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Heizen, chasseur de primes.

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MessageSujet: Heizen, chasseur de primes. Dim 20 Oct - 12:40



One Piece Héritage
Fiche de présentation



Heizen







Nom : Inconnu
Prénom : Heizen
Surnom : "Le petit vieux"
Age : 25 ans
Race : Humain
Lieu de Naissance : North Blue
Camp : Civil
Fruit du Démon ou Arme : Katana (de bonne qualité)
Profession : Chasseur de prime
But : Détruire le One Piece pour rétablir la paix (Cf. histoire et caractère)
Autres : Adore les poires au chocolat.



~ Caractère / Physique

Physique:
Heizen est d’un physique assez commun pour son âge, en dehors d’un léger détail. Il arbore déjà  des cheveux entièrement blancs, en permanence ébouriffés, et des yeux d’un bleu pale perçant. Mis à part cette extravagance, on ne lui dénote pas de traits extraordinaires. Il est d’une taille et d’une corpulence dans la norme, ainsi que d’une musculature descente au vu de ses nombreuses heures à pratiquer le Kendo ou à labourer les champs.

Son visage aux traits fins ne laisse que très rarement transparaitre des émotions vives. Sa peau glabre ne s’est jamais embarrassée d’une barbe, ni même d’un quelconque duvet. Ajouté à son air parfois peu attentif, il est donc facile de le confondre avec quelqu’un de bien plus jeune.

La plupart du temps il semble perdu dans ses pensées, à la limite du calme religieux.  Néanmoins, ses yeux compensent largement son inexpressivité qui, apparemment, peut finir par taper sur les nerfs. Il suffit d’un coup d’œil pour connaitre son état d’esprit : calme comme l’eau qui dort, ou tumultueux comme le raz de marée près à vous engloutir.

De par son éduction et ses moyens, il ne peut pas s’offrir des vêtements hors de prix ou tape à l’œil. Ses gouts ont naturellement évolués vers les tons sobres, tels que les nuances de gris ou de blanc, ainsi que la couleur bleu.


Caractère:
D’un naturel réservé, très calme et respectueux, Heizen est de prime abord difficile à cerner. Il est ardu de gagner sa confiance, tant il a perdu foi en l’Homme. Pourtant, il cherche à se prouver qu’il a tort, que certaines personnes, peu importe leurs origines ou leur camps, recherchent la justice, l’harmonie et non l’assouvissement de leur soif de pouvoir sous de faux semblants.

Paradoxalement, il suffit d’un peu d’humour pour que son rire communicatif retentisse. On peut même dire qu’il est très bon public ! Il peut tout à fait plaisanter et renchérir blague sur histoires cocasses, sans pour autant perdre de vue que son interlocuteur essaye peut être de le rouler.

Les personnes à qui il accorde son entière confiance sont témoins de sa générosité et de sa dévotion. Il est prompt à aider, sans jamais rien attendre en retour.

Rares sont les occasions où Heizen laisse ses émotions prendre le dessus. Habitué aux injustices et aux traitrises depuis son jeune âge, il peut garder son sang froid dans de nombreuses situations. Néanmoins, même le plus fin comique peinerait à lui arracher un sourire lors d’une de ses colères noires. Lorsque, non content de brutalité et de sournoiserie, les hommes s’adonnent à la barbarie ou à des actes cruels, sa lame devient incontrôlable.

Heizen est agnosthique, bien qu’élevé par un homme très pieux. Il admet que certains événements ne peuvent être expliqués par la logique pure. Il ne remet pas non plus en question l’existence d’une entité supérieure qui pourrait orienter l’histoire, mais ne veut pas entrer dans le carcan d’une religion. Cela ne l’empêche pas de s’adonner à la méditation ou de réciter quelques prières enseignées par son père adoptif. Il les considère plus comme des « porte chance », ou une manière de se rassurer, que comme un vecteur de force divine.


