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Courroux de frère, courroux de diables d'enfer

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Localisation : South Blue
MessageSujet: Courroux de frère, courroux de diables d'enfer Lun 15 Sep - 20:50


Kiwanuka Island. P’tite île de South Blue. Pas si p’tite que ça. C’est juste pour dire que l’endroit est sympa. Le soleil tape, p’tite brise légère qui te rafraichit, un ou deux nuages dans l’ciel, comme pour dire. La ville est assez animée. C’est probablement pas la plus grande île d’cette Blue mais c’est pas non plus l’trou du cul du monde. Parait qu’l’endroit est réputé pour son bourbon. Ca tombe bien, t’aimes bien l’bourbon. C’est donc sans attendre qu'tu t'mets à tester ces dires. Direction le Bar de McFadden. Sans oublier d’acheter l’journal sur la route. Important d’se t’nir au courant de c’qui passe dans le monde. Même si au final ça t’fais une belle jambe de savoir que Woodhead ait gagné la course en sac ou que Rivers ait tiré une balle dans la tête à Sherman. Disons qu’ça fait toujours un sujet d’conversation au cas où t’es à court d’idées. Puis j’exagère un peu. Y’a certaines nouvelles qui font changer l’monde. Changer la façon dont on vit. Quoique …

Tu t’installes donc au comptoir. Commandes c’qu’y’a d’meilleur. « Vous êtes sûr que vous avez assez d’argent ? » Ta gueule et sers-moi mon scotch. Bien sûr qu’t’as du blé. T’viens d’te renflouer y’a même pas une semaine. Tu m’prends pour un clochard ? Ok t’es pas en pingouin mais chemise-pantalon-cravate ça t’semble être un look de pauvre ? Qu’est-ce qui te prend Kurt ? Calme-toi un peu. C’barman fait juste son taf. L’a peur qu’tu l’arnaques. Genre il t’connait. Genre. Tu penses tellement, t’montes tellement le bourrichon qu’tu lui as même pas dit un mot d’puis qu’il t’a posé c’te question. Apparemment il a vu à qui il avait à faire, il a compris qu’t’avais pas choisi McFadden pour rien et il t’sert avant qu’t’es pu lui dire une seule phrase. MacCutcheon. Soixante ans d’âge. Mis en bouteille alors qu’ta mère était pas encore née. Soixante ans d’âge ! Ca doit couter bonbon en effet. T’comprends mieux la réaction du zigue. Soixante ans d’âge ! ‘Tain qu’ça doit être goûtu. T’as bien envie d’te l’enfiler d’une traite mais un soixante ans d’âge tu l’dégustes, tu l’avales pas comme un assoiffé qui croise une oasis dans l’désert.

P’tite lampée pour voir d’quoi il est question. Mr MacCutcheon, félicitation pour ce plaisir. Ca fait danser les papilles. Sur ce, il est temps d’lire les actualités.

Suite à la capture d’un criminel hautement recherché pour multiples assassinats, l’Officier Machin Truc du 4ème régiment de Pamplume vient d’être promu. Voici le résumé de cette traque : …

On s’en fout.

L’explorateur Bidule Chose vient de découvrir un réseau de tunnels souterrains sur l’île de blablabla …

On s’en fout.

Tu tournes la page. Et là : Le King.  Avec trente ans d’moins. Tu r’gardes la date du journal car ça t’pertube. Date d’aujourd’hui. T’aurais au moins pu r’garder l’nom du King. Tu te s’rais rendu compte que c’était pas lui. Parce que l’nom est pas l’bon. Et là d’un coup, d’un seul, tous tes rêves de gosse à la con te sautent à la gueule. Je deviendrais Seigneur des Pirates, Yonkou, Corsaire ou simplement Second d’un Grand. Un Grand comme le King. Un Grand comme lui. Car pas d’doute. Ce gars-là doit avoir quelque chose de spécial. Quelque chose que toi t’as pas. Toi t’es juste un gars. Lui c’est juste LE gars. T’es tellement préoccupé par ce visage. J’veux dire, qui le serait pas ? La ressemblance est choquante. L’un a une cicatrice traversant verticalement l’œil droit, l’autre porte un cache-œil sur l’œil droit, couvrant certainement une cicatrice. Tous les deux ont d’la gueule. Charismatique. Visage fermé, dur. Visage de tueur. Z’ont l’air d’avoir une carrure d’armoire à glace. Deux mètres dix pour cent-vingt kilos. C’est pas toi LE fils du King, c’est lui. Toi t’es juste UN fils parmi d’autres. Tu viens d’découvrir qu’t’avais un frangin. Ca c’est d’la découverte ! Aut’ chose que les tunnels souterrains de Bidule Chose.

