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Royal Snake [Download Completed]

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MessageSujet: Royal Snake [Download Completed] Jeu 26 Sep - 16:35



~ NOM & PRÉNOM







Nom : Inconnu
Prénom : Inconnu
Surnom : C.O.B.R.A (Cybernetic Organism Battling for the Royal Army)
Age : Le corps utilisé pour les rajouts synthétiques est âgé de 34 ans, les parties non-organiques sont agées de 3 semaines
Race : Humain Cybernétique (Cyborg possédant plus de 50% de masse organique)
Lieu de Naissance : Base scientifique gouvernementale au Nouveau Monde
Camp : Arme Gouvernementale gracieusement mise au service de la Marine
Fruit du Démon ou Arme : Implants cybernétiques
Profession : Cyborg de maintien de l'ordre
But : Aucun
Autres : Rien à signaler






~ Caractère / Physique



Cobra est quelqu’un d’imposant, tout en muscles et en gabarit, cela saute aux yeux dès qu’on l’aperçoit. Sa taille a dépassé le mètre quatre vingt dix pour se propulser quatre centimètres au dessus, le tout enveloppé dans une silhouette large et musclée. Il est parfaitement sec et chaque muscle de son corps est aussi saillant que possible. Ses pectoraux sont saillants et larges quant à eux, mais loin d’être secs, plus massifs que dessinés, ils sont en général la partie du corps que préfèrent les conquêtes du jeune homme. Ses bras sont longs, lui assurant une allonge remarquable en combat rapproché et un maniement optimale de l’épée. Ils sont également musclés d’une manière très massive et l’on remarque quelque chose de très particulier : sa peau est d’une solidité, d’une texture étonnante à cet endroit, seules les veines de l’avant bras se trouvant saillantes en comparaison de celles du biceps. Ses mains possèdent des doigts longs et épais aux ongles toujours bien coupés, la partie haute du poing dotée de phalanges absolument massives s’étant formées au fil des combats. Ses épaules sont carrées et d’une grande largeur qui témoigne de la préférence du cyborg pour le combat au corps à corps. Elles mènent à des trapèzes imposant qui supportent le large cou du guerrier, faisant également la jonction avec un dos musclé et sec, lequel se trouve orné d’un tatouage étrange, écrit dans une langue qu’il est impossible à décrypter. Abordons maintenant le bas du corps, le guerrier possède un fessier plutôt musclé, comme on pourrait s’y attendre en voyant le reste, assez rebondit et large, mais pas abusivement en comparaison du reste de son corps. Ses mollets sont très larges et ce même pour sa carrure, ce qui est dû aux nombreux kystes s’étant formés sur ses os à force de frapper contre des matériaux solides. Heureusement ses cuisses sont là pour proportionner le tout en venant ajouter leur dose de masculinité musclée. Pour finir, ses pieds sont très grands, légèrement disproportionnés mais sans plus.
Sa peau est plutôt claire virant sur le doré, elle oscille généralement entre l’or orangé et le cuivre luisant, renforçant la blancheur de ses dents et la couleur de son tatouage dorsal
Son visage est carré au niveau de sa mâchoire, occasionnellement ornée d’une barbe qui lui pousse relativement vite et contrastant avec son corps qu’il garde imberbe pour le profit de ses conquêtes. Ses lèvres sont charnues et généralement humides, affichant en quasi permanence un sourire charmeur et amusé. Au dessus trône un nez parfaitement aquilin et dont la pointe arrondie semble dépourvue de tout point noir. Le guerrier garde généralement ses cheveux blonds relâchés, à une taille intermédiaire afin d’éviter de ne se les faire attraper en combat tout en conservant son charme, bien qu’il les préfère ainsi de toute manière. Ses oreilles sont de taille normale et respectent les proportions de son corps. Entre ses deux oreilles se trouvent naturellement ses yeux, d’une couleur bleu azur. Mais ce qui saute aux yeux concernant le visage du cyborg est son air emprunt d’arrogance et de confiance. Si il transparait de son corps une simplicité qui n’est ternie que par sa grande taille, on ne peut guère dire la même chose de son visage. Son sourire est le signe d’une grande confiance en ses capacités, il ne disparait presque jamais, même dans les situations désespérées.
Ainsi l’allure de Cobra peut se résumer à celle d’un bel homme grand et musclé au regard toujours fier mais malgré tout dur et sévère. De lui ne se dégage pas une grande hostilité ni une sympathie particulière, il donne plutôt l’air de quelqu’un d’assez réfléchi et sûr de lui, sa démarche est lente et calme et parvient à lui conférer une allure de guerrier, ce qu’il est.

La façon de penser du trentenaire, quant à elle, est beaucoup plus avenante que son apparence ne le laisserait imaginer, et vient contraster avec son extérieur aux allures de simple guerrier sans cervelle. Il est rusé, terriblement rusé, chacune de ses intentions est exécutée minutieusement, d’une manière ou d’une autre il arrivera à faire passer ses messages. S’il souhaite quelque chose, aucun mensonge, aucun coup bas ne sera de trop pour qu’il touche à son but. Que ce soit par lui ou par l’intermédiaire de quiconque d’autre, il réussira sa mission, à la simple condition qu’il se la soit confiée de lui-même. Cobra possède énormément de respect pour la vie humaine, si abjecte que soit la personne en face de lui. Son rêve le plus cher serait un monde en paix, bien qu’il réalise l’impossibilité d’un tel souhait, il fera toujours tout pour permettre au monde d’être un endroit meilleur. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il n’est pas rare de le surprendre en vagabondage dans les mers du globe, toujours en quête de gens à aider, de peuples à sauver. Il ne peut pas rester en place. Son constant besoin de découverte, de plaisir et d’aventure et le frisson d’une vie mouvementée lui empêche toute tentative de rester dans un même endroit plus d’une semaine. Ce n’est pas un stratège de guerre, il ne pourrait pas gérer tout un groupe, mais à lui seul il sait parfaitement comment agir et réagir, à un point qui le rapprocherait presque d’un psychanalyste. Heureusement il n’a pas souvent besoin d’avoir recours à une tierce personne et ne tire pas un plaisir gigantesque à manipuler son entourage, et n’y recours généralement que lorsqu’il ne peut pas faire autrement, pas par éthique, mais plus simplement car il n’a confiance qu’en lui-même malgré qu’il soit persuadé que tout le monde est capable de faire un minimum de bien. Il serait néanmoins prêt à des extrêmes s’il jugeait ces maux nécessaires, considérant qu’une personne qui souhaite ardemment quelque chose se doit de tout tenter pour l’obtenir. Bien évidemment il n’est pas non plus fou et n’irait jamais, au grand jamais, se jeter dans une situation perdue d’avance, il trouvera un moyen de contourner le problème et d’y revenir plus tard.
Il n’aime pas grand-chose, en tous cas pas grand-chose qui doit être fait seul ou qui n’apportera rien au « bien supérieur » de l’humanité, tout idéaliste qu’il est. Il n’aime pas devoir travailler pour la marine de manière générale, à moins qu’il ne soit absolument certains que ses actions changeront le monde pour le mieux possible. Ce qui nous amène donc à ses deux plus grands plaisirs : les femmes et l’ivresse. Il aime les femmes, il adore les femmes, toutes celles qui lui plaisent, il n’a pas de véritables critères, il agit à l’instinct, et pour une fois, il serait prêt à se mettre dans de beaux draps (c’est le cas de le dire) pour coucher avec une femme qui lui plait, mais il reste un sentimental, le sourire d’une femme à qui il tient est pour lui plus important que le mieux formé des corps sur terre. Quant à l’ivresse, ce n’est pas que celle provoquée par l’alcool, mais aussi celle du combat, de l’alcool, du sexe ou encore de la création. Ce n’est pas un artiste, la création est pour lui la contemplation des paysages de la nature, beaucoup pensent, à cause de cette attirance, qu’il est un pacifiste, un poète à l’âme enflammée face au monde sublime laissé par le tout-puissant, ce n’est pas tout à fait faux.
Il n’ira que rarement faire du mal pour le simple fait de faire du mal, le plaisir qui découle du mal qu’il fait n’est jamais le premier but recherché, le plaisir ressenti à tuer quelqu’un ne sera jamais la première chose qu’il voudra, il voudra avant tout le plaisir du combat, la mort est collatérale, la jouissance ressentie l’est aussi, et il rechignera toujours à admettre aimer tuer, pourtant ce plaisir est inhérent au genre humain.
Il n’entretient pourtant aucune rancune envers la révolution, pas plus envers les pirates ou autres. Lui n’a pas peur de la mort, et ne souhaite pas être connu de tous, préférant vivre heureux en inconnu sur terre dans un foyer chaleureux que dans la mémoire d’une terre muette
Son intelligence s’arrête aux portes de la stratégie, il est, pour résumer, parfaitement capable de se débrouiller seul et, s’il n’est pas tout à fait un pacifiste qui ne sortirait jamais l’épée du fourreau, il rechigne pourtant à la violence inutile. Ce n’est pas un de ces génies du calcul avec un QI à vingt chiffres, mais plus un homme assez intelligent qui a compris le fonctionnement du monde, et souhaite l’utiliser pour le changer.

~ Histoire de COBRA




Le cyborg ne se souvient pas de la vie qu’il avait avant. Et les scientifiques se sont d’ailleurs bien gardés de la lui raconter. Comme seuls indices, subsistent quelques dossiers semi-confidentiels qu’il a pu se procurer.

Dossier « Serpent Royal » n°0021 – Priorité maximale – Classé avec succès



Communication Alpha



Maxus Kampo – Identifiant 02548846
Conformément aux attentes, la cible a été vaincue. L’équipe Bravo a pu récupérer les restes. Malgré des signes vitaux déclinants et des dégâts considérables, la victime doit pouvoir être « changée » comme prévu. Le coût de l’opération est estimé à un tarif d’entre 200 millions à  450 millions de berrys. Demandons confirmation de la part du commandement général d’effectuer les modifications prévues.

Don Pablo – Identifiant 100000
Nous confirmons la nécessité des modifications sous l’autorité du gouvernement. Veuillez procéder aux opérations. Le service COBRA vous couvre à hauteur de 500 millions. Ne nous décevez pas.

Maxus Kampo – Identifiant 02548846
Bien reçu, nous tâcherons de minimiser les coûts. La commande sera prête dans deux semaines aux mieux, un mois au pire. Nous vous enverrons les comptes rendus de l’opération alpha dès demain, une heure après que nous l’ayons effectuée.

Fin de communication



Compte rendu – Opération Alpha



Maxus Kampo – Médecin ingénieur en chef

Les dégâts sont bien moins graves que premièrement établis. Les dommages crâniens ont été réparés avec une simple opération qui n’a pas affecté  son libre arbitre. Néanmoins le bras droit était complètement détruit et a du être remplacé par une prothèse. Celle-ci a nécessité d’ouvrir les cervicales pour y effectuer le routage des branchements. Nous avons délaissé le fonctionnement à l’huile et opté pour l’option électronique. Les fibres optiques font désormais office de nerfs, nous permettant de maximiser les temps de réaction. Afin d’éviter les ruptures de liaisons en cas de fracture, nous avons optés pour des circuits souples dans le rôle de déclencheurs pour les muscles en cyberacier. Nous recouvrirons le tout d’une couche de peau synthétique dès que les connexions neuronales auront fini de se rétablir.
Bras droit réparé. Cerveau intact. Connexion entre les parties organiques et cybernétiques établies, Alpha est un succès. L’équipe a rendez-vous pour Béta dès demain. Durée de l’opération : 5h30.

Fin de compte rendu.



Communication Beta



Don Pablo – Identifiant 100000
Votre compte rendu est des plus satisfaisants, je pense ne pas m’avancer en disant qu’il sera terminé d’ici deux jours ?

Maxus Kampo – Identifiant 02548846
Cela semble être l’hypothèse la plus probable. Nous avons encore à remplacer l’intégralité de la jambe gauche, une partie du torse et la moitié inférieure de la jambe droite. Il est possible que nous amputions ce qu’il reste de la jambe droite pour faciliter les liaisons cybernétiques. Nous routerons les signaux par la colonne vertébrale en contournant les parties génitales.

Don Pablo – Identifiant 100000
Parfait, ne manquez pas de m’informer, je vous laisse.

Fin de communication.



Compte rendu – Opération Beta



Maxus Kampo – Médecin ingénieur en chef

La réactivité du sujet est surprenante. Nous l’avons placé en coma artificiel, son réveil à un moment inopportun de l’opération mettrait en danger son « quotient mémoriel ». Nous avons finalement amputé la totalité de la jambe seulement à moitié endommagée pour faciliter les liaisons. Les circuits souples ont encore été choisis pour les pseudo-déclencheurs et nous avons réutilisé la version Jehuty 3 du cyberacier pour les muscles. Les talons et tendons ont été agrémentés de moteurs à fusion hydrogène pour les accélérations, mais il faudra les utiliser en conjugaison avec une exo-combinaison dotée de réacteurs aux omoplates pour une meilleure efficacité. Le dernier membre organique a lui aussi cédé au synthétisme, le bras gauche est effectivement devenu cybernétique à son tour. Devant l’efficacité des connexions, nous avons opté pour le branchement Epsilon : Nous remplacerons une partie des poumons et améliorerons le cœur pour qu’il supporte la cadence. La peau synthétique choisie pour les bras et les jambes a été fixée, ATB modèle EV-38. Les yeux ont reçu des implantations Udjet 4, avec option thermique et IF, l’option UV n’est pas encore envisageable dans l’état actuel des choses. L’opération Gamma commencera demain et consistera à remplacer les muscles du torse et améliorer poumons et cœur. Durée de l'opération : 9h15.

Fin du compte rendu.



Communication  Gamma



INNACCESSIBLE,  IDENTIFIANTS PERSONNEL INSUFFISANTS


Compte rendu – Opération Gamma



Maxus Kampo – Médecin ingénieur en chef

Le projet C.O.B.R.A est un succès. Le cœur a été ablaté à 80% pour une reconfiguration au cyberacier 3 et a reçu des puces à impulsion modèle WISP 6, à raison de quatre par ventricule. Les muscles ont été remplacés par du cyberacier Jehuty 4, plus couteux mais plus efficace, en raison de l’importante propension théorique qu’aura « Le Serpent » à l’usage des muscles thoraciques. Les circuits souples classiques ont encore une fois remplacé les déclencheurs. Les branches des poumons ont été revues pour servir de micro-générateurs électriques, en cas de panne.  La cible a encore besoin de manger et de boire pour entretenir ses parties organiques, le corps a donc été agrémenté d’un centre de simulation des odeurs et du goût, remontant au nez et à la langue comme dans un corps humain standard. Durée de l'opération : 11h45.

Résultats finaux : Sujet COBRA – 1m98 – 140kg – 60% de masse organique.


Expédition immédiate.









Dernière édition par C.O.B.R.A le Ven 27 Sep - 12:54, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Royal Snake [Download Completed] Ven 27 Sep - 12:52

Fiche terminée, réservée à Hana.
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MessageSujet: Re: Royal Snake [Download Completed] Ven 27 Sep - 23:44



One Piece Héritage
Validation de fiche de présentation

Bon alors je ne suis pas déçu, je suis surpris et impatiant de connaître la suite ! Alors déjà t'a de l'audace de tout tenter sur les descriptions je te félicite pour ça, ils étaient clairs et net sans regarder l'avatar on peut l'aperçevoir, bien joué. Histoire courte, dommage mais, en même temps tu pouvais pas faire plus mdr surtout si tu veux laisser plein d'intrigue c'est ton choix je le respecte Wink

Alors Validé 680 + Le Bonus du Gouvernement = 720 + Bonus pour ton audace ( 20 ) = 740.
Grade Courtier & voilà va faire ta FT.