Résumé des motivations :
Elevé par un homme franc et pieux, ainsi que par une femme forte et aimante, Heizen a acquis un sens de la justice très poussé. Il n’éprouve pas franchement de joie à l’idée de se battre, mais refuse de laisser passer une infamie, de la part de qui que ce soit. Chaque jour, il s’adonne à la méditation et récite les rares prières que son père adoptif lui a enseignées. Bien qu’il ne pense pas qu’un quelconque Dieu, ni même Bouddha, n’aidera les Hommes.

En effet, lorsqu’il se pencha sur l’histoire il découvrit une réalité qui le glaça : la nature humaine. Peu importe le camp dans lequel ils évoluaient, il lui avait semblé que les Hommes, de tout temps, n’apprenaient pas. A travers les âges, ils avaient tous convoité le pouvoir, la domination d’autrui pour tel ou tel idéal.

Peu à peu, de méfiance à l’égard de ses semblables, il en est venu à les craindre sans pour autant les haïr. Si tous les hommes succombent à la tentation, à un moment ou un autre, n’y est il pas condamné lui aussi ? La question qui le hante depuis, est de savoir où et quand il flanchera.

Mais avant cela, il s’est juré de détruire l’objet qui cristallise toutes les pulsions animales des Hommes. La raison pour laquelle les pirates prennent chaque jour la mer, pillent, massacrent sans distinction et gagnent en puissance. Ce à cause de quoi les marines, sous prétexte de leur « Justice » tuent inconditionnellement tout homme ayant hissé un drapeau à tête de mort, sans parfois se soucier des dommages collatéraux ou des sacrifices par lesquels passer. Sans parler du gouvernement, qu’il soupçonne d’être en réalité le machiavélique chef d’orchestre d’une symphonie macabre. Et, logiquement les révolutionnaires ne font pas exception à la règle ; ils sont la faction qui tente de détruire toute la partition, espérant que cela amènera un monde meilleur.

Oui, Heizen rêve d’une seule chose, plus que tout autre : détruire le « One piece » !

( Note Hors RP : Et ouais ! Je viens mettre du boxon ^^)


~ Histoire de votre personnage


Ante-scriptum : J’ai écrit au fil de l’inspiration et je me suis peut être un peu trop emporté au niveau de la longueur. Ce qui explique sûrement mon retard par rapport à ce que j’avais annoncé ^^. Si c’est un problème je m’excuse d’avance !

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Tout commença par un cri. Tout d’abord ténu, dilué par le tumulte du vent, emporté par la neige, il passa inaperçu.

Cependant, de part leurs conditions de vie difficile, les habitants du royaume de Yuki acquièrent tous très rapidement une ouïe fine. Quelques secondes pour se cacher avant qu’un dragon céleste ne parvienne à son niveau font toute la différence entre la vie sauve, ou une mort expéditive. Comme les geignements persistaient, un homme finit par y prêter attention.

Kuwari Shise était un homme franc et pieux. Il se refusait à délaisser son prochain ou à ignorer la souffrance d’autrui ; un caractère rare lorsque la menace d’un descendant des rois du monde plane sur votre vie. Une fois de plus, confronté à des pleurs incessants, il laissa tomber sa hache contre le tronc qu’il découpait et avança pas à pas dans la direction des cris. Tandis que le crissement de ses pas s’atténuait sous le souffle du blizzard, il s’attendait à trouver un homme blessé voire mort, attaqué par les loups ou Djonk, le maitre de l’ile. Aussi, lorsqu’il trouva un tout jeune garçon à genoux au dessus d’une silhouette ensanglantée, son cœur se serra.

Il s’approcha sans prendre la peine de cacher son arrivée, afin de ne pas surprendre le petit. Celui-ci se retourna d’un bloc et le fixa de ses prunelles azures. Le spectacle glaça le vieil homme bien plus que la neige. La femme au teint bleui, étendue aux pieds du gamin, était morte d’une balle en pleine tête. Ses yeux vitreux semblaient fixer le ciel et ses mains d’albâtre étaient recroquevillées, telle une dernière prière. L’enfant le fixait toujours, de ses deux grands yeux bleu pale. Si ces derniers criaient sa tristesse, le visage de l’enfant était un masque inexpressif.