Tout ça t’perturbe un peu. Nouvelle gorgée pour s’remettre les idées en place. C’est bon ? C’est bon. T’es encore secoué. A tel point que limite t’as même pas vu que c’était une affiche de recherche. Quinze millions. C’est pas d’la rigolade frangin. C’t’un bon début. Pour une première prime. Et c’est quoi ton nom frangin ? Nathanael Rackham. Ca sonne bien. Un soupçon moins terrifiant que l’King mais ca reste un cran au-dessus d’Kurt Callahan. Mais de pas grand-chose hein. Rackham. Ca sonne un peu fou. Haha. Quinze millions pourquoi au fait ? Meurtres, vols, … au pluriel. Du classique.

- Vous êtes prévoyant vous dites donc !

C’est qu’c’est pas un enfant d’cœur le frangin. On doit avoir ça dans l’sang. Même si on joue pas dans la même catégorie tous les deux. Tu radotes un peu là on dirait.

- Hein Monsieur. Je disais qu’vous étiez plutôt prévoyant !

Nouvelle gorgée. Vraiment pas dégueu. T’en r’prendrais bien un mais t’as peur d’voir s’envoler toutes tes économies. T’sais toujours pas combien il coute ce MacCutcheon. L’barman t’l’a pas encore annoncé car il espère qu’t’en reprennes un deuxième. Un troisième. Un quatrième. Et puis la facture tombe et BOUM, retour de flammes en plein en front. Et comme t’as pas assez tu t’retrouves à

- Nan mais j’étais en train d’vous dire …
- Qu’est-ce tu m’racontes toi ?
- Vous êtes prévoy..
- Ca j’l’ai compris ça dix fois qu’tu m’l’dis. Dis-moi juste pourquoi tu m’barbes avec ça et après fous-moi la paix !
T’peux même pas boire un MacCutcheon et lire ton journal tranquille. Toujours un vieux/con/poivrot/attardé – barrer la ou les mentions inutiles – pour emmerder l’monde. A t’taper la causette comme si t’en avais que’que chose à fiche de sa vie. Remarque l’utilisation du mot fiche en lieu et place de foutre. C’est moins vulgaire comme ça. Haha.
- J’dis ça parce qu’il va pleuvoir d’ici quelques minutes !
- Bien sûr bien sûr ! A la santé du Dieu d’la pluie et à ta santé Frangin.  
T’sais pas à quoi il carbure le pilier d’comptoir mais certainement pas à l’eau. Ou alors c’est d’l’eau-de-vie. Il va pleuvoir ouais. Puis quand tu sortiras, qu’tu porteras ta main droite à ta poche pour choper ton paquet d’clopes, clope que tu prendras d’ta main gauche, qu’tu r’mettras le paquet en place, qu’tu sortiras ton briquet, qu’t’allumeras ta clope et qu’tu tourneras ta tête vers la gauche, tu t’retrouveras nez à nez avec ton Frangin. T’as l’cerveau qu’a surchauffé pépé. Au moins faut-il en avoir un.

- Vous savez, j’ai navigué à travers les Blue pendant …
- Attends attends. Dans « Et après fous-moi la paix ! » c’est quoi qu’t’as pas compris ?
T’lui as cloué l’bec. Un peu d’silence. Ca fait plaisir.
- La note s’te plait !
- Un deuxième avant d’reprendre la route ?
Cest pas à un vieux singe qu'on apprend à passer du coq à l’âne. Haha.
-  En boire un deuxième derechef serait du gâchis. Demain peut-être.
- Très bien. Cela vous fera dix mille berrys.
Ah ouais dix mille balles. Doit s’en faire du blé le MacFadden. J’tenterais bien une reconversion moi disdonc. Tu t’vois… Mais attends. C’te plumé t’a fait dévié d’tes pensées. Frangin. Pas question d’devenir vendeur de scotch. Objectif numéro un de la vie de Kurt : rencontrer l’Frangin. Face-to-face. P’tite discussion – autour, pourquoi pas, d’un MacCutcheon – pour voir si on a à faire au destin. Du coup tu r’feuillettes rapidos l’journal qu’t’avais fermé et dans la description des méfaits : PAF. South Blue. Ouah putain il est pas loin. C’est l’opportunité d’une vie Kurt.

