de perdre encore quelqu'un que j'aime. Seulement, en serais-je capable ? Est-ce que je saurais protéger les gens que j'aime ? Ca, je n'en savais rien, mais je me promettais de le faire. Peu importe ce que cela impliquait.

Malheureusement, alors que je me faisais une telle promesse, ce que je redoutais le plus arriva. Plus aucun son ne sortait de ma bouche. Mes hurlements de douleur avaient disparus laissant place à un silence funeste. Mon visage quant à lui, était redevenu impassible. Celui-ci n'affichait plus la moindre émotion et mes larmes avaient cessé de couler le long de mes joues. Cela n'évoquait qu'une seule chose. La puce avait reprit le contrôle de mon corps... Mais ce ne fut pas ça le plus horrible. Le pire dans tout ça, c'est qu'à peine le contrôle reprit, la puce fit quelque chose qui blessa encore plus mon coeur déjà meurtrie. Celle-ci força mon corps à repousser violemment ma soeur décédée pour dégager la lame de mon sabre se trouvant encore planté en elle. Voyant de quelle façon elle traitait la dépouille de ma petite Flo', je me mis intérieurement à hurler de rage. Contre la puce, mais également contre celui qui l'avait implantée en moi. Faust Kisuna. Tout ça était de sa faute et il allait payer. Et ce jour-là, il regrettera d'être né. Un jour qui peut-être n'était pas si loin que ça. Car aujourd'hui, j'avais réussi à reprendre le contrôle de mon corps pendant plusieurs minutes. Alors, si j'avais réussi un tel exploit, cela voulait dire que je pourrais un jour reprendre définitivement le contrôle. Pour cela, il me suffisait de me battre. Et c'est bien ce que je comptais faire pour honorer la mémoire de ma soeur qui avait sacrifié sa vie pour tenter de me libérer.

Mais pour l'heure, la puce de contrôle allait se retrouver dans une impasse. Eh oui, alors que ma soeur et moi-même combattions, le jeune soldat de la Marine que j'avais agressé était revenu avec des renforts. Tout un bataillon qui dorénavant m'encerclait fusil en mains. Ceux-ci étant prêts à tirer au moindre signe d'agressivité de ma part et je pouvais sentir qu'ils étaient à cran. La haine se lisait dans leurs yeux. Ce qui était normal. L'une des leur gisait sans vie et dans une marre de sang à mes pieds. Je pouvais facilement imaginer ce que certains d'entre eux aimeraient faire à cet instant. Me tuer. Ils auraient clairement envie de me tuer. Il y a quelques heures de cela, j'aurai accepté avec plaisir qu'ils le fassent, mais plus maintenant. Je voulais vivre pour faire la peau de cette ordure. Une fois fait, ils pourraient faire ce qu'ils veulent de moi, mais qu'ils me laissent au moins cette chance de la venger. Par chance, il semblait qu'aucun d'entre eux allaient faire feu. Bien qu'en ayant envie, chacun de ses hommes et de ses femmes savaient restés à leur place, attendant qu'on leur donne leur ordre. Quant à cette maudite puce, elle sembla se résigner. Alors qu'elle pourrait très bien foncer dans le tas tête baissée sans se soucier des conséquences, elle décida de se rendre. J'avoue que cela me surprit, mais en même temps me soulagea. Ainsi, j'avais plus de chance de pouvoir me venger un jour.





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