One Piece Héritage
Validation de fiche de présentation

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MessageSujet: Re: Royal Snake [Download Completed] Sam 28 Sep - 14:24

Comme demandé je te dévalide.
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MessageSujet: Re: Royal Snake [Download Completed] Dim 29 Sep - 18:23



NOUVELLE HISTOIRE


La nuit noire. Celle dans laquelle se déroulent les méfaits, où même la lueur des tavernes n’éclaire plus les rues, l’obscurité devenant la dernière occupante des trottoirs sales. Peu de gens osaient s’aventurer dans les dédales de la basse-ville en cette sombre heure, la quatrième d’un nouveau jour. Les rares passants qui se croisaient s’évitant, comme si chacun craignait l’autre, craignait le vice qui habite un homme la nuit. C’est dans ce labyrinthe urbain qu’aimait se promener le combattant au manteau bleu. Car tel était son surnom dans les parages. Personne ne savait vraiment ce que faisait un tel homme en ces lieux, et d’aucun prétendaient qu’il était un élégant voleur, d’autres le taxaient de prostitué racolant de vieilles nobles, certains même le prenaient pour un genre de héros moderne. Non, il n’était en fait autre qu’un homme en quête de réponses, errant dans les bas-fonds à la recherche d’un homme qui pourrait lui fournir des renseignements. La nuit tombée, dix soirées d’affilée devant le n°44 de la rue du quatuor. On avait donné cette adresse et ces indications à Waqar peu de temps avant qu’il ne doive quitter ses associés, apparemment l’homme qui y vivait aurait des indications quant à la marche à suivre pour obtenir les prochains ordres de mission.
L’établissement en question était une gigantesque usine désaffectée. On y construisait autrefois des armes pour les navires de la marine, mais la faillite avait gagné l’entreprise, qui avait ultimement fermé ses portes, laissant les lieux à l’abandon. Toutes sortes de squatteurs, tous moins désirables les uns que les autres, s’y regroupaient la nuit, en faisant la planque parfaite pour pirates et révolutionnaires en tous genre. Difficile de se faire remarquer parmi toute la populace qui grouillait dans ce gigantesque centre désaffecté. Mais la société interne de parias était soudée, et pas possible d’entrer sans respecter une règle stricte, afin d’assurer que seules des connaissances des habitants pouvaient entrer.
Il fallait venir à minuit, rester deux heures sur les lieux, et ce dix nuits d’affilées, et ensuite toquer quatre fois sur la porte centrale entrouverte. Un système digne des pires organisations mafieuses, ce dont s’approchait grandement le genre de petit syndicat. Plus de cent personnes vivaient dans cet endroit réaménagé, au su de toute la ville, et il était étonnant qu’aucun homme n’ait encore demandé aux militaires d’y descendre.
Bien que l’homme trouve ce système inutile et dangereux, de par la perte de temps qu’il entraînait, il ne pouvait en nier l’efficacité, impossible de rentrer par hasard en ce squat reclus, ce qui garantissait la sécurité pour les occupants. Il lui fallait de toute manière attendre un peu, le temps que son chef juge d’une mission importante à lui accorder.
Pas vraiment du style patient, cette entreprise n’enchantait guère le jeune homme, l’attente insupportable, parfois assis contre un banc, à ne rien dire, parfois à faire les cent pas, ça lui montait à la tête. La dixième soirée était tombée, et ce fut presque immédiatement que l’oriental sortit de sa torpeur en entendant le bruit d’une clef tournant dans une serrure. D’un pas rapide, il s’approcha de la porte légèrement entrouverte, y toquant quatre fois, comme on le lui avait dit. Une voix s’éleva alors depuis la bâtisse abandonnée.

« Qui es-tu ? » Demanda la voix, rauque et caverneuse. « Un rebelle, un pirate, un visiteur ? »

« Ta gueule laisse moi entrer, j’dois parler à Sancho. » Grogna le pirate, visiblement à bout de nerfs, les sourcils froncés. « Je dois prendre les ordres pour Saokan d’East Blue, j’ai pas le temps de parler avec toi ! »

Saokan… Un nom plus que connu dans le milieu de l’illégal, prostitution, vols et trafics en tous genres, ce type n’était pas un enfant de cœur, qui plus est, il avait à son service une véritable milice privée composée majoritairement de pirates sans équipage et de chasseurs de primes. Pas quelqu’un à faire chier en gros.
D’ailleurs le balourd à la porte l’avait compris, et il acheva d’ouvrir cette dernière prestement, demandant au messager de transmettre ses respects au patron.

« Si tu veux lui sucer la queue fais le, j’m’en occuperai pas pour toi. » Lui répondit l’homme à la casquette, un air méprisant flanqué au visage, tandis qu’il franchissait la dernière barrière entre la rue et l’usine. « Où est Sancho ? » S’enquit ensuite Waqar, le regard dur rivé sur l’intérieur, sur cet horizon emprisonné dans ce cube de métal.

« Khhh… Continue tout droit près des anciens tapis de construction, puis tourne à droite quand tu arrives à la pile de ferraille. » Grommela le géant, visiblement énervé.

Sans répondre, le pirate resserra sa casquette sur son crâne et s’aventura d’une démarche assurée dans les immenses galeries. Apparemment tout le monde se repérait à l’aide des numérotations sur les machines de construction, un système plutôt efficace. Les gens semblaient crécher dans des abris de fortune, des tentes ou autres maisons en tôles faites à partir des matériaux récupérés sur place. La puanteur était insoutenable, même pour un type habitué à la crasse comme Waqar.

« Putain ils chient à même le sol ou quoi… » Murmura le guerrier, le visage crispé à force de se retenir de respirer par intermittences.

« Tou es prloche dé la vérité ! Mais non, nous outilisons dé récoins vides pour ça. » Dit une voix familière.

Se retournant, le jeune brun pu reconnaitre la personne à qui appartenait cette voix emprunte d’un fort accent. Un type d’à peu près un mètre soixante dix se tenait debout, habillé d’un poncho fantaisie regroupant toutes les couleurs chaudes imaginables, d’un pantalon bouffant de lin beige et de sandales en cuir de basse qualité. Un vrai stéréotype à lui tout seul, ce vieil homme assez mince, sûrement dans sa bonne soixantaine, portait une longue barbe grisonnante assortie d’une moustache gauloise très élégante.
Un sourire naquit au bord des lèvres de l’oriental, qui serra Sancho dans ses bras en souriant. C’était un ami de longue date qui avait tiré son confrère pirate de pas mal de situations désastreuses, et lui avait permis de rejoindre les troupes de Saokan.

« Bon sang tu pues toujours autant vieille raclure, alors, quoi de beau ? » Demanda Waqar en souriant, époussetant son manteau.

« Pas grand yose mon yeune ami, comment s’est passé tone voyaye ? » Questionna Sancho, parlant toujours avec cet accent si particulier qui amusait grandement son protégé. « Ta proyaine missionne commencéra demaine à l’aube, nous dévons embarquer pour East Blue. » Termina d’expliquer le flamboyant vieillard.

La discussion continua de plus belle au cours de toute la soirée, chacun échangeant ses anecdotes et petites mésaventures arrivées sur le chemin. Apparemment une livraison d’armes allait avoir lieu entre un fournisseur de la marine et les forces navales d’East Blue, et plusieurs troupes de Saokan avaient été dépêchées sur les lieux, nul doute qu’il faudrait s’en mêler. Alors que Sancho raccompagnait son jeune ami vers la sortie, lui recommandant une auberge pour la nuit, les deux collègues se virent bloquer la route par cinq personnes…

« Cassez vous ou j’vous défonce bande de pédés. » Dit calmement Waqar, les sourcils froncés, observant les cinq lascars pas très dégourdis.

« Eheh ta gueule sale raton de merde, on est les Skinhead Brozeurs et on va te défoncer ta ptite face, puis on ira récupérer ce que t’a promis ce bon vieux Sancho à ta place. » Dit un des types, visiblement le moins con du groupe.

« Non né faites pas ça les amigos, vous vous trompez ce n’est pas oune collègue dealeur, c’est oune… » Commença Sancho.

« Ne dis rien mon vieux, j’vais me faire les crocs sur ces fils de putes. » Interrompit le hors-la-loi, un sourire carnassier flanqué sur la tête, serrant les poings.

Ni une, ni deux, le guerrier se jeta sur le seul du groupe qui avait pris la parole, et lui colla son poing sur le nez, d’un jab sec à une vitesse impressionnante. Profitant de la confusion, le combattant à mains nues se saisit du revolver d’un des Skinhead Brozeurs et lui colla une balle dans le crâne. Malheureusement, un des trois autres, le plus costaud, réagit assez vite pour frapper la main de Waqar, faisant tomber l’arme au sol. Un tir s’échappa néanmoins à cause de la chute, perforant le pied du chauve trop impulsif qui tomba sur les fesses, se tenant la chaussure en criant de douleur.

« ORAAAAA ! » S’écria le pirate, déchainant une tornade de coups de poings sur l’ensemble du groupe, pour ensuite attraper Sancho par le bras, lui sommant de courir aussi vite que possible.

Bien vite, les deux associés avaient fui les lieux, se retrouvant en plein milieu du centre-ville, éreintés, ils s’assirent sur un banc, le temps de reprendre leur souffle. La raison de leur fuite était encore floue pour Sancho, et il questionna son jeune protégé, qui lui expliqua que créer un chaos dans ces lieux ne pouvait avoir que d’atroces répercussions. Sans plus attendre, les deux compères se mirent en quête d’une auberge, impatients voir ce que leur réserverait le trajet le lendemain.

Les hommes se réveillèrent à la dixième heure de la journée, cinq heures donc après leur arrivée à l’auberge. Par chance celle-ci se situait à dix minutes à peine du port, et il leur restait encore une heure devant eux. Aucun des deux n’avait de vêtements propres, Waqar étant incapable de retrouver la taverne où il créchait avant les incidents de l’usine pour y récupérer son sac. Sancho, quant à lui, avait, de toute manière, toujours les mêmes habits ridicules, donc pas de problème pour le vieux clochard.
Pas vraiment déterminé à rechercher ses affaires, de peur de ne rater le départ du bateau, le pirate alla plutôt faire quelques emplettes rapides dans une boutique proche. Si au terme « emplettes » on pouvait substituer le terme « vol sauvage à l’étal finissant en grandes courses au travers des rues de la ville ». Heureusement l’oriental était indéniablement un coureur d’exception. Par chance les autorités ne furent pas assez rapides pour rattraper les deux énergumènes qui purent se mettre à couvert le temps de fuir par navire.
Celui-ci, judicieusement nommé « La Banane » était fait de bois de mauvaise qualité jauni, avec une structure architecturale douteuse qui avait fini par s’affaisser, lui donnant une apparence tout bonnement ridicule, ayant transformé son nom originel « Le Léviathan » en ce sobriquet dont il était actuellement affublé. Sur le ponton, tout le monde semblait tendu, pas mal de têtes assez balafrées et n’inspirant pas la moindre once de confiance. L’homme à la casquette connaissait certaines des têtes sur ce bateau, pas vraiment impressionné par leurs primes faramineuses. Il avait travaillé avec certains, s’était battu contre d’autres, mais aujourd’hui, ils étaient tous réunis pour un assaut sur un convoi d’armement qui serait sûrement très surveillé, et tout le monde était tendu. Enfin sauf Sancho, en tout bon clochard ahuri qu’il était, occupé à jouer au vieillard mystérieux, soufflant dans un harmonica alors qu’il en jouait comme un pied.
Waqar ne s’était pas mêlé au reste du troupeau, restant avec son vieux fou de mentor, décidé à tirer parti au maximum des évènements à venir. Travailler pour Saokan n’était pas vraiment le rêve du pirate, qui comptait bien prendre sa part de bénéfice lors de l’assaut. Il avait convenu avec son ami qu’ils s’empareraient d’une partie des armes, fuiraient par un des canots de sauvetage, et de revendraient l’équipement à un prix plus avantageux que ne pourrait leur rapporter 2 ans de travail pour le groupe mafieux d’East Blue, le « Sao Crew »
Après cela, les deux compères lanceraient leur propre équipage avec les armes qui resteraient, utilisant les bénéfices pour payer leur propre navire de guerre. Le plan était bien rôdé et semblait dénué de failles, seul l’avenir leur dicterait la marche à suivre par la suite. Le cœur léger et la tête pleine de projets, les deux lurons semblaient être les seuls sur le navire prêts à se torcher joyeusement la gueule. En effet ils avaient jugé bon de voler une caisse de rhum sur le port, et commençaient déjà à la consommer, distribuant le reste aux autres membres de l’équipage.
Là encore le but était de les souler, pour les rendre plus agressifs, mais aussi moins attentifs, afin de s’assurer qu’ils ne remarqueraient pas la fuite des deux escrocs en plein milieu de la bataille. Autant dire que si on les attrapait à arnaquer joyeusement marines comme pirates, les deux compères passeraient un sale quart d’heure. D’autant plus que l’alcool leur tapait sur la tête à eux aussi, et qu’ils commençaient déjà à se foutre allègrement de la gueule de ces types qu’ils pensaient arnaquer aisément sous peu.
Un peu emballé sous l’effet de l’alcool, l’homme à la casquette ne put s’empêcher de jeter sa bouteille vide sur la tête d’un type avec qui il avait déjà travaillé auparavant. Il n’aimait pas vraiment ce gars, et avait fort envi d’organiser une rencontre entre son poing et le nez du malchanceux. Pas assommé, l’autre pirate se retourna, une grimace malsaine sur la tronche, les veines saillantes sous le coup de la colère.

« T’as fait quoi enculé !? » Dit Algor, la cible du jet de bouteille.

C’était un type plutôt grand, environ la même taille que son « interlocuteur », moins musclé mais à l’air bien plus dangereux. Le visage plein de balafre, au point où autant de marques à effets déformant avaient fini par redonner de l’harmonie à sa grande face ovale. Son crane rasé n’avait gardé qu’un genre de queue de cheval à l’arrière, accentuant son air stupide, ça et le fait qu’il se baladait constamment torse nu.
En tous cas, hors de question de laisser une seconde de répit à ce type. Rapide come l’éclair, et avec la force d’un bœuf, le maître de penchak silat envoya son poing droit s’écraser sur l’arcade et l’œil homologues de son adversaire, profitant du mouvement de recul pour lui envoyer un chassé dans l’estomac. En moins de deux secondes, Algor était projeté contre les lattes de bois du pont principal, recroquevillé, une main sur le ventre et l’autre sur le visage, à l’endroit des coups portés.
Tous les associés de l’homme mis à terre se regroupèrent alors devant Waqar qui resta stoïque, observant la bande d’occidentaux obèses, bourrus et barbus devant lui. Sancho rejoint bien vite son protégé, un sourire amusé et désolé à la fois au visage, agitant sa main comme pour faire signe que tout allait bien.

« Calmez vous amigos, c’est oune malentoundou ! » S’écria l’homme au poncho tout en posant sa main sur le torse de l’oriental, le faisant légèrement reculer afin de s’interposer entre la troupe et son allié. « Ils sé sont mal coumpris, restone z’en là ! » Acheva-t-il calmement.