Tu donnes les billets au boss. J’vous remercie bien. A une prochaine fois. Peut-être. Peut-être pas. Tu t’lèves. Tu t’la joues petits étirements pour te r’mettre en forme. Pour t’chauffer un peu. C’est l’aventure qui t’attend.

Tu sors d’la taverne.
Tu portes ta main droite à ta poche pour choper ton paquet d’clope.
Clope que tu prends d’ta main gauche.
Tu r’mets le paquet en place.
Tu sors ton briquet.
T’allumes ta clope.
Impression d’déjà-vu non ?
Tu tournes la tête vers la gauche.
Oh … T’en crois pas tes yeux … T’en as limite la gueule qui tombe. Cor heureux qu’tu t’nais encore ta clope en main. Deux gonzesses qui passent. T’sais pas si elles te r’gardent car tes yeux s’dirigent pas nécessairement sur leur visage. Mais après t’être rincé l’œil, tu r’montes le regard et tu tiens l’eye contact. L’coin d’ta bouche qui s’soulève. L’une des demoiselles a bien compris qu’t’avais pas les yeux dans la poche. Et à priori ça lui dérange pas trop d’être reluqué d’la sorte. Faut dire qu’avec pareil décolleté, dur dur de résister à la tentation.

Soleil, MacCutcheon, Frangin, Donzelles … Ca s’rait pas mentir d’dire qu’tu passes une plutôt bonne journée.

Mais comment la rendre encore meilleure ?
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Nathanael Rackham
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MessageSujet: Re: Courroux de frère, courroux de diables d'enfer Mer 17 Sep - 20:39



- Le roi et ses pairs ! Ont enfermé la reine à bord d'un bateau de plomb ... Nous naviguerons et par ses pouvoirs moi et mes frères vogueront ...
- Allez bande de dégénérés chantons gaiement ! Avec moi !
- Yo ho sur l'heure hissons nos couleurs. Hissez haut, l'âme des pirates jamais ne mourra. Yo ho quand sonne l'heure hissons nos couleurs. Hissez haut, l'âme des pirates jamais ne mourra.
- Bordel vous êtes pas drôle.


Moi je dis toujours, c'est pas parce qu'on se tape une nouvelle tempête qu'il faut se la jouer trouillard et chouineur sur le rafiot. Charon a tenu bon depuis pas de temps déjà, traversant maints obstacles dont cette foutue tempête qu'il nous avait valu de passer quelques temps sur cette île abandonnée. Et au final quoi ? Nous étions toujours là, le bateau était toujours debout. Que demander de plus.

Ainsi, malgré les vagues qui relevait le navire, malgré le vent qui menaçait mat et voiles, malgré les dangers d'une mer agitée je me tenait fièrement à la proue de mon navire, droit comme un piquet, riant à la mort, riant devant les affres de Davy Jones que je mettais au défis de venir me chercher. Et puis voilà, les bourrasques déchainées cessèrent, le calme des flots reprit son cour normal. Ainsi, les éléments eux-mêmes ne pouvaient rien contre moi. C'était mon destin de naviguer et de conquérir les océans.

Mais tout conquérant a également droit à son moment de repos. Et après tous les évènements qui étaient survenus, les évènements sur Chimaera, cette échappée sauvage avec la Marine, après tout ça il était normal d'offrir à mon équipage, à ces types à qui je commençait à avoir un minimum d'estime un repos bien mérité. Direction partout et nul part. Destination la prochaine île. Avec trois navigateurs à bord, il serait surprenant que nous nous perdions dans cette immensité aquatique.

Alors que j'étais tranquillement en train de pécher un requin qui passait par là, assis sur le pont, mes pieds ballotant au dessus de l'eau, une mouette vint se poser sur le bôme qui tenait la grand voile. Je le regardait dans les yeux ce salopiaud de bestiau. Remontant ma prise que je décapitais d'un coup sec à l'aide de ma fidèle alliée j'en profitait pour balancer une boule de poison sur le piaf blanc symbole de cette foutue Marine qui tomba raide morte sur le pont pendant qu'il se décomposait à vue d'œil. C'était mon bateau et la mouette avait beau annoncer une terre prochaine, je n'acceptais pas qu'un enfoiré de piaf vienne chier dessus.

Après avoir bouffé le cœur du poiscaille, celui que je venais de pécher, pas celui à mon bord, nous arrivions enfin à destination. Laquelle je sais pas mais c'était pas ça le plus important. Le plus important c'est qu'il fallait se ravitailler, refaire le plein de ratafia, casser quelques gueule, tirer un peu de monnaie ici et là et si le destin le voulait foutre une bonne rouste à la Marine du coin. Mais ne soyons pas trop gourmands, nous avions eu notre lot de soldat pour un temps. Aujourd'hui il était surtout temps de préparer notre futur départ pour East Blue, mer pour laquelle j'avais de nombreux projets qui je suis certain allaient faire parler de nous partout dans le monde.