Kuwari frissonna. Il se racla la gorge avant de dire d’une voix douce :

– Viens, gamin. On ne peut plus rien pour elle, Dieu l’a accueillie dans sa demeure. Je vais te ramener chez toi. Où est ton père ?
– Le Tenryuubito… commença-t-il avant que sa voix ne se casse.
– Là, reprit Kuwari, comprenant très bien ce que cela signifiait. C’est fini. Je vais te ramener au village, te donner des couvertures et un bol de soupe chaude. Tu vas geler sur place si tu reste ici. Viens avec moi.

L’enfant tourna la tête vers sa mère, puis regarda à nouveau le vieil homme. Ce dernier ne s’étonna pas de cette réaction.

« Il est totalement perdu et traumatisé. Pas surprenant… », soupira-t-il intérieurement

Sans geste brusque, Kuwari s’approcha de l’enfant et mis un genou à terre pour se porter à sa hauteur. Il lui posa une main emmitouflée sur l’épaule et repris d’une voix calme :

– Il va falloir être fort, mon garçon. Tu ne peux plus rester là. Allons, viens. Comment tu t’appelles, bonhomme ?
– Heizen, répondit le garçon à mi-voix.
– Très bien, Heizen. Tu es un petit garçon très courageux. Je vais te ramener au village. Je m’occupe de tout.

Après un dernier regard en arrière, le gosse finit par prendre la main gantée que le vieux lui tendait et se laissa guider sans plus poser de questions. Leurs pas les éloignèrent du cadavre sous les rafales de neige. Peu à peu, le grand manteau blanc qui s’étendait à perte de vue sur le royaume recouvrit un nouveau corps.

Heizen se réveilla en sursaut, trempé de sueur. Il regarda autour de lui et reprit ses esprits peu à peu. Les murs épais de pierre et de bois de sa chambre le rassurèrent. Ce n’était qu’un rêve. Un souvenir vieux de presque vingt ans, mais il était tenace. Il revenait le hanter lorsqu’il s’y attendait le moins.

Le jeune homme se leva et se dirigea vers la fenêtre. Il l’entrouvrit et un vent froid s’engouffra dans la pièce. Le soleil était déjà levé, pourtant l’air ne se réchaufferait pas avant un moment, lorsque l’astre atteindrait son zenith. Il en allait ainsi sur cette ile hivernale. Les saisons alternaient bien, mais elles étaient bien plus courtes que le grand froid.

Comme chaque matin, Heizen se leva et entreprit de se laver rapidement. Il s’habilla d’un simple pantalon noir et d’une chemise grise, avant d’attraper un chaud manteau et une paire de gants. Ainsi attifé, il sortit de la maison d’un pas assuré. Ses parents adoptifs vaquaient déjà à leurs occupations dans le froid matinal. Il salua son père d’un hochement de tête et accorda une bise à sa mère, avant de se diriger vers le centre-ville.

Tout en parcourant les allées pavées de glace, Heizen leva les yeux vers l’immense barrière qui séparait la ville en deux. La partie où il se trouvait était habitée par le commun des mortels, les habitants, les voyageurs de passage, les marchands et quelques rares marines disposés à assurer leur sécurité. Il connaissait très bien cette portion-ci pour y avoir grandi toute sa vie. Cependant, l’autre côté lui était totalement inconnu. De nombreuses rumeurs circulaient sur la vie que menaient les Tenryuubitos, bien à l’aise dans l’immense palais que l’on devinait malgré la hauteur vertigineuse de la palissade. Heizen n’y avait jamais prêté attention. Tout comme la grande majorité des habitants du royaume, il avait appris très tôt à rester le plus loin possible des nobles mondiaux. Il battit des cils pour en chasser la neige et continua sa route.

Après quelques maisons aux toits clairsemés de stalactites, Heizen arriva finalement devant celle de son maitre, Nobu Takakuro. Il entendit quelques voix à l’intérieur, ce qui l’étonna : il était le seul à arriver si tôt d’habitude. Il s’annonça et fit coulisser la porte. Un spectacle inattendu l’y attendait. Trois hommes à sa droite, lames au clair, faisaient face à son maître et le ton montait rapidement.