Même si il passait pour un vieux fou aux yeux de la plupart des gens « normaux », tous les gens affiliés au milieu du crime dans South et East Blue connaissaient Sancho, et, si peu de gens le prenaient au sérieux niveau combat, nul doute qu’il avait assez de connexions pour des représailles violentes.
Résignés mais grommelant tout de même, la bande de mercenaires se retira, s’occupant un peu plus loin des légères blessures reçues par leur associé. Néanmoins le sexagénaire se retourna rapidement, empoignant son disciple par le col, dans un acte de violence qui ne lui ressemblait pas.
Approchant son visage, il lui somma de ne pas recommencer, tant ce genre d’action pouvait attirer l’attention sur eux et entraîner des répercussions désastreuses sur l’ensemble de leur plan. Waqar avait compris la leçon, bien qu’encore plutôt saoul en raison de l’alcool, et décida de rester calme pour les prochaines heures à venir.
Il n’y avait apparemment pas de « responsable » sur le bateau, fait étrange et inhabituel, surtout dans le cadre d’un plan concocté par le vicieux Saokan. Aucun haut gradé, aucun membre éminent du S.C, pas même un représentant, autre que le jeune navigateur qui n’avait pas vraiment l’air certain de sa destination.
Le plan était apparemment s’approcher du Grand Line, pour y attendre le convoi. Ce dernier était composé, d’après les informations, d’un navire de type cargo et de deux vaisseaux de guerre lourdement armés, remplis d’effectifs de haut rang. Le bateau cargo étant mieux équipé, et donc plus apte à traverser la zone de turbulences, celui-ci passerait la frontière avant ses accompagnateurs, laissant une dizaine de minutes aux bandits pour le piller, en se débarrassant rapidement des quelques marines postés à l’intérieur.
Des informations avaient fui sur le contenu du navire, apparemment des armes dernier cri et des butins réquisitionnés par le gouvernement. Tout un pactole qui pouvait, d’après les dires de Saokan, largement être partagé entre jusqu’à mille hommes et quand même rapporter des millions de berrys à chacun. Bien sûr tout le monde connaissait la tendance qu’avait le patron à exagérer, mais pour qu’il soit aussi enthousiaste, nul doute qu’il y avait vraiment là de quoi s’extasier.
Mais dans ce cas, pourquoi toute l’opération semblait-elle totalement désorganisée ? Pourquoi un tel manque d’effectif ? Waqar connaissait bien la marine, fils de constructeur, il savait qu’un navire de ligne standard de la section civile contenait au minimum cinquante personnes, dont vingt combattants pré-postés en cas d’abordage. Le navire sur lequel toute la troupe était embarquée contenait une quarantaine de passagers, dont la moitié seulement serait disponible pour un abordage, le reste devant gérer une bataille navale de ligne.
Une situation de quitte ou double courante, mais pas pour Saokan, lui qui avait largement les moyens de réunir une flotte assez nombreuse pour ravager une île entière, ce manque d’implication était suspect. L’oriental avait fait part de ses doutes à son mentor, qui lui avait répondu avec calme de se concentrer sur l’objectif.

« Nous sérons dé toute façonne fougitif aplès cé coup-ci, alors né nous soucionne pas dé cé qué doit préparer Saokan. » Dit-il très justement.

Oui, tout le monde finirait par se rendre compte de la supercherie, raison pour laquelle les deux compères prévoyaient de fuir par la suite à West Blue, pour y monter leur organisation loin de la griffe de Saokan. Ils finiraient sûrement par revenir après s’être convenablement implantés dans le monde de la piraterie, mais pour l’instant, ils devaient se contenter de suivre leur plan à la lettre, et de prier.

L’arrivée à la frontière de Grand Line avait au final pris un peu plus de dix heures, et la nuit était entretemps tombée. Personne n’avait été prévenu que l’assaut serait nocturne, et nombres de plaintes se faisaient entendre de toutes parts. Pourtant cela rassurait grandement les deux associés, c’était bien là le signe que la chance leur souriait. Ainsi, ils seraient en mesure de mettre leur plan à exécution avec une bien plus grande discrétion.
Le guerrier bleu se riait de tous ces vulgaires pirates qui n’en étaient pas. Se plaignant de ne pouvoir se battre en plein jour, ou préférant se battre lors d’un accostage. Ils n’avaient rien de mercenaires maritimes, tout juste de vulgaires brigands attendant que les actions se déroulent sur la terre ferme. Waqar, lui, avait la mer dans le sang. Depuis toujours. Il avait passé chaque instant de son enfance à rêver de la mer, et à travailler sur elle.
Pour lui, la Piraterie, au-delà des vols, de la violence et des butins, c’était dominer la mer. Pas de vulgaires patrouilles comme un marine, pas d’objectif contraignant comme un révolutionnaire, pas de quête d’argent comme un mercenaire, non, la piraterie c’était l’exploration. Il voulait explorer ce monde sans contraintes, et avait déterminé que devenir un bandit des mers serait la meilleure solution pour lui.
Normal donc qu’il soit énervé de voir tous ces types désemparés face à l’impossibilité de mener une expédition terrestre. Mais quelque chose clochait, certaines personnes ne semblaient pas surprises, d’autres encore étonnées, et chacun commençait à émettre des soupçons qui allaient bientôt s’avérer justes.
Il devenait apparent que personne n’avait reçu les même ordres de mission, certains s’étant préparés pour un abordage, d’autres pour une collision terrestre. Devant la pluralité des indications, chacun se rendait compte que les groupes avaient sûrement été embarqués dans des évènements qu’ils ne comprenaient pas. L’oriental, quant à lui, restait impassible, confiant et concentré sur le seul objectif qui importait vraiment, priant juste pour que tout se passe sans encombre.
Tout le monde se prépara malgré tout, dans la confusion générale. Ce fut une heure et demie après l’ancrage du bateau mercenaire que le cargo civil baptisé « Vent de Guerre » fit son apparition. C’était une gigantesque caraque, de couleur blanche et beige, doté de cinq mats aux voiles bleues. Le pavillon dressé était celui de la marine civile, nuls doutes que c’était pour dissuader d’éventuels attaquant en leur faisant comprendre que le navire était accompagné.
La ligne était extrêmement stratégique, il avait fallu se positionner de sorte à n’être repérable en visuel que lorsque le transporteur ne serait plus en mesure d’ancrer ou de faire demi-tour. En plus de cela, il était également nécessaire de s’assurer que les deux navires de lignes derrières, moins rapides et donc largement distancés par le cargo en raison des courants, ne puissent prendre « La Banane » en tenailles.
C’était donc plus un test de rapidité qu’un test de puissance, car balayer les 10 marines postés dans le navire de transport serait un jeu d’enfant. Tout le monde s’armait et s’attachait, mais seul Waqar, expert en construction qu’il était, avait remarqué le véritable détail dérangeant. Il s’approcha alors de Sancho et lui fit signe de reculer.

« Regarde, le Vent de Guerre ne ralentit pas, il veut aborder de franc-étable. Il doit être rempli d’hommes, les armes sont sûrement dans un autre convoi, voir même sur les navires de lignes en retrait. » Dit-il avec calme, sourcils froncés tandis qu’il regardait le caraque situé juste en face. « Sur le chemin nous avons passé deux clippers rouges, ce n’étaient sûrement pas des navires de commerce, mais de guerre, nous sommes des appâts, nous allons servir à savoir dans quel navire se trouve l’armement, je te mets ma main à couper que dans un quart d’heure, ces deux clippers vont arriver et piller les deux navires de lignes marines. Il faut que nous partions maintenant ! » Termina l’homme, de plus en plus anxieux à mesure que le moment de la collision approchait.

Sancho ne répondit pas, mais acquiesça, faisant signe à son protégé qu’il avait malgré tout un plan. Faisant signe au combattant bleu de le suivre, l’hispanique longea les rambardes à tribord et chercha les canots de secours, constatant avec amusement qu’ils étaient troués de par en par. Pas de doute possible donc, ils étaient bel et bien des appâts.
Rien de bien plaisant ne découlerait des affrontements à venir, car peut-être le navire en face était-il réellement chargé de marchandises ; mais si oui, son bluff était très convaincant. Il allait assez vite pour que l’impact de franc-étable endommage considérablement le bateau mercenaire et rende un abordage possible du côté de la marine.
La meilleure solution était visiblement de se jeter au combat, puis de tenir suffisamment longtemps pour que les navires de lignes se placent sur les côtés de « La Banane », après quoi les deux clippers rouges arriveraient sûrement pour replacer la marine sur ses tenailles.
A vrai dire, Waqar comprenait désormais pourquoi Saokan avait arrangé l’assaut de cette manière, c’était très intelligent, et nuls doutes que le jeune navigateur était le seul au courant du projet. Il est crucial de ne pas prévenir un appât qu’il l’est, de ne pas lui laisser comprendre sa condition pour lui éviter d’agir trop prudemment et donc dangereusement pour la mission.
Le choc fut terriblement violent. Si les bateaux de grandes tailles dépêchés dans la lutte n’étaient certes pas très rapides, ils étaient tout de même assez lourds pour que le moindre impact les secoue violemment. L’éperon du navire jaune avait d’ailleurs cédé, craquant pour ensuite tout simplement plier vers bâbord.
Il y eut un instant de silence, puis une clameur monta, des cris, les cris d’au moins cinquante personnes. Ainsi c’était un bon calcul, le cargo était bel et bien rempli d’hommes, et les marchandises devaient filer par les lignes qui canonneraient au préalable « La Banane » pour éviter toute tentative de fuite. Un sourire naquit sur les lèvres de l’oriental, alors qu’il sautait, accompagné de son mentor, pour aborder l’ennemi.
Sur place, il se défit rapidement de deux marines trop inexpérimentés et inattentifs en quelques coups de poings, se frayant un chemin vers la poupe. Il y arriva en frappant agilement quelques soldats, tandis que Sancho l’épaulait de diverses ruses et attaques. Arrivé près des quartiers du capitaine, Waqar dégaina son revolver pour tirer sur un marine en poste près de la porte y menant.
Rapidement, il couru vers la cabine, y pénétrant d’un coup de pied qui défonça la porte en bois. Craignant de n’être pris dans une position stratégique par des ennemis qui entreraient, il vida son barillet sur la seule personne présente à l’intérieur, un homme à l’air expérimenté d’une quarantaine d’années, qui n’eut pas le temps de réagir.
Tuer le navigateur était aussi un geste réfléchi, cela empêcherait une fuite rapide et laisserait donc le temps aux clippers de Saokan de terminer leurs abordages respectifs sans que l’on vienne manœuvrer sur eux avec le cargo.
Le reste de l’affrontement fut sans trop d’encombres, personne n’étant resté sur le navire mercenaire, les effectifs étaient de quarante mercenaires contre une cinquantaine de marines. La taille du pont rendait une telle mêlée possible, et donnait également l’avantage aux hommes de Saokan, qui étaient plus préparés pour une tactique offensive, alors que les hommes en blancs se voyaient forcés de reculer vers la poupe.
Le guerrier vêtu de bleu avait déjà rejoint ses alliés de l’autre côté du navire lorsque l’affrontement se transforma en un échange de coups de feu. La bateau possédait un pont de forme ovale typique des caraques, dotés de deux séries de marches et de deux plateformes à l’arrière et d’une de chaque à l’avant. Le centre étant marqué par une grande cabine protubérante menant aux cales qui servait désormais de couvert dans le cadre de cette joute aux armes à feu.
Prétextant vouloir vérifier les effectifs encore présents dans le navire, Sancho et son collègue s’étaient enfermés à l’intérieur du bateau, descendant en vitesse les marches pour aller vérifier la présence ou non de marchandises. Ils ne furent pas surpris de voir qu’il n’y avait rien, hormis plusieurs matelas et nécessaires pour un long voyage, tous les équipements et produits d’hygiène n’étant étrangement pas estampillés du logo de la marine.
Remontant en hâte, ils constatèrent l’arrivée des clippers depuis leur position. Ces deux vaisseaux rouges avaient déjà commencé le pillage des vaisseaux de ligne. Waqar enrageait, comment allait-il faire pour récupérer la cargaison maintenant ?
Rapidement, il se mit à courir, faisant signe à Sancho en lui tapant dans la main droite. Il sauta pour rejoindre la Banane, qui avait été désertée et que les navires de ligne n’avaient pas eut le temps de canonner avant l’arrivée des bateaux rapides rouges. Mais quelque chose lui apparut alors brusquement, une évidence qu’il avait manqué depuis tout ce temps.
Cette caraque n’avait qu’un seul navigateur, comment était-ce possible ? Se retournant alors, il remarquait avec quelle difficulté les marines luttaient face au mercenaire sur le « Vent de Guerre ». Ses yeux s’écarquillèrent alors qu’il réalisait la supercherie : il n’y avait pas de marchandises, sur aucun des bateaux, la véritable caraque passerait sûrement dans une heure, après la bataille, en toute sécurité.
Les marines qui avaient éperonné « La Banane » n’étaient en fait que de simples membres d’équipage déguisés, d’où leur faiblesse et le manque étrange de contrôle dont avait fait preuve le bâtiment lors de l’abordage.
Les vrais marines devaient actuellement se battre contre les clippers, qui ne devaient absolument pas s’attendre à rencontrer la moindre résistance et étaient sûrement en train de se faire balayer. Mais plusieurs possibilités découlaient alors.
Si Waqar prévenait les mercenaires, alors ils pourraient remporter la bataille en resituant leurs forces pour aller aider les clippers. Mais il pouvait également laisser la bataille s’écouler et ainsi furtivement attendre le passage de la vraie caraque pour s’emparer de sa partie du butin sans encombre. S’asseyant puis s’adossant aux rambardes, il attendit l’arrivée de son mentor, et lui expliqua la situation.

« Effectivement, tou es touyours aussi observateur. Mais nous né pouvonne pas laisser ces personnes mourir ainsi. Prévenons les, céla nous rendra d’ailleurs moins souspect pour la souite dé notré plan. » Dit Sancho, l’air pensif.

Se levant précipitamment, Waqar cria alors à l’attention des mercenaires. Certains d’entre eux avaient déjà remarqué l’apparition des clippers et les débuts de combats sur la zone de tenaille, mais personne n’avait bougé. L’oriental s’arrangea le mieux possible pour leur expliquer la situation en vitesse. Heureusement, tous comprirent le message et, enragés de s’être fait berner ainsi, foncèrent en direction des navires de ligne. Ces derniers étaient en sous-effectif, leur but n’étant pas de combattre mais principalement de leurrer dans ce cas de figure.
La situation se renversa effectivement en l’espace de quelques minutes, les matelots du Vent de Guerre ayant cessé de se battre, se réfugiant plutôt dans la cale basse pour y soigner leurs collègues blessés. Avec cette pression en moins, une vingtaine de mercenaire s’était répartie sur chaque navire de ligne, s’ajoutant aux quinze hommes déjà présents sur les clippers rouges. L’affrontement était donc largement à l’avantage des hommes de Saokan, et il ne fallut pas plus d’une dizaine de minutes pour arriver au terme de la bataille.
Avec dix pertes enregistrées chez les pirates et une annihilation totale des forces marines en présence, le bilan était très bon pour les bandits des mers. Ces derniers se regroupèrent alors sur le bateau cargo, y rassemblant les quarante deux survivants de l’équipage civil. L’interrogation commença, sans violence étant donné que le premier à passer lâcha le morceau directement sans même qu’on l’ait touché.
Ainsi Waqar n’était pas tombé très loin de la vérité, il y aurait bel et bien un passage du vrai bateau marchand dans le quart d’heure à venir. Le plan consistait apparemment à charger les armes sur le Vent de Guerre pour qu’il mène à bien la livraison, et ainsi permettre au deuxième navire, le « Suikami » de continuer sa route en passant pour le vaisseau d’armes.
Le plan était assez complexe et réfléchi, digne de la marine. Il était indéniable que l’apparition fortunée des deux clippers avait joué un rôle colossal dans la victoire des mercenaires. Toute la troupe décida de rester sur place, il n’y avait pas assez de temps pour déplacer l’attroupement de navires, ce qui ôtait aux combattants de Saokan toute chance de bénéficier de l’effet de surprise.
Tout le monde se ressaisit autant que possible, préparant les munitions, réajustant les armes dans l’attente du prochain vaisseau de transport. Cette méticulosité venait du manque de renseignement, impossible de savoir si ce n’était pas un mensonge, un autre leurre, ou si une surprise ne les attendait pas.
Pourtant, l’homme au manteau bleu et son compère au poncho orange ne désespéraient pas. Au contraire, ils arrivaient même à trouver l’aspect positif dans ce retournement de situation. Tout le monde, en ce moment, les remerciait, car ils venaient de sauver plusieurs vies dans leur camp, et avaient permis de recadrer la mission. Saokan n’avait pas pensé à tout, et avait surtout dépêché trop peu d’hommes pour un objectif si dur à atteindre.
Cela dérangeait d’ailleurs toujours l’oriental, qui ne pouvait se résoudre à penser que quelque chose clochait dans l’organisation général. Le plan était rempli de fautes graves que son employeur n’avait encore jamais faites. Il comptait obtenir la réponse à ses questions plus tard, mais pour l’instant, il lui fallait se concentrer sur le « Suikami », qui arriverait sous peu.
Ce fut au final vingt minutes après l’affrontement que le vaisseau pointa le bout de son nez. Ne pouvant reculer à cause des fameux courants du Grand Line, le navire marchand allait heurter de plein fouet l’attroupement de bateaux. L’abordage fut rapide et sans aucune bavure, l’équipage de soixante hommes ne comptait aucun combattant dans ses rangs, et le tri du butin commença alors.
Il fallait agir à ce moment précis. Les deux acolytes décidèrent de commencer par dépêcher discrètement un des canots de sauvetage, se fiant à la carte de Sancho pour déterminer la direction à prendre. Dès qu’ils l’eurent repéré, ils décidèrent d’emmener les caisses les plus sécurisées. Il y avait à peu près une centaine de prisonniers, et les garder en rangs nécessitait l’attention de presque tous les hommes, très peu de personnes avaient donc été assignées à décharger la livraison dans les clippers.
Profitant de la légère cohue créée par quelques membres d’équipages, énervés à l’idée d’être prisonniers, les deux compères purent juter discrètement quelques caisses dans leur canot. Le reste de l’opération continua, par chance personne n’avait vu la barque de secours qu’avaient détachée les escrocs.
Le personnel s’organisa pour le départ. Nul doute que Saokan serait très heureux de récupérer deux navires de ligne marine presque neufs. Ainsi ils furent rattachés à La Banane, tandis que le Vent de Guerre serait laissé sur place pour éviter d’attirer les soupçons. Les deux associés prétextèrent souhaiter surveiller les prisonniers pour éviter qu’ils ne s’échappent trop tôt. Personne ne leur en tint rigueur, et ils purent ainsi rester seuls avec la centaine de prisonniers sur le « Suikami ».
Sans détacher un seul des membres, pensant qu’ils finiraient bien par être secourus, les deux hommes partirent rapidement via barque d’urgence. Chacun ramait à son tour, alors qu’ils allaient vers le Sud-est pour rejoindre l’île de Kantar, où ils revendraient les armes à un contact commun.
La première partie de la traversée dura deux heures, durant lesquelles les deux malfaiteurs riaient et chantaient, trop heureux d’avoir réussi leur coup. La deuxième partie fut moins amusante. En effet, un navire rapide, fonctionnant visiblement à base de vapeur, prenait en chasse les voleurs.