Affublé de mon éternel pantalon rose à fleurs je me cassais de là, laissant le rafiot à ce bon Zarfanis qui n'aimait pas trop trainer sur un bout de caillou où il ne pouvait nager. Surement un traumatisme lié à son enfance ou un truc du genre. Si ça se trouve il avait peut être la trouille de finir sur l'échoppe du poissonnier local. Pas con ça, c'est vrai qu'en cas de famine il pourrait toujours servir de moyen de survie pour le reste de l'équipage. Quoi que ... d'autres étaient bien plus en chair.

Toutes ces conneries m'avaient données l'eau à la bouche. Fallait que je m'enfile quelque chose, et que je boive un coup d'ailleurs au passage et tant qu'à y être manger un morceau. Et où aller pour profiter de ces trois plaisir en un seul endroit ? Une foutue taverne tenue par une mère maquerelle qui déborde de partout, une ancienne pensionnaire qui avait fait son temps. Enfin ça c'était en général. Pour l'heure mon regard s'était porté sur deux coureuses qui savaient aguicher son client.
Un clin d'œil suffit à les suivre les donzelles. Elles ont pas froid aux yeux, et ailleurs aussi vu la chair qu'elles m'offrent à dévorer du regard. Pourquoi refuser de les accompagner au final, ça serait dommage de ne pas leur offrir ma compagnie. Et puis c'est pas comme si ça allait me couter cher. Elle allaient me faire quoi ? Me taper avec leurs petits poings ? Manque de pot j'étais pas le seul sur le coup. Un autre type, trop propre sur lui, un long manteau, pantalon, chemise, trop de vêtements était en train de se dire la même chose que moi. Fallait recadrer les choses de suite.

- Eh petit homme, touche pas aux demoiselles, c'est chasse gardée ok ! Maintenant que t'as bien regardé ce qu'il fallait vas donc te palucher en pensant à moi en train de me tringler les deux sœurs. Je te propose même une petite affaire. Tu me files quelques berrys et je t'autorise à regarder. C'est pas mal hein ? Tu vas pouvoir apprendre comment on fait et en plus te faire plaisir. Je suis pas sympa ? HEIN QUE JE SUIS SYMPA !

Avant de rentrer dans l'auberge et de faire mon affaire, je piquer la cloque de ce type avant de la bouffer intégralement devant ses yeux. Au final rien à foutre qu'il me suive ou non, j'avais mis les choses au clair.
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MessageSujet: Re: Courroux de frère, courroux de diables d'enfer Jeu 18 Sep - 22:28



Les donzelles te passent devant, entrent dans l’bar et toi tu r’tournes juste pour avoir un aperçu de derrière. DE derrière. Pas du/des derrière(s). A moins que … Haha. Mais comme c’te journée est trop belle pour être vraie, v’la pas qu’y’a un paysan qui vient t’gueuler qu’son braquemart à lui fait deux mètres de long, ou plus, et qu’les deux mannequins sont pour lui et pas pour toi. T’dis mannequin mais t’es dubitatif. Car toi quand t’entends mannequin tu vois une nana qui fait un mètre quatre-vingts pour cinquante kilos toute mouillée. Planche-à-repasser-like. Alors qu’les d’moiselles ici présentes t’font plus penser à la Silicone Valley qu’autre chose. Bien qu’elles aient certainement pas d’silicone. Haha. Et comme si ça suffisait pas, v’la pas qu’le marsouin il te chope ta clope, fraichement allumée, pour la j’ter par terre. Toi t’as toujours pas rel’vé la tête. Mais tu r’gardes dans la direction du zigue. Zigue qui porte un pantalon que même bourré ou même pour un pari bidon t’oserais pas porter. La honte universel ce truc. Dans la vie t’as les mecs qu’ont une classe juste démentiel, genre Frangin, t’as les mecs juste classe, pas dans l’excès d’zèle, pépère, genre toi, et puis t’as les pecnots tout droit d’sortie d’Mauvaisgoût-Land, genre lui. Sur ce, toi tu vas t’abaisser pour ramasser ta clope, t’abaisser à ramasser ta clope. Le seul problème c’est qu’y’a pas d’clope par terre. Bah ouais t’es con des fois. L’type est pas un pollueur en fait. C’est juste qu’il va la garder pour la tirer. La clope. Pas la donzelle. A moins que … Haha. Et donc en fait c't'un pollueur. Vu qu'la fumée c'est pas bon pour l'écologie et tout l'baratin. Du coup t’vas laisser passer l’histoire. Sers à rien d’s’embourber dans des embrouilles à deux berrys et demi pour un pauv’ paysan même pas capable d’s’acheter un paquet. Toi y’a l’aventure qui t’attend. L’Frangin va pas patienter dix plombes. L'a des trucs à faire.