« Ma qué c’est qui cet enfouaré !? » S’écria Sancho, le regard énervé. « Yé vais loui péter la guoule ! » acheva l’homme, criant à l’attention du bateau.

« C’est Algor, l’enculé nous a cramé, espérons qu’il n’a pas prévenu Saokan… Il faut l’empêcher de nous moucher. » Répondit Waqar, un sourire carnassier sur le visage.

Faisant signe à Sancho de continuer à ramer, le guerrier bleu sauta pour atterrir sur le bateau rapide de son rival. C’était un petit bijou de technologie qui fonctionnait grâce aux pouvoirs d’Algor lequel lui permettait de créer de la vapeur à partir de n’importe quoi.
Néanmoins la petite taille du véhicule l’empêchait de transporter plus de quatre personnes, et le rendait ainsi plus adapté pour des travaux d’interception.

« Alors comme ça tu nous as volé !? Sale race, je t’ai filé pendant des heures, j’ai touché le gros lot apparemment ! » Dit Algor en souriant, tandis qu’il quittait la barre de commande pour foncer sur son ennemi. « Quand Saokan apprendra ça, j’aurai une belle récompense ! » Dit-il en frappant vers l’oriental.

Cette phrase le fit rire, elle sous-entendait que le patron n’était pas au courant, mais ça pouvait très bien être un bluff. De toute façon, Saokan et son équipage appartenaient désormais au passé. Waqar prenait un nouveau tournant, et il allait commencer par se débarrasser de cet énergumène.
Le bateau était de forme ovale, six mètres de long pour trois mètres de large, rendant les mouvements amples difficiles. Il était en métal pour supporter la chaleur de la vapeur, et ne disposait pas de mât, étant propulsé par un système d’hélices.
Néanmoins le bateau commença à ralentir pour au final s’arrêter juste après que le capitaine ait lâché les commandes, signe que seul lui pouvait le piloter via son fruit du démon. L’homme à la casquette évita les coups de poings habilement, reculant sa tête puis son torse. Il attrapa ensuite un des trois hommes de main de son ennemi, le jetant sur lui. Ce moment de répit lui permit de dégainer son arme pour tirer sur un des barbus qui tomba à l’eau.
Le manque de rambarde sur un tel engin était déplorable, surtout en sachant que le navigateur utilisait un fruit du démon, se mettant lui-même dans une mauvaise posture. Profitant de ce fait, le maître de penchak silat esquiva un coup de poing trop vite lancé d’un pas sur le côté, et frappa le mollet de l’autre homme qui tomba lui aussi.
Désormais face à deux personnes, Algor et son second, Strauss, le combattant bleu adopta une posture plus souple. Rapidement, son pied s’élança en arc de cercle sur le visage du capitaine, prenant appui dessus pour sauter, tirant au hasard vers les deux hommes.
Avec une rapidité déconcertante, le rival du guerrier à la casquette s’était ressaisi pour attraper le bras armé de son adversaire, le tirant brutalement pour lui envoyer son poing dans le visage. Trop rodé à ce genre de stratégie, Waqar se pencha, envoyant son épaule cogner le plexus du mercenaire, pour ensuite se relever brutalement, faisant voler ce dernier à l’eau.
Alors qu’il s’apprêtait à achever tous les ennemis jetés à l’eau et le dernier homme de main sur le bateau, l’oriental fut rappelé à l’ordre par son mentor.

« Il fout y aller ! Lour bateau est à l’hourizone, dépeye toi ! » Lui ordonna Sancho.

Sans dire le moindre mot, le guerrier rejoint la barque d’un bond, accélérant le mouvement pour semer le navire principal d’Algor, qui devait vraisemblablement suivre le bateau à vapeur.
A force de ramer, les compères purent accoster dans la ville de Kantar, à South Blue.
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MessageSujet: Re: Royal Snake [Download Completed] Dim 29 Sep - 19:13

L’arrivée des deux hommes sur l’île de Kantar fit pas mal de bruit. Sancho avait dû utiliser ses contacts pour interdire l’accès au port un instant. Ainsi il s’assurait de ne pas avoir à gérer l’équipage d’Algor en pleine ville. Impossible de savoir si le bougre était mort, par ailleurs.
L’endroit était très connu pour les trafics d’armes qui y avaient cours. On pouvait trouver de tout en ces lieux, et aussi revendre de tout. Le passé de gros trafiquant généraliste qu’avait l’hispanique faisait de lui un genre de dieu vivant ici. Tout le monde semblait le reconnaitre, s’empressant d’aller serrer la main du vieillard, ou lui tirant une brève révérence au détour d’une rue.
Intouchables ici, les compères profitaient de leur influence dans cette petite société pirate. Ils étaient largement en mesure de négocier les prix. D’ailleurs ils ne se privaient nullement, et le marché noir se transformait en réel souk. Les malfaiteurs avaient ouvert les six caisses volées pour vérifier l’état général de l’armement, et les innovations sur ces nouvelles technologies.
Une longue journée de négociations permit aux escrocs d’en tirer une somme importante. Les autres négoces devaient donc commencer quant à l’achat du navire. Pourtant, trop fatigués par la journée passée, les deux hommes décidèrent de se rendre à l’auberge pour s’y reposer, Waqar étant passé se racheter des vêtements propres auparavant.
Paranoïaques jusqu’au bout, les deux voleurs avaient caché l’argent gagné dans une enveloppe que l’oriental garderait sur lui jusqu’au moment de la dépense. Ils dormaient par rondes, un s’endormant alors que l’autre se levait, ainsi de suite plusieurs fois, pour s’assurer que personne n’essaierai de les voler.
La ville était petite et mal fréquentée, une si importante cargaison d’armes vendue en une seule journée, c’était le genre d’info qui en fait le tour rapidement. Et si personne ne voudrait avoir de problèmes avec Sancho, tout le monde pourrait tenter de voler l’argent en douce. Beaucoup de malfrats expérimentés peuplaient la ville, et les associés ne comptaient pas se faire ôter leur argent ainsi.
De plus il leur fallait bien se rendre à l’évidence, Algor était sûrement mort à la suite de son affrontement avec le pirate, et son équipage n’en resterait pas là. Ce fut d’ailleurs vers la cinquième heure de la matinée qu’un lourd bruit de chute fit sursauter Sancho, debout à son tour. Prestement, il réveilla son jeune disciple. Ce dernier comprit immédiatement la raison de cette action, et se rhabilla en vitesse.
Vérifiant qu’il avait encore l’argent sur lui, Waqar s’empressa d’ouvrir la fenêtre, demandant au préalable à son mentor de retenir les hommes qui arrivaient. L’oriental était persuadé que son rival n’était pas mort, désormais. Frapper à la cinquième heure du matin c’était la marque de fabrique des Wietz, le groupe de mercenaires que régissait Algor, et cette empreinte particulière, cette façon de casser les portes d’une auberge pour y assassiner quelqu’un…
Sancho, quant à lui, n’avait jamais travaillé avec l’ennemi, hormis bien sûr peu de temps auparavant. Il se sentait rouillé, et ce serait donc une parfaite occasion pour lui de montrer qu’il n’avait pas perdu la main. Tandis que son apprenti sautait pour s’échapper, l’hispanique poussa la porte précipitamment, se jetant vers la quinzaine d’hommes qui avait commencé l’assaut des lieux.
Toujours aussi peu professionnels, les bandits avaient assailli l’endroit sans vérifier le numéro de chambre. Néanmoins ils avaient trouvé la bonne auberge, signe que quelqu’un avait mouché. Déterminé à trouver qui, Waqar avait d’ores et déjà un plan.
Courant dans la rue, l’homme à la casquette faisait le plus de bruit possible, hurlant et tapant dans tout ce qui lui passait sous le pied. Et ce fut au bout de dix minutes de course qu’il s’arrêta, en plein milieu de la place centrale. Une trentaine d’hommes arriva peu après.
Tous regardaient le pirate avec un sourire malsain aux lèvres, se tenant à une vingtaine de mètres de lui. Ils s’écartèrent alors pour laisser passer Algor, qui avait menotté Sancho et le poussait en avant.

« Je te tiens ! Tu aurais dû m’achever, mes hommes m’ont recueilli alors que je manquais de me noyer, et j’ai pu retrouver ta trace. » Dit-il avec un air amusé.

« Comment as-tu outrepassé le blocus ? Nous avions fait fermer l’accès au port pour ton navire. » Répondit avec calme Waqar.

« Abruti ! J’ai dialogué avec l’officier des docks, hinhin, tu n’aurais pas dû lui faire confiance, il m’a laissé entrer pour à peine dix mille berrys. » S’amusa Algor, souriant à grandes dents. « Et tu t’es fait moucher par un des types à qui tu as vendu tes armes ! Quelle tristesse ! Mais ne t’en fais pas, je vais te soulager de cet argent. »

« Ah ? J’ai une mauvaise nouvelle pour toi. » Murmura le guerrier, un sourire en coin. « Relâches Sancho ou tu perdras maintenant. »

Algor ne répondit pas, grognant, visiblement énervé à l’idée que son adversaire ose encore le prendre de haut. Mais le gros lourdaud n’était pas abruti non plus, et il connaissait les plans étranges de son rival. Nul doute qu’il y avait une raison à tout ça. Pourquoi avait-il laissé son mentor se faire capturer ainsi ? Pourquoi s’arrêter en pleine place centrale alors qu’il avait réussi à semer ses poursuivants ?
Doucement, le mercenaire laissa glisser sa main droite sur sa cuisse, allant chercher son revolver dans son holster. La gauche tenait toujours fermement les menottes du vieil homme, tremblant légèrement.
Et alors, tout se déroula comme au ralenti pour les deux camps. Incroyablement rapide, Waqar tira son arme, pointant avec vitesse en direction de son opposant. Ce dernier fit de même, signalant à tous ses hommes de viser le pirate au manteau bleu.
L’oriental souriait, l’amusement était grandissant, et le mercenaire de seconde zone venait de signer son arrêt de mort. Sancho sourit à son élève, et ferma les yeux un instant, un court et intense instant.
Seul un clic se fit entendre, puis un bruit de chute. Algor était au sol, une balle entre ses deux yeux grands ouverts, la bouche entrouverte dans une expression de stupeur.
Le pouvoir de l’hispanique, le fruit démoniaque de l’homme au poncho… Ce fruit lui permettait de faire fondre le métal, de le rendre mou comme de la gomme. Cette technique marchait dans un rayon de 7 mètres au maximum, raison pour laquelle il devait se trouver entouré d’ennemis, mais également assez loin de son disciple pour que son arme ne soit pas affectée.
Tirant d’un coup sec, le vieux voleur déchira ses liens, devenus moins résistants que du chewing-gum, et se mit à courir droit devant. Avant que le moindre des hommes de mains d’Algor ne puisse toucher à son maître, Waqar dégaina sa deuxième arme, vidant la dizaine de balles qu’il lui restait sur les adversaires les plus proches.
Mais l’oriental se refusait à fuir, on avait mis une personne chère à ses yeux en danger, on avait pris son senior en otage, et aucun de ces types ne repartirait vivant. Avec une rapidité déconcertante, l’homme au manteau bleu fonça vers la vingtaine de mercenaires encore en vie, déchainant sa force.
Il esquiva plusieurs coups de poings et de pieds en recourbant son corps vers l’avant, utilisant ensuite sa position pour prendre de l’élan, s’élevant au dessus de la masse en une seule impulsion. Un sursaut de rage, comme un coup de fouet, le guerrier venait de céder à sa colère. Ses bras tendus vers l’avant, il retomba lourdement au sol, droit sur ses deux jambes.
Il ne comprenait pas vraiment ce qu’il venait de faire, un genre de bulle s’était créée sur la paume de ses mains, recouvrant ses poings en quelques secondes. Son saut lui avait permis de passer au dessus de ses ennemis, se retrouvant ainsi derrière le groupe. Profitant de l’effet de surprise qu’il avait obtenu en changeant aussi vite de place, l’homme envoya son poing cogner la figure d’un des hommes.
Etrangement, il en résultat un genre de petite onde de choc qui fit reculer chaque personne présente d’un petit pas. Ce n’était rien d’impressionnant, mais personne ne comprit la raison d’une telle déferlante, comme un genre de bourrasque qui venait de souffler.
La bulle formée sur la main droite de Waqar avait disparue, et ça, l’œil aguerri de Sancho ne l’avait pas manqué. Malgré la distance et les interférences visuelles, le vieil homme comprenait.
L’hispanique se mit alors à rire fortement, rapportant l’attention de tout le monde sur lui. Il arracha alors son poncho et le jeta à terre, dévoilant un torse excessivement musclé.

« Fini de jouer. » Dit-il avec une prononciation parfaite.

L’homme à la casquette était sans voix, paralysé par l’étonnement, cette personne ne pouvait pas être son vieux mentor. Il venait de changer radicalement en l’espace d’une minute à peine. Et la suite le laissa encore plus abasourdi.
Avec une vitesse tout bonnement incroyable, Sancho s’était jeté dans la bataille, fracassant des crânes à une vitesse telle que son disciple n’arrivait pas à suivre le rythme. Ce dernier avait d’ailleurs totalement arrêté de se battre, ses yeux écarquillés observant la scène.

« Suis-moi ! Je t’expliquerai après ! » S’écria le vieux blond.

Sans dire un mot, le visage tout de même figé dans une expression de stupeur, le guerrier suivi son associé en courant, laissant la troupe de mercenaire au sol.

Waqar avait couru sans réfléchir, conscient que le moment de poser des questions n’était pas encore venu. Le sprint dura une dizaine de minute, après laquelle les deux combattants s’arrêtèrent pour reprendre leur souffle. Les nombreuses interrogations circonstancielles taraudaient le guerrier, mais il n’avait absolument aucune idée quant à la façon de formuler sa question.
Ainsi la pause entreprise par les deux collègues se résumait à un silence pesant, souligné par l’échange de regards entre les pirates. Sancho était visiblement mal à l’aise, sans doute d’avoir visiblement caché de nombreux détails à son disciple, surtout aussi longtemps. L’oriental, quant à lui, semblait choqué, voire même apeuré, incertain de la façon dont il devait désormais traiter avec cet inconnu.
Bien qu’il aurait souhaité que ce silence ne cesse jamais, afin qu’il n’ait pas à découvrir la vérité, Waqar se préparait à la discussion, car il la sentait venir. La raison devait en être terrible pour qu’un homme affiche une telle façade durant au moins vingt ans, sans jamais se révéler vraiment. Un toussotement brisa alors le silence, le visage de l’hispanique adoptant un air bien plus sérieux.