Hein Frangin ?

Frangin ?

Frang … ?

Oh putain … T’es tellement obnubilé par ton Frangin qu’t’arrives à voir son visage en lieu et place du visage du pecnot d’première qu'est d'vant toi. Ou alors c’est le MacCutcheon. Naaan. T’peux pas être ivre. T’as bu qu’un seul verre. Ou alors. Ou alors. T’vois l’zigue qui mâche un truc et qu’a pas la clope au bec. T’vois la putain d’mâchoire carrée faire des hauts et des bas. T’vois l’cache-œil. La cicatrice côté gauche. Le King à trente ans. Vraiment la même gueule qu'dans l'journal. Tu t’frottes les yeux. C’est toujours ton Frangin. Tu t’refrottes les yeux, au cas où c’aurait pas marché la première fois. Toujours Frangin. T’ouvres la bouche pour essayer d’dire un truc mais y’a qu’un bégaiement d’ahuri, d'abruti, qui sort. C’est quoi c’te journée ? Ca fait à peine dix minutes qu’tu sais qu’t’as un frérot et le v’la d’jà d’vant toi. T’es pas superstitieux, t’crois pas au destin mais là tu doutes un peu. C’t’un rude hasard. Une chance sur un million. Une chance a pas laisser passer. Mais Frangin s’en ballec et rentre dans la taverne. L'est comme ça l'Frangin. T’fais quoi ? Tu rentres, t’lui payes un MacCutcheon à dix mille le verre ? Tu rentres, t’lui dis que vous avez du sang en commun et tu pars avec lui en mer ? Tu rentres, t’lui dis qu’prochaine fois qui t’parle ainsi tu lui coupes l’engin et que même après il pourra .. non mauvaise idée. Extrêmement débile. Comment t'veux qu'il t'accepte comme compagnon d'aventures après ça. T'es con. Ou alors tu t’poses deux minutes, t’réfléchis à la situation. L’idée c’est d’impressionner l’bonhomme. Alors Tu rentres, tu t’diriges vers la table du fond où cinq types s’font une partie d’cartes. Pis là, sans poser d’question, PAF, crochet du droit dans la gueule du premier gars en face de toi. Un aut’ se lève, BOUM, jab du gauche, uppercut du droit. Rétalé. Le troisième tente un truc. Qu’est-ce tu cherches ? Cherche la merte ? Coup d’boule. Bagarre !... Mouais. Ca t’parait en fait plutôt naze comme plan. Si on peut appeler ça un plan. Violence gratuite c’est pas trop ton truc. Ca fait trop décérébré. Trop "j'ai rien dans l'cerveau". Puis t’oublies d’préciser qu’la moyenne d’âge des carteurs doit être de soixante piges. Ca prouve pas trop ta force hein. Niquer une bande de vieillard, qu'ont surement un verre dans le nez, même un gringalet pourrait l'faire. Et là : PAF. Ca t’saute à la gueule. Ca t’parait d’une évidence. Tu souris. T’prends une respiration. Et tu cours.

Tu cours.

T’bouscules bien un mioche sur la route. C’qui lui sert de père s’retourne et commence à t’menacer mais t’es d’jà tellement loin qu’t’entends quedal. T’tournes à droite. A gauche. Puis au bout d’un moment t’rends bien compte que tu sais pas où tu vas. ‘Fin… Tu sais où tu vas mais tu sais pas où tu vas. T’comprends ou j’te fais un dessin ? Bon ok. On dira plutôt qu’tu veux aller à un bâtiment précis. Mais tu sais pas où s’trouve ce bâtiment. Plus clair. Du coup tu t’arrêtes. Tu d’mandes la route à un gars qui passait par là. Et tu cours. T’dis pas merci. C’est pour les gens polis ça.

Une ou deux minutes plus tard te v’la enfin arrivé. T’passes la porte. Tu t’mets dans tous tes états. Genre l’gars traumatisé, l’gars qui tombe des nu, essoufflé après couru de toutes tes forces. Tu fonces droit vers la pièce centrale du bâtiment et tu déballes ton speech, speech auquel t’as plus ou moins pensé en cours de route, aux soldats présent dans l’poste de la Marine de l’île.