« Je suis sûr que tu poses pas mal de questions. » Constata Sancho d’un air neutre, ses yeux fixant profondément ceux de son protégé.

« Pas mal oui ! C’est quoi ce délire !? T’es qui !? Comment t’as fait ça !? J’comprends rien ! » S’égosillait l’homme, dans un élan d’énervement soudain.

« Mon nom est bel et bien Sancho, j’ai en réalité 60 ans, et je suis l’oncle de Saokan. » Dit-il froidement. « Mon but est de le tuer. »

L’homme au manteau bleu n’en croyait pas ses oreilles. Pas possible que ce type lui raconte la vérité, c’était bien trop énorme. Pourquoi son oncle voudrait-il le tuer ? Pourquoi l’aurait-il caché aussi longtemps, mais surtout, pourquoi tout révéler seulement maintenant.

« Je vais être honnête avec toi Waqar, et te raconter l’entière vérité. Si tu le veux bien, assoyons-nous d’abord. » Proposa le mentor en pointant d’un hochement de tête quelques rochers qui trainaient au sol.

Les deux étaient sortis de la ville depuis déjà quelques centaines de mètres, et se trouvaient actuellement dans un genre de champ vert et bien fleuri. Ils s’assirent donc sur les deux énormes pierres les plus proches, se faisant face, le plus vieux affichant un regard sérieux et calme, l’autre affichant un regard d’incompréhension et d’énèrvement.

« Je m’appelle Sancho Delgado, comme tu le savais déjà. J’ai eut trois filles et un fils au cours de ma vie. Mon fils était mon cadet, ma fierté. Il rêvait de devenir marine, c’était son seul souhait, il voulait faire comme sa plus grande sœur, qui était un contre-amiral de talent ! J’avais tout pour être heureux, pour mener une bonne vie. Je me rappelle de cette époque, j’avais 52 ans le jour où il s’est engagé, lui qui n’avait que 16 ans. Sa sœur avait accepté de le prendre dans son équipage, pour s’assurer qu’il ne lui arrive rien. » A ces mots, les sourcils du vieil homme se froncèrent dans une expression de tristesse, ses lèvres tremblant un peu avant qu’il ne se ressaisisse, continuant son récit. « Elle avait le double, soit 32 ans. Dans son équipage il y avait un jeune homme de notre famille, un type respectable plein d’avenir… Mon neveu… Saokan… » Sancho marqua une pause, observant les environs, plus pour ne pas avoir à regarder son disciple dans les yeux qu’autre chose. « Il avait la vingtaine. Dans ma famille, on était marine de père en fils, sans jamais savoir pourquoi. J’avais été un vice-amiral autrefois, de même que mon grand-frère. Voir ainsi tous nos enfants réunis dans un avenir prometteur, ça nous faisait plaisir, tous sur le même bateau, que rêver de plus ? » S’interrogea le vieil homme, à voix haute comme s’il attendait l’avis de son élève.

Ce dernier ne répondit pas, il n’était plus fâché, mais il avait déjà compris que la suite du récit ne serait pas glorieuse, et observait un long silence comme on observerait un deuil. Un échange de regard ponctué d’un hochement de tête par l’homme au manteau bleu indiqua que l’hispanique pouvait continuer son histoire.

« Leur équipage était un des plus prometteurs qui ait jamais vogué sur les flots de Calm Belt. Ils avaient le respect de tous, car leur justice n’était pas biaisée, rendue floue comme l’est la justice marine maintenant. On les dépêchait souvent pour des missions à haut risque, et je m’étais préparé à l’éventualité… » L’homme ne pu retenir un tressaillement, un léger sursaut au niveau des yeux, comme pour retenir des larmes. « Je savais qu’une telle vie s’achève rarement dans des conditions paisibles, que je risquais de perdre mon neveu et mes enfants à chaque instant. Je n’avais jamais la conscience tranquille. Mais ce qui est arrivé…»

« Quoi ? Que s’est-il passé ? » S’enquit l’oriental, sentant qu’il devait témoigner de l’intérêt au récit, ses sentiments bouillonnants au fond de lui.

« Eh bien… » Reprit le mentor. « Trois ans après leur ascension au rang d’équipage vice-amiral, ma fille mourut dans une embuscade. J’avais reçu l’appel une semaine après… Mon fils avait survécu, et j’étais soulagé, comme c’est horrible à dire… Je pensais que la survie d’un de mes deux enfants rendait la chose moins effroyable. Enterrer un cercueil vide censé représenter la dépouille introuvable de ma fille, alors que son frère était à l’hôpital, dans le coma, j’y étais préparé… Mais leur mère… »

A ces mots, le vieil homme s’interrompit, ses lèvres tremblant à un tel point que Waqar savait les sanglots imminent. Par respect, celui-ci hocha la tête, laissant sous-entendre à son maître qu’il avait bien compris la suite logique. Le suicide, une solution bien triste, que l’être humain s’inflige comme une punition égoïste, sans se rendre compte que c’est à ses proches qu’il fait le plus de mal.
Sans chercher à exposer son passé, sans vouloir le révéler à Sancho dans le but de le réconforter, l’oriental comprenait sa peine. Lui qui avait pleuré à chaudes larmes quand sa mère s’était ôtée la vie, se jurant de ne plus jamais aimer quiconque. Ce vieil homme était le dernier reste, le dernier rapport humain normal qu’entretenait le pirate, un des seuls liens qu’il n’avait pu se résoudre à rompre en devenant un bandit.

« Après sa mort, je me suis occupé de mon fils… Il s’appelait Vega… Le choc l’avait laissé passablement traumatisé, et sa rééducation, mentale comme physique avait durée une longue année. Nous n’avons jamais retrouvé le corps d’Aurora, sa sœur… Alors je me suis laissé emporter par cet espoir vain, qu’elle était peut-être en vie quelque part. Un jour mon fils m’a fait appelé dans sa suite d’hôpital, dans le centre de rétablissement pour marines à North Blue… Il m’a dit que… Que Saokan était sûrement derrière l’embuscade. »

Malgré qu’une telle conclusion fût logique au vu du déroulement du récit, Waqar ne put s’empêcher de se sentir étonné, pourquoi donc ? La raison lui en échappait pour l’instant, mais nul doute que son interlocuteur la lui expliquerait bien vite. Il prit donc son mal en patience, écoutant attentivement la suite.

« Le reste de cette histoire pourra attendre, je te propose que nous partions pour l’instant. Longeons la côte et prenons une barque, nous continuerons le trajet vers Balakasta, c’est une petite ville à six heures au sud d’ici, nous achèterons notre navire là bas. » Dit l’homme, se levant rapidement.

Si l’oriental aurait souhaité connaître le fin mot de l’histoire, il reconnaissait aussi que la journée, et cette nuit noire dans laquelle les deux collègues étaient encore éveillés, lui avait donné envi de partir d’ici aussi vite que possible. Péniblement, il se remit bien droit sur ses deux jambes, suivant le mystérieux hispanique.

Les deux associés finirent par arriver sur les côtes escarpées à l’ouest de l’île, juste à côté des grandes murailles rétractables qui encerclaient le port. Il y avait plusieurs choses à faire en premier lieu. D’abord il fallait passer à l’hôtel afin de récupérer les diverses affaires qu’ils y avaient laissées. Ensuite, il serait nécessaire de se renseigner auprès des officiers du port afin de trouver un navire de déplacement civil se rendant à Balakasta. Leur petite marche avait duré un peu moins de trois heures, et, depuis le port où ils étaient, rejoindre l’auberge prendrait une demi-heure.
Soucieux de ne pas perdre de temps, afin de pouvoir quitter les lieux le plus vite possible avant que la mort d’Algor n’attire tous ses alliés, les deux hommes convinrent de se séparer. Waqar parti donc récupérer leurs biens, alors que son mentor, toujours torse nu, se rendait au port afin de vérifier les horaires ou bien de négocier une place sur un bateau.
Sur le chemin, l’oriental tomba nez à nez avec un groupe de trois hommes, qu’il reconnaissait comme étant membres de l’équipage de Saokan. Allant vers eux de plein front, il s’arrêta à deux mètres des brigands, les toisant avec mépris. Mais, avant même qu’il n’attaque, ceux-ci lui signifièrent qu’ils ne souhaitaient pas se battre, par des gestes de mains et des paroles confuses.
Même si la raison exacte échappait au guerrier bleu, nul doute que la prouesse qu’il avait accomplie en compagnie de son maître avait dû terrifier les pirates restants. Waqar poursuivit donc son chemin vers l’auberge, se méfiant tout de même un minimum des alliés du défunt Algor.
Grand bien lui en fit, car un tir précis vint lui frapper le triceps droit. Dans un réflexe puissant, le guerrier se retourna, la main tendue vers l’homme qui avait tiré. C’était bien un des trois subordonnés du mercenaire mort. Sans laisser le temps à l’adversaire de réagir, l’oriental ignora la douleur, frappant de son pied droit dans un cageot entreposé sur le trottoir.
Les ennemis s’étaient déjà séparés, entourant leur cible, chacun une arme de poing en main. La petite cagette de bois vint donc frapper le premier tireur au visage, ce dernier reculant d’un pas sous le choc, un pas de trop. Sans plus attendre, le combattant à la casquette se jeta vers lui, lui brisant sèchement le nez de son poing gauche. Celui-ci tomba alors à la renverse, tendant les bras, ce qui permit au pirate rebelle de s’emparer de son arme avec sa main valide en même temps qu’il reculait son bras suite au coup.
Pas de chance pour les trois hommes, Waqar était un tireur d’exception, et il ne lui fallu pas plus de trois secondes pour loger une balle à chacun des deux ennemis qui avaient tenté de l’encercler. D’un geste rapide, il frappa du pied sur la cage thoracique de l’homme que son poing avait précédemment envoyé au sol. Se penchant en avant, le pirate saisit son agresseur par le col, lui relevant la tête tout en maintenant torse sur le sol.
« Espèce de petit enfoiré ! » Grogna le combattant, ignorant la douleur qu’il ressentait actuellement dans le bras droit. « Je devrais te buter ! Mais si tu me dis combien vous-êtes sur l’île, et pourquoi vous êtes encore là, je te laisserai partir. » Dit-il, un sourire carnassier aux lèvres.

« Je… Les autres sont rentrés au bateau, ils sont allés informer Saokan, nous n’étions que tous les trois à pat… »

Mais l’homme n’eut pas le temps de finir sa phrase que son œil gauche fut perforé par une balle précise qui lui grilla également quelques neurones en venant se loger dans son cerveau, l’achevant pour de bon.

« T’as d’la chance que j’sois pas rancunier. » Se contenta de répondre Waqar, après quoi il se releva, rejoignant l’hôtel en vitesse.

Il y arriva peu de temps après, récupérant les affaires dans la salle où il avait précédemment dormi, ayant pointé auprès du propriétaire qui s’était par ailleurs occupé de bander la plaie de l’oriental après que celui-ci l’ait éjectée en contractant son muscle touché. Par chance, personne n’avait investi les lieux entretemps et le sac d’affaires était toujours là. N’ayant pas vraiment le temps de se changer, il partit immédiatement en direction du port, évitant soigneusement la petite ruelle où il s’était battu à mort avec les trois brigands.
Dès qu’il fut arrivé au niveau du point de rendez-vous qu’il s’était fixé avec son mentor, l’homme constata avec stupeur la présence d’un véritable régiment de marines. Il y en avait de quoi remplir deux navires de ligne, surement cent cinquante hommes, tous armés autant que possible.
Tout le long du port, des hommes étaient agenouillés, menottés, fixant l’horizon, placé au devant des soldats. On en ramenait à chaque secondes de nouveau, procédant à un contrôle d’identité. Ceux qui étaient reconnus comme bandits étaient immédiatement fusillés. Apparemment le gouvernement avait décidé de nettoyer le repaire à truands qu’était Kantar au mauvais moment.
Un coup d’œil furtif permit au jeune pirate de déterminer que son maître n’était pas dans le lot. Poussant un soupir de soulagement, il entreprit de s’écarter, se mêlant à la foule de badauds qui observait, mais on l’interpella de loin.

« Toi là ! Avec la casquette bleue et le sac, viens ici ! » Criait la grosse voix. « Dépêche-toi ! »

Impossible que l’homme tolère une telle façon de parler. Ce sale chien en blanc allait comprendre qu’il ne fallait pas parler ainsi à un guerrier comme Waqar. Se retournant alors prestement, il fut surpris de voir un homme aux cheveux noirs, long et fin, habillé dans un uniforme blanc qui se tenait aux cotés de Sancho, revêtu du même accoutrement.
Sa rage s’étant estompée pour laisser place à de l’incompréhension, l’oriental accepta de rejoindre l’endroit où se tenaient les deux, à savoir près du pont qui menait jusqu’à l’un des grands navires de ligne amarré au port. L’hispanique prit alors la parole, à voix basse.

« Waqar, cet homme s’appelle Rouge, il était avec mon fils sur le navire dont je t’ai parlé… Il m’a grandement aidé, en me mettant à l’abri dès qu’il m’a reconnu. Apparemment la marine compte nettoyer South Blue. Heureusement qu’il était là, car mon passé marine ne m’aurait sûrement pas aidé à… » Raconta le vieillard, avant de n’être interrompu par Rouge.

« Surveillez vos paroles Sancho, les murs ont des oreilles par ici, montons plutôt dans ma cabine. » Dit le gouvernemental, révélant ainsi qu’il était chef de cette unité.

« Les murs n’ont pas d’oreilles, ils sont pas vivants, il est con ce type… » Murmura l’homme au manteau bleu de façon moqueuse. « Vous devriez leur dire d’arrêter ça ! Vous comptez laisser vos hommes buter des gens comme ça !? » Dit-il alors, plus fort cette fois, afin que le commandant l’entende.

« Nous en parlerons plus tard. Venez, je vous déposerai à destination. » Termina Rouge.

Ainsi tous montèrent sur le ponton pour rejoindre la cabine principale. Le bateau parti une heure plus tard, en direction de Balakasta.

Les trois hommes se tenaient assis autour d’une table ronde, chacun l’air pensif, s’observant avec une gêne presque palpable. Rouge était malgré tout le plus serein du groupe, son beau visage aux traits efféminés tenu par sa main droite, frottant doucement son front du bout des doigts. Lui réfléchissait à d’autres projets, sûrement concernant la marine. A vrai personne n’avait ouvert la bouche depuis leur entrée ici, une heure auparavant. Pas vraiment désireux de maintenir un tel silence, Waqar prit la parole.

« On ne se connait pas, mais merci de ton aide, Rouge. » Dit le guerrier avec humilité.

Bien qu’il réprouve fortement la manière inhumaine dont on avait traité les bandits dans la ville de Kantar, l’oriental ne pouvait nier que l’ami de Sancho s’était montré d’une aide précieuse. Inclinant la tête dans un signe de respect, il réfléchissait à l’histoire qu’avait commencé à lui raconter son maître.

« Waqar, il est temps pour toi de connaître la suite de l’histoire, et la présence de Rouge m’évitera d’avoir à la répéter. » Murmura alors l’hispanique, sortant de son silence à la grande surprise des deux autres passagers. « Rouge, vous rappelez vous de l’attaque, l’embuscade pirate qui est tombée sur le Vanguard le jour où ma fille est morte ? Eh bien je pense savoir qui est derrière tout ça, et mon enquête m’a permis de déterminer pas mal de choses !» Dit l’homme avec énergie.

« Expliquez-vous ? » Demanda l’officier avec un calme tout naturel, mais que l’on sentait quand même imprégné d’une forte curiosité.

« Mon neveu, à l’époque sous-lieutenant comme vous sur ce navire… Vous a vendus dans une négociation avec le Shichibukai Kazochi. » Termina Sancho.

A ces mots, les yeux de Rouge s’écarquillèrent sous la surprise, sa bouche s’entrouvrant, bien qu’aucun son ne s’en échappe. Ses bras, qu’il avait depuis recroisés sur son torse, vinrent s’écrouler lourdement sur la table, ses poings se serrant. Son regard se perdit dans le vide, alors qu’il semblait tenter de fouiller dans sa mémoire. Imbriquant les souvenirs comme pour vérifier les dires de son aîné. Relevant la tête, il se décida à parler.

« J’avais déjà eut à l’idée que Saokan pouvait être derrière l’organisation mafieuse qui sévit actuellement sur ces Blues. Mais à vrai dire c’est un nom tellement courant sur l’archipel de la Baliste que je pensais qu’il pouvait s’agir d’un autre. Son corps avait disparu lors de la destruction du Vanguard, et étant donné qu’il possédait un fruit du démon, j’avais pensé que son corps devait avoir coulé, tout simplement. » Murmura l’homme, perturbé. « Mais pourquoi Kazochi ? Pourtant quand j’y repense, il est vrai que nous l’avons beaucoup vu la semaine avant cette attaque, et qu’il nous a escorté jusqu’à la frontière, après quoi nous avons été attaqués, tout juste une heure plus tard… » Rouge semblait désemparé.

Kazochi… Même le combattant bleu connaissait ce type, un véritable monstre, un phénomène de puissance. On disait de lui qu’il avait maitrisé son haki de l’observation à un tel point qu’il vivait constamment 5 secondes dans le futur. La rumeur lui prêtait également des pouvoirs liés à un fruit du démon, mais impossible de savoir si la rumeur était fondée ou non, car il n’avait de toute façon jamais besoin d’y recourir.
Ce pirate était devenu corsaire suite à un terrible affrontement à East Blue. L’histoire voulait qu’il ait tenu tête à une flotte marine entière avec son seul navire, tout cela pour récupérer des documents confidentiels qui avaient rapport à lui. Suite à sa défaite au bout de deux jours d’échanges de canons et d’abordages ratés, l’amiral-en-chef était personnellement venu le voir pour lui proposer d’échanger ces précieux papiers contre sa collaboration.
De nombreux commérages faisaient le tour du globe quant à ce que contenaient les fameux dossiers, mais peu de gens le savaient vraiment.
Mais alors, pourquoi cet homme aurait-il souhaité personnellement la destruction du Vanguard ? Qu’avait-il bien pu promettre à Saokan en échange pour que celui-ci trahisse si brutalement tous ses alliés, amis, et même cousins ?

« Lors de la courte semaine qu’avait passé le corsaire à escorter le navire de ma fille, il s’était beaucoup rendu sur le Vanguard, sympathisant avec l’équipage. » Continua Sancho, l’air sérieux. « D’après Vega, Saokan s’entendait tout particulièrement bien avec Kazochi, et ces derniers parlaient énormément. Mon enquête auprès d’anciens membres de l’équipage du corsaire m’a appris la triste vérité : le Vanguard transportait à l’époque des plans qui auraient dû servir à recréer une arme colossale à la puissance monstrueuse. »

Les deux auditeurs se regardèrent tandis que le vieil homme parlait, il manquait encore un détail pour compléter le tableau.

« Ce que Saokan s’est vu promettre c’est… L’empire mafieux du South Blue et un milliard de Berry ! » Acheva-t-il.

L’annonce de la somme sonna comme un coup de fouet aux oreilles de Waqar. Aucun homme ne pouvait rêver avoir un tel montant d’argent pour lui seul, c’était tout bonnement colossal. De plus le contrôle sur tout le trafic à South Blue relevait aussi du rêve. Kazochi était connu pour son contrôle encore présent sur une large partie de l’économie souterraine et il était entièrement possible qu’il ait promis de tels cadeaux à Saokan.
Le marine semblait de plus en plus confus, sa main ayant de nouveau rejoint son front sur lequel il frottait vigoureusement, comme s’il espérait qu’ouvrir les yeux lui ferait réaliser que tout cela n’était qu’un mauvais rêve.
Malheureusement tout cela était bien réel, et tous savaient maintenant qu’il leur faudrait faire quelque chose. Chacun avait sa motivation. Sancho souhaitait venger sa fille en faisant payer le coupable. Rouge était motivé par la rage d’avoir été trahi. Waqar, quant à lui, avait juré d’aider son mentor.
L’officier se leva alors, allant chercher trois badges en forme d’étoile dans un placard. Il les ramena, en donnant un à chacun des protagonistes.

« Ces étoiles nous permettrons de nous identifier à l’avenir. Il est évident que nous devrons nous séparer pour mener efficacement l’enquête. J’ai été de toute manière assigné sur South Blue pour les deux années à venir, j’en profiterai pour chercher des informations sur l’éventuelle planque fixe de Saokan. Quant à vous, je vous recommande d’aller vers Northt Blue, sur l’île de Maquerty. Il y a là bas une vieille d… »

« Arrête toi, je sais où tu veux nous envoyer. Le château Redbird. » Interrompit le guerrier bleu avec calme. « Nous irons acheter le navire là-bas, c’est convenu. Comme tu dois t’en douter Sancho et moi resterons des pirates. » Dit-il, cherchant un œil complice chez son mentor, qui acquiesça à ces paroles. « Par conséquent travailler avec nous au vu et au su de tous sera difficile pour toi, mais nous trouverons une solution. Nous allons nous charger de monter un équipage durant ces deux ans, et nous reviendrons t’aider. » Termina l’homme en se relevant.

« Parfait, je vais apprêter un des clippers de mon escorte pour qu’il vous conduise à North Blue d’urgence. » Acheva Rouge.

A ces paroles, tous se rendirent sur le pont, chacun suivant désormais sa direction.
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MessageSujet: Re: Royal Snake [Download Completed] Dim 29 Sep - 19:18

Deux mois avaient passé depuis leur arrivée au château Redbird, mais les choses n’avaient que peu avancé pour les associés. Leur bateau avait en effet pris énormément de temps à construire, et les deux hommes avaient compensé en s’entraînant. Depuis qu’il avait révélé sa vraie puissance, Sancho était devenu plus qu’un coach pour Waqar, mais un véritable défi.
Le vieillard maîtrisait deux Haki sur trois, s’étant spécialisé dans celui de l’armement, et conservant un bon niveau sur celui de l’observation. Il était d’ailleurs convenu qu’il enseigne le fluide offensif à son disciple dès qu’ils auraient reçu leur navire.
L’homme à la casquette était très connu sur l’île de Maquerty. Son père avait travaillé ici durant des décennies, à construire des bateaux que l’on disait être les plus performants de tous les Blues. Toute cette attention lui avait permis de quémander l’hospitalité au château Redbird et d’ordonner aux anciens subordonnés de son père la construction d’un navire.
C’est donc, comme promis, le jour où l’on acheva de construire l’embarcation, que le blond vint chercher son disciple. Il attendait patiemment dans la baie d’amarrage intégrée au château, une bouteille de champagne à la main.

« Je sais. C’est le jour où je dois apprendre le Haki, hein ? » Dit l’oriental, un léger sourire aux lèvres. « Inaugurons le navire avant cela, et trouvons lui un nom. »

« J’aurais bien aimé un nom cliché comme « espoir » ou « le leviathan », mais ça n’est pas mon vaisseau, c’est le tiens, comment souhaites-tu le nommer ? » Répondit Sancho en souriant.

« Le Malik Al-Bahr… Chez moi ça signifie « Roi des Océans », Malik veut aussi dire « Vague » dans les langues nordiques… « La Vague des Océans »… Je pense que le nom n’en est que plus approprié. » Déclara Waqar.

« Qu’il en soit ainsi. » Dit calmement l’hispanique, faisant signe à son élève d’achever la cérémonie.

Le guerrier brisa la bouteille sur le Baggala, se retournant ensuite vers son maître. Ce dernier le conduisit alors jusqu’à la cour principale du château. Nombres de gens se réunissaient parfois ici pour regarder les deux hommes s’entraîner, et aujourd’hui ne dérogeait pas à la règle.
D’un geste de la tête, l’ancien marine fit signe à son élève de se mettre en position.
Hésitant, Waqar se mit en garde, son bras droit plié à 90°, à une vingtaine de centimètres au devant de son plexus. Son bras gauche vint se positionner contre son pectoral homologue, complètement replié. Ses jambes étaient légèrement fléchies toutes les deux, pour lui permettre de bouger avec souplesse dès qu’il le faudrait.

« Tu es un combattant admirable. Mais ce n’est pas en s’entraînant ainsi que tu développeras ton talent. Le fluide est régi par le contrôle de soi, lequel se fait à travers la maîtrise de ses émotions. » Dit Sancho avec calme, adoptant une posture droite. « Ma force est ma vivacité, mon esprit aiguisé, ma rage de vaincre, c’est en ces sentiments que je puise le Haki. » Termina Sancho avant de ne prendre une pose de combat très simple, bras fléchis, partis en avant.

Essayant d’analyser au mieux ces paroles pour y puiser son énergie, le combattant s’élança vers son mentor. Ce dernier recula brusquement, armant son bras droit, pour jeter son poing vers le visage de Waqar. Dans un reflexe presque inhumain, l’oriental recula. Le pied de l’hispanique partit alors en mawashi-geri. L’homme à la casquette réagit promptement. Sèchement, et avec une terrible rapidité, il frappa le dessus du pied qui cherchait à le latter.
Seulement, ce fut ses phalanges qui se trouvèrent endolories, et il retira précipitamment sa main, la secouant sous le coup de la douleur. Il ne fallut pas une seconde de plus pour que le vieillard termine son coup de pied, fouettant violemment le visage plus jeune, qui recula de trois pas en grinçant des dents.
Nul doute que c’était là l’œuvre du fluide. La puissance du coup rendait inutile toute tentative de contrattaque. A vrai dire il sentait même que son jab puissant n’avait que très peu ralenti la latte en plein élan. Comprenant qu’insister serait inutile, le guerrier fit glisser rapidement ses pieds sur le sol, de sorte à se décaler vers sa droite. Sa vitesse d’exécution lui permit d’éviter l’axe-kick avec lequel surenchérit son maître.
Ce dernier afficha un sourire amusé, une légère vibration prit le sol dès que son pied y fut retombé. Cette légère déstabilisation fit tituber l’homme à la casquette, qui bloqua un direct du gauche de ses deux avant bras, les croisant devant son visage.

« ORAAAA ! » S’écria le jeune homme.

Il commençait à saisir. Tout lui paraissait aller plus lentement, et même le coup lui sembla moins douloureux, comme une petite tape, l’espace d’un court instant. De la même façon qu’un enfant qui apprend à siffler, il avait fini par trouver la bonne tonalité. Le bon équilibre pour que toutes émotions se balancent et lui donnent accès à son pouvoir.
Mais, comme pour l’enfant qui apprend à siffler, la tonalité s’échappait, et il aurait du mal à y retourner de nouveau sans grands efforts. Son incapacité à se concentrer le fit d’ailleurs bien vite revenir à la normale, comme si le monde reprenait ses teintes, toute action reprenant sa vitesse initiale.
Malgré tout, ce moment de lucidité lui laissa l’occasion d’attraper le bras encore tendu de Sancho. Lui tenant fermement le poignet, il le tira à lui, jetant son poing vers le nez du professeur. L’hispanique ne broncha pas, décalant sa tête. Il esquiva le coup et souleva le bras lancé de son disciple par le coude, l’envoyant valdinguer au sol dans une motion en arc de cercle.
Si c’était vraiment le pouvoir d’un professionnel du Haki, alors Waqar se devait de le maîtriser. C’est ce qui lui trottait dans la tête alors qu’il se trouvait détaché du sol. Le choc fut violent, mais le combattant avait géré la chute sans aucun problème, roulant rapidement pour se relever, adoptant de nouveau sa garde personnelle.
Les notions basiques commençaient à lui venir, la maîtrise de soi, la façon dont il devait appréhender le combat afin d’utiliser le fluide. Nul doute possible, la route serait longue, mais il restait plein d’espoir. Remettant de l’ordre dans ses pensées, le guerrier frappa son ennemi d’un crochet du gauche. Ceci lui permit de déjouer le jab droit de Sancho tout en lui cognant la mâchoire avec force.
Contrôlant ses émotions, il se pencha en avant, jetant son épaule contre l’estomac du vieil homme, lequel resta en place, concentrant sa force pour tenir debout. Mais il connaissait encore trop peu la nature du Haki de l’armement pour être préparé à ce que lui réservait son maître.
Ce dernier l’attrapa brutalement de ses deux bras. La position actuelle de Waqar permit à Sancho de le soulever, le plaçant dans la position du marteau-pilon. Mais au lieu de retomber brutalement au sol comme le suggérait la logique, l’hispanique concentra sa force pour sauter à cinq mètres du sol.
Son fluide commença alors à se manifester, permettant au vieux combattant de jeter avec force son apprenti vers le sol tandis qu’il se trouvait encore dans les airs.
Nul doute que la collision avec le sol serait terrible si l’oriental n’arrivait pas à se défendre par le fluide, malgré la difficulté de concentration inhérente à ce genre de combat.

Impossible d’estimer la vitesse de la chute, mais très facile d’imaginer l’étendue des dégâts que provoquerait une collision. L’oriental avait d’ailleurs beaucoup de mal à se concentrer sous cette terrible pression. Faisant alors le vide, le temps lui paru de nouveau ralentir, terriblement. Cette impression de se trouver coincé dans un monde figé, c’était comme ça que se manifestait le Haki chez Waqar. Pas vraiment certain de la manière dont il avait pu atteindre ce stade, le guerrier ne se fit néanmoins pas prier pour corriger sa trajectoire. Il balança son corps en plein air, se replaçant ainsi dans une position qui lui assurerait de tomber convenablement.
Toujours sous l’effet de cette montée d’adrénaline, le combattant à la casquette atterrit dans un dérapage sur les pieds, un genou plié près du sol, l’autre jambe droite tendue vers l’arrière. Avait-il réussi à faire le vide dans son esprit ? Il lui semblait que c’était le cas. Un genre d’aura, à peine perceptible, l’entourait, teintant sa vision d’une couche transparente de bleu. La manifestation d’un fluide régi par l’émotion, que son utilisateur ne contrôle pas.
L’équilibre entre toutes les énergies du corps était indispensable pour maîtriser ce pouvoir, mais l’oriental n’était pas assez calme. Alors qu’il lui aurait fallu rester dans sa position, réfléchir sur son état actuel et s’imprégner de cette énergie, le pirate s’était laissé déborder par ce sentiment de puissance. Prenant appui, Waqar s’élança vers son mentor, lequel retombait au sol. Calant sa trajectoire sur la sienne, l’homme en bleu percuta Sancho avec violence, toujours l’épaule contre le plexus.
Malheureusement le fluide de l’oriental s’était de nouveau enfui, et celui de l’hispanique s’était de nouveau manifesté. Le choc manqua de briser les os du jeune homme contre ceux du vieillard, tant la défense de l’ancien marine semblait parfaite. Ce dernier attrapa d’ailleurs de nouveau son disciple dans la même position de marteau-pilon que précédemment, prêt à envoyer son crâne frapper le sol.
Néanmoins, le combattant à la casquette n’était pas assez idiot pour se faire avoir de nouveau. Utilisant toute la force dans ses jambes, il les releva, pour rouler de sorte à écarter les bras de son maître et se retrouver les pieds sur ses omoplates. Se concentrant autant que possible, il atteint de nouveau l’éveil au fluide et frappa violemment son adversaire dans le dos, le prenant par surprise pour le propulser au sol. Après cette prouesse, le guerrier retomba lui aussi, se blessant légèrement les genoux, épuisé par l’effort.
L’hispanique était tombé sur le ventre, retenant son visage à quelques centimètres du sol grâce à sa main droite. Se relever n’était pas compliqué pour lui, et l’enchaînement de son élève l’avait plus surpris que blessé. Il se replaça donc droit sur ses deux jambes, se retournant pour observer Waqar, qui venait de s’étaler sur le sol, complètement dépassé, à court d’énergie.
Un sourire aux lèvres, le sexagénaire récupéra son protégé, le chargea sur ses épaules, et s’en alla le déposer à l’infirmerie, sous le regard impressionné des divers habitants du château.