- Ecoutez-moi tous. hyperventile un peu pour faire genre t’es stressé. Nath … Nathanael Arkham, ce fou dont la tête est mise à prix à quin… quinze millions de berrys vient de poser le pied sur l’île. J’ai entendu qu’il avait prévu de verser le sang. Seul. A commencer par la taverne de MacFadden. Je vous en prie … Il faut à tout prix capturer cet individu !
Performance cinq étoiles. Sauf que les gars réagissent pas au quart de tour. Sont lents au Gouvernement. Alors t’prends un soldat par les épaules et t’le secoue un peu.
- Vous m’avez entendu ? La terreur Nathanael Arkham est sur l’ile !
Enfin la pièce tombe. Pas trop tôt jeune homme.
- Sergent Stanford ! Sergent Stanford ! Un pirate dangereux est sur l’île !
- J’ai bien entendu mon cher Andrew. Que tout le monde se dirige immédiatement vers la taverne MacFadden. Nous n’avons pas de temps à perdre !

Les hommes s’activent, courent un peu partout, prennent leurs armes, droite, gauche, tout droit. Hop hop hop. Les mecs s’barrent tellement vite qu’ils t’oublient carrément. T’avais bien réfléchi à la possibilité qu’ils t’laissent tout seul car ils ont d’autres chats à fouetter mais bon ça reste des Marines quoi. Censés être un minimum intelligent les bonshommes. Censés. Alors y’a bien un demi-officier qu’est resté derrière son bureau, seulement c’gars là s’ra pas capable de t’neutraliser si jamais t’avais une sale idée en tête. T’as une sale idée en tête ? Naaan. T’penses à jamais à faire des saloperies. T’es pas comme ça. Naaaan. T’fixes bien l’soldat dans les yeux. Avant ça t’as quand même j’ter un œil aux alentours pour voir qu’c’était entre lui et toi. P’tit sourire semi-sadique qui s’affiche. L’zigue comprend pas de suite et t’souris en retour. Puis t’fais un pas dans sa direction. Un deuxième. T’vois qu’son expression change. Un troisième. Un quatrième. Il a compris. Un cinquième. Porte la main à son épée qu’est dans son fourreau, accroché à sa ceinture, côté droit. Ni une ni deux tu fonces, sautes au-dessus du bureau, pied avant, pour lui en mettre plein la gueule. Dans tous les sens du terme. L’en faut pas plus pour que gugusse tombe inconscient. T’l’avais bien dit qu’c’était qu’un demi-officier. Une recrue qu'est même pas cor officiellement entré dans la Marine et qui r'çoit d'jà la trempe de sa vie.

Phase Une : Done.

C’pas tout ça mais t’faut retourner auprès d’ton Frangin maintenant. L’impressionner, toussa toussa. T’sais d’quoi t’as besoin pour ça. Une grenade, ou deux. Histoire de faire un premier tri. Eliminer les moins résistants. Un flingue. Pour ceux qu’auraient pas compris qu’il fallait rester au sol. Un Den Den Mushi Camera. S’rait bête de pas filmer tes exploits. Une paire de menotte. ‘Sait jamais. Et enfin, les quelques biftons qui peuvent trainer par-ci par-là, histoire de rembourser l’MacCutcheon. L’affaire est faite. Y’a plus qu’à. T’fais un p’tit saut sur place et tu t’remets à la course. Cor heureux qu’t’es un minimum sportif. T’connais l’chemin, les soldats sont partis d’puis pas si longtemps, vont surement courir moins vite que toi car ils sont en groupe alors avec d’la chance t’arriveras au bon moment. Au moment parfait. ‘Tournes à droite. Encore à droite et tu débarques dans la rue du bar. T’vois l’attroupement d’Marines, pas qu’les gars s’appellent Marine car c’est un nom d’femme, posté d’vant l’endroit, fusil en joue. Visent la porte. Veulent faire sortir l’Frangin. Mais toi tu sais qu’on fait pas déplacer l’Frangin. ON se déplace pour le Frangin. Même si c'est un peu l'cas en ce moment car ils ont quand même ramener leur fesse jusque ici. T'penses beaucoup alors parfois tu penses des conneries. Parfois seulement. Quoiqu’il en soit, t’as eu l’timing parfait.

- Nathanael Rackham. Ici le Sergentl Stanford. Vous êtes en état d’arrestation. Rendez-vous immédiatement ou nous nous verrons obligés d’utiliser la manière forte !