Le lendemain, l’oriental se réveillait, encore une fois dans cette salle blanche qu’il n’avait que trop vue. Chacun de ses entraînements avec le vieil homme l’amenait toujours en ces lieux. Dans ce lit d’infirmerie, blanc, propre. Ses muscles étaient encore courbaturés, endoloris par l’intense effort qu’ils avaient dû fournir. Il fit craquer ses os, passant également sa main droite sur sa nuque.
Personne n’était présent en ce moment, il se trouvait seul dans la salle, couvert uniquement de son boxer et de quelques bandages sur les genoux, le pied droit ainsi que les mains. Sur la chaise à côté de son matelas se trouvait une lettre, trônant au dessus d’un pantalon noir et d’un marcel blanc.
Elle était signée de Sancho, et lui disait de se rendre à Maluta, une île au nord de Maquerty.
Sans réfléchir plus longtemps, le guerrier s’habilla, prêt à partir.
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MessageSujet: Re: Royal Snake [Download Completed] Dim 29 Sep - 19:18

Les vingts mois qui suivirent furent remplis d’aventures. Les deux hommes commencèrent par utiliser le butin qu’il leur restait en embauchant des hommes. Leur bâteau, un sublime Balagga extrêmement rapide et intelligemment armé, donnait un sentiment de confiance et de puissance aux matelots qui l’empruntaient. Le premier mois, une vingtaine de moussaillons composaient l’équipage.

Le trimestre constitua surtout à renforcer la qualité des armes présentes à bord, volant ça et là des cargaisons de revolver et fusils. Le Malikal-bhar fut bientôt connu dans tout l’archipel du faucon, à North blue. Réputé rapide comme le vent, avec à son bord de féroces combattant, tous les marchands l’esquivaient.

La deuxième phase du plan commença donc au quatrième mois, il s’agissait maintenant de transformer la nature des services. L’équipage se reconvertit en troupe de gardes du corps, le vaisseau maritime devenant donc un navire d’escorte incontournable dans tout le Blue nordique.

Les rumeurs devenaient ainsi confuses, certaines faisant des « Princes de la mer » de véritables monstres sans cœur, d’autres les élevant en héros respectables, défenseurs de marchand. Ce brouillage de piste servait notamment à s’assurer que la marine ne prendrait jamais la peine de mener une enquête sur le navire pirate.

Un plan concocté par Waqar, qui donnait des résultats plus que probants sur le plan monétaire. La coupe charismatique de l’oriental commençait à se faire sentir, chaque jour qu’il s’entrainait. Sa force le rendait plus sûr de lui, plus confiant et donc plus apte à inspirer de la loyauté chez ses hommes.

Tous semblaient parfaitement soudés, et Sancho ne manquait pas de les entraîner lui aussi lorsque la formation de son disciple lui laissait du temps libre. Les hommes du Malikal étaient donc tous formés au combat et aptes à affronter de véritables ennemis de bon niveau.

Ce fut au sixième mois que les activités d’escorte cessèrent, tous ayant réuni assez d’argent pour se payer les services de la « Blue Aurora », compagnie mercenaire réputée du royaume de Yuki. Cet ajout colossal fit grimper les effectifs pirates à une soixantaine d’hommes, garantissant un avantage numérique sur les équipages adverses.

Néanmoins Sancho jugea qu’il faudrait bien plus d’entraînement et d’hommes pour se lancer dans les alliances et autres absorptions de compagnies sans risque. Le monde du banditisme marin n’offre pas de place à la pitié. La moindre alliance trop peu rentable finit toujours par coûter à l’un des équipages concernés, lequel fini par engloutir l’autre, via assimilation ou destruction.

La flotte des Princes comportait maintenant deux navires, un petit clipper rempli d’une quarantaine d’hommes et le balagga de Waqar, qui était toujours occupé par sa vingtaine d’hommes. Quelques pertes avaient été à déplorer au cours de l’année, mais l’oriental avait convaincu ses subordonnés de continuer la lutte, en mémoire des disparus.

C’est ainsi que les deux mois suivants furent passés à recruter intensivement des hommes. Lorsque les deux vaisseaux disponibles furent en surcharge évidente, les pirates décidèrent de piller un navire de transport important pour racheter un galion. Les abordages de ce groupe étaient en général rapides et efficace, chacun cachant son visage et épargnant les marchands.

Il était bien sûr crucial de ne jamais tuer les marchands, et même d’éviter autant que possible de piller plusieurs fois le même bateau. La première raison étant qu’une mer mortelle n’était plus empruntée par les commerçants, et rendait la chasse peu viable. C’était en somme un système de quotas, et la raison pour laquelle voler un navire de marchand ne se faisait pas.

Tous réussirent donc ce gros coup sur une galère de transport d’esclaves. La libération des hommes-poissons présent sur le bâtiment leur rapporta une trentaine de ces guerriers marins, fermement décidés à se venger. Pris de compassion et de rage, l’équipage des Princes coula le navire après avoir massacré les transporteurs.

Ce fut donc à l’aube du neuvième mois que les mercenaires et autres renégats achetèrent deux bateaux en renfort, un clipper et un galion. Le total des forces s’élevait désormais à deux cent hommes. Les hommes poissons avaient été répartis sur chaque navire, tandis que la centaine de guerriers recrutés s’était partagé les deux nouvelles acquisitions.

La taille absolument massive de cette nouvelle flotte pirate la rendait malheureusement trop importante pour passer encore inaperçue. La marine tentait de mener des expéditions punitives contre le groupe, qui fut contraint de déménager de leur cachette proche de Maquerty, pour se relocaliser plus au sud, à la frontière entre North Blue et Grand Line.

Plus tranquilles et mieux cachés ici, les hommes purent reprendre leur trafic, doublant leurs effectifs. Passés maintenant à 400 hommes et six navires, alors que Rouge finirait bientôt ses deux années d’enquêtes, Waqar réfléchissait à la façon dont il présenterait la situation à ses hommes.
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MessageSujet: Re: Royal Snake [Download Completed] Dim 29 Sep - 20:04

Deux années entières s’étaient écoulées depuis ce fameux jour. Ce fameux moment où trois hommes avaient décidé de détruire un empire. Waqar et Sancho avaient pu monter leur équipage en ce court laps de temps. Le cortège pirate était constitué de quatre vaisseaux, notamment des troupes mercenaires ou pirates fédérées sous l’aile des deux leaders. Deux clippers et deux galions lourdement armés avaient été apprêtés pour cette petite troupe navale. Chacun de ces navires était à la pointe de la qualité, la meilleure technologie disponible. Ils avaient été construits sur l’île de Maquerty, par les charpentiers du château Redbird.
De nombreuses missions et de nombreuses promesses avaient été faites pour s’assurer de réunir un tel équipage. Il y avait sur l’ensemble des bateaux un total de 450 personnes, soit largement assez pour attaquer la base de Saokan. En effet, tout au long de ces années passées à composer une flotte, les deux associés avaient gardé le contact avec Rouge, leur soutient marine. Ce dernier les avait tenus informés de ses trouvailles via des lettres envoyées par pigeon voyageur.
C’était il y a maintenant 7 semaines que leur allié avait assuré connaître l’emplacement de la base principale où séjournait Saokan. Se trouvant assurés que ce dernier n’en changerait pas avant deux mois, les pirates avaient pris le temps de rassembler une flotte conséquente. La base du mafieux se trouvait sur l’île de la Diluvienne, laquelle était protégée par environ 100 hommes, tous cachés dans les crevasses et autres abris naturels qu’offraient les lieux. Mais l’officier marine avait insisté pour que l’assaut ne soit mené que le jour même où le « Sao Crew » changerait de planque.
En effet ce dernier tournait sur plusieurs îles toutes éloignées dans un ordre défini, accompagné à chaque fois par le navire principal de Kazochi. Arriver au moment opportun rendrait possible l’interpellation légale des deux hommes, ce qui convenait à tout le monde. Arrêter le Shichibukai n’était pas tellement le souhait de tous, mais ce dernier avait officiellement placé bon nombre des hommes de mains, dont disposait son larbin, sous sa coupe. Ceci rendait les hors-la-loi intouchables pour la plupart, protégés par l’autorité gouvernementale, assurant qu’il y aurait toujours un remplaçant disponible pour Saokan si ce dernier venait à disparaitre.
Ainsi, impossible d’embarquer l’un sans l’autre, le terrible corsaire protégeant l’hispanique traître, qui lui-même était le seul lien entre son fournisseur et le monde de l’illicite. C’était un plan affreusement bien rodé, et indéniablement à la mesure malicieuse des deux malfaiteurs.
Rouge avait été promu au rang de vice-amiral, récemment, en récompense de son acharnement à traquer les ennemis de la marine. Ce nouveau statut lui avait permis de faire passer l’équipage de Sancho et Waqar comme une troupe mercenaire, rendant ainsi sa collaboration ave ces derniers légale et rémunérée. Malheureusement, il se trouvait toujours dans l’incapacité de les mêler à une enquête de si grande envergure sans l’autorisation d’un amiral.
Aucune mention n’avait été faite à quiconque de l’implication dont été soupçonné le capitaine corsaire Kazochi, et nul doute que peu de gens souhaiteraient même le défier.
Le jour fatidique était arrivé…
Douze navires s’étaient réunis aux larges des côtes Daliviennes, la moitié était lourdement armées, prête à poursuivre d’éventuels fuyard maritimes, l’autre moitié remplie de troupes. 450 mercenaires et 800 marines, soit 600 troupes terrestres en présence lors de l’attaque. Elles s’opposeraient à 100 gardiens sur l’île, et à peu près 200 hommes sur mer.
Tous les vaisseaux encerclaient déjà les lieux, l’alerte avait donc sûrement été donnée, et deux bâtiments canonniers s’étaient rendus en reconnaissance pour faire le tour des environs. Le but était de s’assurer que Kazochi viendrait quand même escorter son bras droit. Pour lui éviter de penser que la marine en avait après lui, les navires avaient été dépossédés de leur drapeau, donnant l’apparence à la flotte d’un regroupement mercenaire hostile.
La base n’était que légèrement défendue, de trop grandes installations auraient rendue celle-ci excessivement visible et donc inutile. Les premières troupes débarquèrent au nord et au sud de la Dalivienne, Waqar menant les troupes tandis que Sancho supervisait via den den mushi, posté sur un des clippers.
L’île était un rond parfait de trois lieues de diamètre, aux côtes hautes et escarpées, rendant le débarquement très difficile, et dont le cœur se renfonçait, donnant l’impression que la terre avait été vrillée. La configuration de l’endroit rendait tout espionnage via longue vue, à partir des bateaux, impossible. Depuis le sommet des montagnes qui formaient les bords de l’île, il était néanmoins possible de constater qu’une forêt gigantesque entourait un grand château de pierre.
La logique voulait que Saokan se cache dans cet énorme édifice, et l’oriental mena donc ses hommes jusque dans la forêt. En l’espace de quelques minutes, une vingtaine d’hommes apparut devant le guerrier, dont les yeux se remplirent d’une rage contrôlée.

« Que le jeu commence. » Grogna le combattant bleu.

Sans plus perdre de temps. Il se jeta vers eux, concentrant son fluide dans sa paume pour frapper dans le vent. Celui-ci créa une véritable bourrasque, tant le coup était rapide et puissant. Avec souplesse, l’homme sauta, envoyant son pied sur le crâne d’un des mercenaires, et continuant ainsi de tête en tête, pour passer par-dessus le groupe.
Ses membres d’équipage, quant à eux, profitaient de la confusion pour frapper à l’épée vers le tas de bandits. Lui continuait seul sa traversée, sachant très bien que lui et Saokan étaient les deux plus puissants sur cette île, et donc les deux seuls aptes à vraiment changer le cours de la bataille. Par conséquent il devait éliminer le traître avant que ce dernier n’ait la chance de contre-attaquer.
Sa course était parfois interrompue par divers subordonnés qu’il dépassait ou frappait en vitesse, sans jamais stopper sa course.
Bientôt, il arriva en face de la résidence aux allures de château où Saokan préparait sûrement une contre offensive…

Le moment fatidique… Concentrant toute son énergie, le guerrier fracassa la porte d’entrée d’un coup de pied puissant. Il pénétra dans le château d’un pas lent, méfiant. Son regard scrutait avec attention la grande salle principale. Tout semblait vide, comme ci Saokan avait envoyé toutes ses troupes se battre sur le front.

Dans le silence absolu, un bruit de claquement métallique se fit entendre. Le combattant bleu ferma les yeux un moment, réfléchissant à peine un dixième de seconde, le temps qu’il lui fallait pour activer son fluide. Sa maîtrise laissait encore à désirer, mais nul doute que ce ralentissement du temps provoqué par la montée d’adrénaline l’aiderait à éviter une attaque surprise.

La vue toujours teinté de ce calque bleuté, il observa les alentours pour ensuite courir à toute allure vers les marches menant jusqu’au premier étage. Un deuxièmement claquement se fit alors entendre dès que Waqar eut posé le pied sur le sol de l’étage supérieur.

Par reflexe, il évita alors une balle tirée dans sa direction, alors que l’ombre révélait son adversaire…

« Waqar. Khhhh… Qui aurait pensé que tu serais derrière toute cette petite mise en scène ? » Dit Saokan dans un grognement, les sourcils froncés. « Tu me voles mon dû, et tu as le culot d’essayer de m’attaquer après tout ce que j’ai fait pour toi… Fils de pute. » Insulta-t-il.

« Tu passeras le bonjour à ma pute de mère dans l’au-delà. » Se contenta de répondre l’homme.

Il s’élança rapidement, esquivant deux tirs, pour envoyer son poing cogner le visage de l’ennemi. Malheureusement, il ne pouvait pas encore utiliser son fluide à la fois en attaque, en déplacement, et en défense. Ainsi il avait opté pour augmenter sa vitesse, sa résistance et sa puissance restant au même stade.

Le coup avait touché et jeté le blond au sol, son arme tombant au passage. En une roulade, Saokan chercha à récupérer le revolver, que son ennemi détruisit en un seul coup de pied. Roulant de nouveau vers l’arrière, l’hispanique sortit deux couteaux de sa veste jaune et les jeta vers le pirate.

Ce dernier repoussa rapidement les deux du plat de la paume, les déviant sur sa gauche. Le combat semblait étrangement inégal, comme si la réputation de guerrier surpuissant que s’était forgée le mafieux n’était qu’un mythe.

L’homme en question bondit d’ailleurs vers son opposant, attaquant depuis le haut pour le surprendre. Esquissant un sourire arrogant, le guerrier bloqua le hammer-punch de l’ennemi et lui frappa violemment l’estomac de son pied droit, tendu raide vers le haut.

Profitant du cinétisme de l’action précédente, le combattant bleu rabattit sa jambe vers le sol, claquant une novelle fois Saokan sur les pierres du château. Le blond semblait déjà essoufflé, accentuant l’impression qu’il n’était pas du tout à la hauteur.

Mais quelque chose d’incompréhensible se produisit alors, et le criminel de South Blue se retrouva alors happé par le sol, disparaissant totalement.

Il y eut une dix secondes d’accalmie, de silence complet découlant de la stupeur. Puis un choc, le sol pavé qui séparait le rez-de-chaussée et le premier étage vola en morceaux, ne laissant apparaître que le poing du mafieux qui vint frapper le menton de son adversaire.

Waqar fut alors projeté en l’air, à un mètre du sol, avant de ne recevoir un coup de pied chassé dans le ventre, qui l’envoya trois mètres plus loin, au sol. Il n’avait pas particulièrement mal, mais il était surtout complètement incapable d’expliquer ce qu’il venait de se passer.

Cette déconcentration sapa son fluide, le rendant inutilisable. Ses yeux fixaient Saokan avec étonnement. L’oriental voulait parler, mais impossible d’émettre le moindre son, il en avait le souffle coupé. Son seul indice, dans l’état actuel des choses, était le caractère unique de ce qu’il venait de se passer.

Nul doute que c’était l’œuvre d’un fruit du démon, mais quel était son pouvoir ?

« Tu te demandes ce qu’il se passe, Waqarrr ? » Demanda le criminel avec amusement, la main gauche posée sur sa taille. « La raison pour laquelle tu es plus puissant et rapide que moi… C’est que je n’ai jamais eu à développer le fluide, car mon pouvoir est bien trop puissant pour que j’aie besoin de pathétiques tours. » Jugea-t-il, un air arrogant flanqué aux lèvres.

Il se saisit alors d’un couteau qui trônait à sa ceinture, et le jeta vers son adversaire en train de se relever. Néanmoins ce dernier pu l’esquiver, et afficha un grand sourire à son tour.

« Tu ne comprends pas. Je vais te battre. » Grogna l’oriental, déchainant alors une furie de coups de poings vers son ennemi.

Mais ce dernier se contenta d’avancer et, comble de la surprise, passa à travers les coups, comme un fantôme. Le guerrier bleu s’arrêta de frapper et recula d’un pas, encore plus choqué qu’auparavant. Il venait de donner trente coups en quatre secondes, impossible d’esquiver à une telle vitesse.

Le traître sourit alors et envoya un mawashi-geri sur le bras gauche de son ancien employé, le faisant pencher sur le coté droit pour ensuite le frapper au visage d’un jab sec. Waqar mangea le coup de plein fouet, mais réagit aussi vite, balayant les jambes de son ennemi.

Encore une fois, le coup passa à travers. Mais l’oriental était surtout en train de jauger la nature du pouvoir ennemi, et n’en tint pas compte. Pris d’un élan d’énergie, il enchaîna crochets et directs dans un ordre précis et avec un timing parfait. De même, aucun des coups ne semblait connecter.

Sauf son dernier coup de poing, qui toucha sensiblement Saokan à l’épaule. Ce dernier grogna et profita de l’épuisement occasionné pour tirer le pirate par le bras et l’envoyer vers les rambardes de l’escalier qu’il avait précédemment monté.

Waqar avait calculé cette fois, sa série de coups avait duré six secondes exactement. Il n’était pas encore certain de la manière dont cette information devait s’utiliser, mais nul doute qu’il lui faudrait s’en rappeler.

Il attrapa la rambarde et s’y appuya pour se relever. Mais alors même qu’il plaçait le poids de son corps sur cette dernière, elle devint comme intangible. Il passa à travers, malgré qu’il la voit encore clairement.

En tombant vers le rez-de-chaussée, il pu remarquer que la main nue de son adversaire était posée sur la fameuse pièce de bois à laquelle il s’était lui-même tenu.

Le pouvoir de Saokan commençait maintenant à lui paraître clair, mais il ne pouvait tirer de conclusions trop hâtives pour le moment. Alors que ses pensées filaient, il percuta le sol avec violence.

Par reflexe, le combattant roula au moment de sa chute, amortissant le choc et s’assurant d’être disponible pour combattre immédiatement. Il n’était pas tombé de plus de six mètres, mais avec l’effet de surprise et l’absence de Haki, cela aurait pu lui faire relativement mal. Le regard fier, mais teinté d’indécision, il observa son rival. Ce dernier souriait malicieusement, sa main s’ôtant délicatement de la rambarde.

Beaucoup de gens avaient tendance à prendre Waqar pour un imbécile uniquement doté de puissance. Sa force brute importante lui assurait de ne jamais vraiment avoir à se donner stratégiquement pour un combat. Mais le moment était venu pour lui de changer cette habitude. Le pouvoir de son ennemi était clairement extrêmement puissant, et il faudrait bien trouver un contre.

L’oriental tenta de regagner sa concentration, longeant l’escalier au pas de course pour tourner brutalement, de sorte à se retrouver face au blond. Il le pointa du doigt, un air sérieux au visage.

« Je ne sais pas si ton pouvoir est si puissant que ça, mais je vais t’exploser. » Dit-il avec arrogance.

A ces mots, il déclencha de nouveau cet état de semi-maîtrise de son fluide, bondissant toute la rangée de marches alors que son pied tournoyait. La jambe vint frapper l’homme vêtu de jaune, passant de nouveau à travers. Mais l’oriental avait prédit ceci, en sautant de manière à ce qu’une dématérialisation de son ennemi lui permette d’atterrir convenablement deux mètres derrière lui.

Le mafieux se retourna promptement. Il s’était écoulé deux secondes depuis l’activation de son intangibilité. Mais au lieu d’attaquer un adversaire de dos et penché à cause de son saut, il se contenta d’avancer. Sans attendre, le combattant bleu lui balaya les pieds. Ce balayage avait pour but de vérifier un détail. Waqar souhaitait déterminer si son opposant était en mesure de rendre intangible juste une partie de son corps.

En effet, le coup du combattant buta sur les chaussures de son rival, lequel se mit à rire. C’était la quatrième seconde. Le pouvoir de l’ennemi commençait à devenir clair. Un sourire naquit sur les lèvres de l’oriental, qui se releva doucement et arma son poing pour un uppercut.

La droite partit avec une violence tangible, tant le fluide du combattant se trouvait sollicité. Visiblement apeuré, le blond esquiva d’un mouvement de tête vers l’arrière. Néanmoins, il afficha de nouveau un sourire moqueur, comme pour établir sa supériorité.

« Même ton fluide ne peut m’atteindre. » Dit-il avec amusement.

« Tu peux utiliser ton pouvoir pendant 5 secondes. Intangibilité. » Répondit le guerrier avec calme, un sourire narquois aux lèvres.

Un souffle s’échappa de la bouche de Saokan, qui recula légèrement, fronçant les sourcils. Puis, il émit un grognement et frappa le sol de sa main droite. Waqar, encore incertain du fonctionnement, le laissa faire. En un instant, il passa à travers le sol, se retrouvant à l’étage en dessous.

Il avait atterri dans une pièce qui ressemblait vaguement à un genre de cuisine. Un four gigantesque à braise trônait dans un coin de la salle, près de la porte. Divers couteaux trainaient sur les tables, et des casseroles remplies d’huile étaient éparpillées un peu partout. Le sol était fait de bois, et les murs de pierre, seule une fenêtre située à proximité du fourneau.

L’oriental eut alors une idée qui pourrait sans doute l’amener à la victoire si il parvenait à comprendre un peu mieux le pouvoir de l’hispanique. Concentrant son énergie, il sauta tout en frappant du poing vers les airs. De la même manière que son ennemi auparavant, il atteignit le premier étage en défonçant une partie du sol.

Dès son retour en scène, le combattant à la casquette envoya un coup de pied direct de sa jambe droite. Pas de surprise cette fois non plus, Saokan se dématérialisa. Discrètement, Waqar arracha une des petites chaînes de son manteau, et continua son enchaînement en la cachant dans son poing.

Alors que les cinq minutes furent passées, le blond ne put esquiver un coup du plat de la main sur son bras. En réalité cette attaque visait surtout à enrouler la chaîne autour du poignet de l’homme, qui ne s’en rendit pas compte.

La petite chainette tenait sur sa peau nue, au niveau de sa main gauche. Trop occupé à combattre et esquiver, Saokan ne l’avait pas remarquée. D’après les expériences de l’oriental, il fallait un délai de deux secondes avant que son ennemi ne puisse se dématérialiser de nouveau.

Il recula ainsi en évitant les quelques coups lancés par le blond. Dès que la troisième seconde eut sonné, il tenta d’asséner un hammer-punch à son adversaire qui se dématérialisa. Immédiatement après, le combattant lui écrasa le pied, et le coup porta.

L’esprit vif de Waqar le poussa à afficher un sourire, inconsciemment, car il savait maintenant comment terminer ce combat. Il ne cherchait plus à frapper lorsque son ennemi devenait intangible, et se contenta de sauter par-dessus les escaliers pour redescendre en hâte.

Saokan penserait sûrement à une tentative de fuite, et son orgueil le pousserait sans aucun doute à poursuivre son ennemi, qu’il croirait désespéré et vaincu. Mais le pirate ne quitta pas le château, se réfugiant plutôt dans les couloirs du rez-de-chaussée.

Le blond avait, quant à lui, déjà descendu les marches, marchant lentement en direction de son adversaire.

*Il peut se dématérialiser, et dématérialiser tout ce qui est en contact avec sa peau. Il ne contrôle pas le temps durant lequel son pouvoir est utilisable, c’est toujours cinq secondes avec deux secondes de délai entre les utilisations… Il ne dématérialise jamais ses pieds car sinon il passerait à travers le sol… Si je veux le battre alors qu’il fait usage de son pouvoir, je dois l’obliger à se dématérialiser en…* Le guerrier eut tout à coup un véritable éclair de génie.

Sortant de son couvert, le combattant fit face à l’ennemi, déterminé. Tandis que sa rage de vaincre, et sa motivation revenue, son fluide lui revenait petit à petit, sa maîtrise atteignant encore de nouveaux sommets.

« C’est fini pour toi Saokan ! » Cria-t-il avec rage.

« Amène-toi ! » Rétorqua le mafieux en grognant.



Les deux rivaux se lancèrent l’un vers l’autre, chacun y allant de sa droite. Plutôt que de devenir intangible, Saokan tenta une esquive. Conscient qu’il devait passer pour le plus faible des deux, l’oriental le laissa faire et encaissa le coup aux cotes avec difficulté. Son ennemi restait malgré tout quelqu’un de puissant. De plus, le combattant à la casquette ne maîtrisait presque pas l’aspect défensif de son fluide, et ne pas souffrir après un tel coup lui était impossible.

Il toussa, se penchant vers la gauche, après quoi son visage reçu un coup qui l’envoya un mètre plus loin, au sol. Le but de la manœuvre était de leurrer le blond dans un sentiment de supériorité, et l’amener jusqu’aux cuisines. De plus le mafieux semblait avoir repris du poil de la bête, et c’était clairement une bonne chose pour le capitaine pirate.

Le guerrier à la casquette se releva d’un salto arrière, reprenant une posture de combat classique. Sans attendre une seconde, Saokan se jeta sur son ancien subordonné, feintant de frapper pour en réalité lui passer au travers. Il avait bien calculé son coup, se dématérialisant déjà quatre secondes auparavant, de sorte à ce qu’il puisse frapper dans le dos immédiatement.

Néanmoins les reflexes de Waqar lui permirent d’esquiver, attrapant la jambe du blond pour y frapper du coude, après quoi il tapa sur son plexus avec la paume de sa main droite, l’envoyant quelques mètres plus loin. Le seul moyen pour l’oriental de s’en sortir était de frapper intelligemment durant les deux secondes de délai.

Mais il devenait évident qu’allonger ainsi le combat ne serait pas toujours viable. Saokan redoublait d’ingéniosité et nul doute qu’il souhaitait mettre fin au combat rapidement. Ainsi, le combattant bleu décida de changer radicalement de stratégie. Prenant ses jambes à son cou, il entama un sprint impressionnant vers les escaliers menant au premier étage.

« TU FUIS KEIHREDDINE !? » S’écria le mafieux, ponctuant sa phrase d’un rire sadique.

« Ta gueule pauvre con ! » Rétorqua à voix haute l’homme pris en chasse.

Bientôt, les deux hommes se retrouvèrent à nouveau à coté des escaliers. Ils se fixèrent alors, adoptant leur posture de combat respective, tournant lentement l’un autour de l’autre.

« Tu es fini Waqar ! Toi et ce vieux traître de Sancho ! Je vais te tuer, et Kazochi viendra anéantir ta pathétique petite flotte. » Nargua Saokan, un grand sourire aux lèvres.

« Abruti, ton corsaire à deux balles est actuellement aux prises avec deux flottes de la marine, dont une est conduite par le vice-amiral rouge. » Répondit avec calme l’oriental.

Cette phrase sembla profondément perturber le propriétaire du château, qui se jeta sur son adversaire. Appréhendant la dématérialisation traîtresse, ce dernier sauta cinq marches en vitesse, se mettant hors de portée du terrible coup de poing asséné par Saokan.

Le mafieux lança d’ailleurs un regard passablement énervé vers son adversaire. Waqar se contenta de sourire, faisant signe à son ennemi de venir si il se sentait de taille. Ce geste acheva d’énerver le combattant vêtu de jaune, qui courut à la poursuite de l’oriental.

Finalement, les deux hommes arrivèrent de nouveau à l’endroit où ils s’étaient précédemment battus. Deux trous de taille moyenne se trouvaient dans le sol. Le guerrier bleu identifia immédiatement le plus proche de la rambarde comme étant celui qui menait aux cuisines. Il y sauta sans plus attendre sous les yeux étonnés de son ennemi.

Ce dernier y tomba quand même, dématérialisant le sol. Les bras croisés, il observa les lieux avec attention. Waqar lui faisait face, un sourire en coin, une casserole à la main.

« Tu comptes me cuisiner un petit plat pour te rattraper, Keihreddine ? » S’amusa Saokan, haussant les sourcils.

« Si seulement tu réfléchissais un peu, tu comprendrais. » Répondit Waqar en souriant plus que d’habitude.

Sans plus attendre, l’homme jeta le contenu de l’ustensile sur son adversaire, qui fonça vers lui, enragé. Avec une rapidité incroyable, l’oriental se saisit d’un autre récipient, rempli d’huile, et envoya de nouveau le liquide contre Saokan. Néanmoins ce petit cinéma rendait le blond de plus en plus agressif, et il finit par asséner un coup de poing violent dans le ventre de son opposant.

Le saisissant alors par les épaules, il le jeta à l’autre bout de la pièce, près de la porte, fonçant de nouveau vers lui. Un coup de genou vint frapper le visage du guerrier adossé contre le mur, lui endommageant salement la bouche et le nez. Il toussota une gerbe de sang et roula rapidement sur le côté pour esquiver un chassé qui détruisit la pierre même de la salle.

Pourtant, Waqar se mit à rire, un rire franc et qui témoignait de son soulagement. Ceci énerva d’ailleurs grandement Saokan, qui tenta de lui asséner un coup de poing tandis qu’il se relevait.

Mais, dans un geste d’une précision et d’une puissance colossale, le pirate stoppa l’attaque, tenant le poing fermé de son rival dans sa main. Il le regarda avec amusement et recula d’un bond, frappant dans le grand four qui se trouvait non loin.

Les flammes s’en échappèrent. Elles étaient peu intenses, mais les braises qui les alimentaient étaient chaudes comme l’enfer. Waqar frappa une nouvelle fois dans le four, éparpillant les morceaux ardents de charbon partout sur le sol.

« Tu te dématérialise en même temps que ce qui touche ta peau, n’est-ce pas ? Tu ne pourras esquiver la brulure avec toute cette huile sur toi, même en devenant intangible. » Expliqua le guerrier bleu.

« Waqar… ENFOIRE ! » S’écria le mafieux.

Saokan regarda en arrière, cherchant à s’enfuir par la porte, mais le feu qui s’était précédemment échappé du gigantesque fourneau avait enflammé le sol, l’huile qu’avait trainé le mafieux ayant aidé le bois à s’enflammer.

Décidant d’emporter son ennemi avec lui, tandis qu’il commençait à brûler, l’hispanique fonça vers Waqar une dernière fois.

« RAIL GUN ! » S’exclama avec puissance l’oriental, son index pointé vers Saokan.

Cette technique, il l’avait développée dans l’espoir d’achever un jour le traitre avec. En arrachant un maillon de chaîne sur son manteau, il avait récupéré un petit morceau de métal. Grace au fluide, il pouvait taper dedans de l’index, assez fort pour le propulser à une vitesse effarante.
Le petit morceau transperça le crâne du blond, qui s’écroula au sol, son corps recouvert de flammes.

Sans plus attendre, le survivant fila par la fenêtre située derrière lui, pour ne pas être dévoré par le brasier qui allait s’emparer du château vide.
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MessageSujet: Re: Royal Snake [Download Completed] Mar 1 Oct - 2:27

Tu me dis quand tu aura finis ^^
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MessageSujet: Re: Royal Snake [Download Completed] Mar 1 Oct - 20:01

Bon bah comme demandé je te valide.  

Alors je l'avais déjà lu l'histoire donc ouais je pense qu'il n'y a rien a dire et qu'il n'y aura pas de personne contre.

1000 PF !

Grade je t'augmente de un tu n'est pas courtier mais messager.

La prochaine fois mets des couleurs stp ^^
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MessageSujet: Re: Royal Snake [Download Completed]

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Royal Snake [Download Completed]

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