Pffff. T’vas leur montrer toi c’est quoi la manière forte à ces fermiers. Mais pas tout d’suite. Pas tout d’suite. Faut qu’Frangin pointe le bout d’son nez d’abord. Faut qui t’voit à l’œuvre. T’t’es pas plié en quatre avec c’te plan pour rien. L’adrénaline t’rend tout foufou. Un peu nerveux. T’as jamais fait un truc aussi dément d’ta vie. Mais t’faut au moins ça pour qu’Frangin t’accepte dans sa bande. Pis l’mieux s’rait de pas tous les niquer d’un coup. En laisser un peu pour Frangin. Montrer qu’t’es généreux. Qu’t’es pas rancunier à cause de c’qui t’as dit, d’son bouffage de clope. Bouffage de clope ? T’viens seulement d’revoir la scène dans ta tête. La lumière vient seulement d’s’allumer. Frangin l’a bouffé en fait ta clope. C’pour ça qui mâchait. Doit pas être très bien dans sa tête. Ca tombe bien, pour devenir un Grand faut être un peu barge. C’pour ça qu’tu d’viendras pas Grand. T’es trop terre-à-terre, trop fataliste, t’es trop limité d’esprit. Mais t’t’en fous. Parce que ouais t’es comme ça. Un j’m’en-foutiste. De premier ordre.

Alors t’allumes une clope. Toujours bien pour attendre une p’tite clope. Une qu’on t’bouffera pas …

Pis t’attends. T’sais qu’il t’entend pas alors t’es vulgaire : bouge ton boule Frangin, pas qu’ça à foutre.

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Nathanael Rackham
Moussaillon
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MessageSujet: Re: Courroux de frère, courroux de diables d'enfer Mar 23 Sep - 17:08


Quelle poisse, à croire que tous les tarés, les dégénérés mentaux et autres abrutis en tout genre étaient pour ma gueule. Et le dernier en date était pas mal gratiné faut dire. Il en tenait une bonne couche à tel point qu'il lâchait pas l'affaire le salopiaud. Il me gonflé à gueuler comme un putois qu'on éventre. Et puis c'est quoi ce putain de délire à m'appeler frangin. Il me gavait à se la jouer comme ça. Bordel, si j'avais pas le braquemard en alerte à cause des jumelles je serais bien ressorti lui offrir un petit cadeau bien mérité. Quitte à débiter de la merde en barre autant lui filer une chiasse d'enfer, il resterai dans le ton. Et puis sérieusement, c'est quoi cette tronche qu'il se paye. Long manteau, chemise et tout les trucs qui vont avec. Bordel, c'est bien trop propre tout ça. Encore un pauvre demeuré qui se la joue caïd et qui n'a jamais vécu en dehors de sa ville pourrie.

Mais bon, c'est plus vraiment la peine de s'en occuper, il se tire rapidement. Une chance pour moi, ça m'aurait fait chier de devoir tringler les deux jeunes filles ô combien charmante avec l'autre en trin de beugler des conneries sous les fenêtres. Putain de voraces ces deux là, elles étaient déjà en train de monter se préparer à bien s'occuper de moi. Et pour ma part, avant de me soulager le gourdin, fallait que je me rafraichisse le gosier. Direction le bar de ce bouge qui puait la mauvaise vinasse. En fait à y regarder de plus près c'était surtout les crétins congénitaux assis à chaque tables qui nous balançaient leur relents d'haleine de cul.

Mais de toute manière rien à foutre de ces gueux, pour cette fois j'avais une saine occupation qui m'attendait gentiment dans l'une des chambres miteuse de l'étage. Et faut avouer que miteux était le minimum que je pouvais dire. Une décoration à chier, des peintures avec des nombreuses traces douteuses sur les murs, jusqu'au plafond, des meubles branlant à moitié cassé et des rideaux crasseux à moitié déchiré. Si j'étais pas tombé dans le pire bouge de ce patelin c'était pas loin. J'ose même pas imaginer si ce cloaque était l'un des meilleurs la tronche que pouvait se payer les autres tripots dans son genre. Bref, autant vous dire que j'étais là pour l'animation qui se préparait et pas pour me pieuter un temps au risque de me faire bouffer par les puces.

Avachi sur le lit, les deux jeunes filles s'amusaient entre elles pendant que je me délectais d'une des bouteilles prises au hasard sur le comptoir d'en bas. Danses lancinantes, attouchements sensuels, baisers suaves, bordel que c'était beau. J'aurais du amener avec moi les autres demoiselles de mon navire, elle auraient pu voir comment s'améliorer et par la même occasion s'entrainer. Mais passons, j'aurais bien le temps de leur apprendre tout ça plus tard. En attendant, j'avais le gosier rassasié, il était temps de passer à l'action de manière plus physique, de rentrer dans le vif du sujet, en profondeur.

Et puis voilà que ça beuglait encore. Pas moyen d'avoir cinq minutes en paix dans ce foutu bled de merde. Encore des blabla sans intérêt. Un pauvre type de la marine qui s'excité le plumeau en espérant toucher ma prime. Pauvre abruti, si t'étais en mesure de m'arrêter tu serais pas installé sur cette île minable avec un petit escadron tout aussi inintéressant que toi. J'étais lancé dans mon affaire, pas moyen que je m'arrête maintenant. Soulevant l'une des deux sœurs je la basculais sur le rebord de la fenêtre, sa poitrine offerte aux yeux des marines, rebondissant au rythme de ma culbute. Ca serait plus simple de discuter comme ça, allier plaisir et affaire c'était possible, la preuve.

- Eh mon gars, j'ai arrêté de t'écouté dès que tu as donné ton grade. Ca fait un bout de temps que j'ai plus rien à foutre d'un gars comme toi. Et c'est pas un butant un type de ton grade ou ta troupe de clown que ma prime va grimper en flèche. Alors t'es mignon et tu te barres. Comme tu peux le voix je suis pas mal occupé là.
- So ....
- Quoi ? T'as perdu ta voix ? Tu veux peut être qu'elle te lustre le chibre la petite, ça t'aidera à te détendre. T'inquiète pas, j'en ai une autre comme ça, la même, une copie crachée. Et je dois te dire que les deux savent y faire mon gars.
- Mes f... Sonia ... Ana ... mes filles ...
- Tes filles ? Sérieux ? NOZAHAHAHAHAH ! Putains est elle bonne celle là. Je dois t'avouer une chose beau papa. Tes filles savent y faire avec un homme ...

C'était trop beau, rien que d'entendre ça je prenais mon pied. Sautant par la fenêtre de la chambre, je me retrouvais devant la porte de ce tripot miteux, nu comme un vers, devant tous ces soldats menés par ce sergent Stanford encore sous le choc. Les choses ne pouvaient être que sympa et il faut avouer que l'absence de mon amour de métal mettrait un peu de piment dans tout cela.

- ... mais aussi entre elles. Magnifique, tu devrais leur demander de te montrer cela.
- Coucou papa.
- Coucou papa.
- Sonia, Ana ... non ... je croyais que vous étiez à votre cours de Marinisme ... oh non ... votre pauvre mère ...
- C'est bon, boucle là, on a pigé. Alors, on fait quoi maintenant ? Tu veux finir de me lustrer ou on demande à tes filles ? Nozahahahahah ! Oh tien, mais je vois que vous avez trouvé le frangin. Ouais parait que j'ai un frère, c'est ce type là-bas !

Je sais pas ce qu'il foutait là lui, mais quelque chose me disait qu'il était pas innocent dans tout cela. Y'a pas de raison de le laissait dans son coin. Qui sait, il avait peut être plus qu'une grande gueule. Voyons si le bouffon manie aussi bien les poings que la parole.

- Alors frangin, on fait moitié-moitié ? Je te file Sonia après, ou Ana , je sais pas qui est qui en fait. Mais t'inquiète pas, elles valent bien le coup toutes les deux.

Trèves de paroles. Il était temps de s'y mettre. Ce serait trop facile. De vulgaire soldats et un sergent pitoyable, j'aurais même pas terminé de pisser qu'ils seraient déjà morts. Autant s'y mettre tout de suite si je voulais terminer ce que j'avais commencer. Balançons la purée, dans tous les sens du terme, dans tous les sens, sur tout le monde, partout, jusque dans les recoins les plus reculés et humides.

D'un souffle puissant une épaisse brume écarlate fit son apparition dans la rue. Une brume pourpre d'une dizaine de mètre de diamètre corrosive, létale pour les plus faibles, létale pour ces misérables, une brume qui rongeait les chairs de ces abrutis qui avaient osés me défier, une brume qui nécrosait leurs corps, une brume qui tuait à petit feu dans d'atroce douleurs, une brume qui me fit exploser de rire lorsque je marchais tranquillement au milieu de cette dernière, arrachant avec délectation des lambeaux de chairs en décomposition sur les hommes les moins minables avant qu'eux aussi ne sombre finalement.

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Courroux de frère, courroux de diables d'enfer

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