– Eh papi, t’es bouché ou quoi ? cria un grand homme couturé de cicatrices. On te dit que le capitaine veut le sabre que t’as à la ceinture ! Il lui servira bien plus qu’à toi !
– Carrément ! rajouta un deuxième, plus petit et au sourire narquois. Un meito parmi les 50 premières lames à rien à faire entre les mains d’un vieux schnoque comme toi !
– Donne le nous bien sagement et on te laissera t’en sortir avec tous tes doigts, surenchérit le dernier en recoiffant ses cheveux crasseux.

Heizen tourna la tête à gauche et constata que, loin de s’émouvoir, son maitre n’avait toujours pas dégainé et gardait les bras croisés. Ses yeux en amande se posèrent un instant sur son élève fraichement arrivé, avant de retourner sur les trois autres.

– Pour des pirates, vous ne manquez pas d’audace, répliqua-t-il calmement. Vous devez certainement savoir qu’un Tenryuubito dirige cette ville et pourtant vous venez me menacer, dans mon propre dojo.
– Ta gueule le vieux ! s’exclama le plus imposant des trois. C’est pas un de ces empafés du gouvernement qui viendra te sauver ! S’tu veux pas comprendre, tant pis pour toi !

Il s’élança alors en hurlant, sabre empoigné à deux mains au dessus de sa tête. D’un geste fluide, le vieux combattant se décala d’un pas sur le côté et esquiva l’attaque maladroite qui finit sur un tatami. Pris par son élan, le pirate perdit l’équilibre et il s’affala à terre lorsque le maitre des lieux lui faucha les jambes. La brute tenta de se relever, mais la pointe d’un sabre lui chatouillait déjà la gorge. Il laissa échapper un petit cri au moment où il s’en rendit compte et recula en rampant.

Ses deux compagnons s’élancèrent à leur tour. D’un simple mouvement du poignet, Nobu Takakuro désarma le premier pirate avant de le frapper à la tête du revers de sa lame. Le troisième larron jura et lança une furieuse attaque dans le dos de son adversaire. Sans même qu’il ne comprenne comment, le bandit retrouva sa lame à ses pieds. Il recula alors sous l’effet de la peur, les yeux exorbités.

– De simples gamins qui agitent leurs sabres en tout sens et se prennent pour des escrimeurs n’ont aucun droit de réclamer une lame d’exception. Disparaissez ! tonna le vieillard d’une voix grave.

Sans demander leur reste, les trois hommes s’enfuirent à toutes jambes. Avant de quitter le dojo, l’un d’eux menaça une dernière fois celui qui les avait vaincus :

– Tu perds rien pour attendre, le vieux ! Notre capitaine va te coller une raclée et prendra ton sabre sur ton cadavre !

Heizen admirait son maître. À presque soixante ans, il restait invaincu. Quelque soit le pseudo bretteur pirate qui le défiait, il s’en tirait toujours sans une égratignure. Même le lieutenant de la base de la marine locale admettait qu’il était le meilleur épéiste du pays.

Son simple kimono blanc, fermé par une ceinture de même couleur, cachait un corps sec et noueux. Ce corps qui recelait une technique au sabre à faire pâlir d’envie tous les bretteurs. Ses yeux noirs en amande semblaient tout voir et anticiper. Sur son crane rasé et tanné par le soleil, une seule cicatrice sinuait pour descendre le long de sa joue droite. Il la devait à un fameux pirate, du temps où il servait dans la marine, il y a de cela trente ans. C’était d’ailleurs grâce à son passé de militaire qu’il pouvait enseigner le Kendo sur l’île. Dans le cas contraire, le Tenryuubito ne l’aurait sûrement pas toléré.

– Comme toujours, tu es bien matinal, Heizen, déclara son maitre tandis qu’il rengainait.
– C’est grâce à vous et à ces entrainements supplémentaires, que je suis devenu assez fort pour protéger les habitants contre les pirates, moi aussi, répondit simplement l’intéressé.
– Haha, espérons que cela ne te serve pas trop souvent ! Quoi qu’un simple enfant de cette ile suffirait bien à se défaire de ces trois là ! Bien, va prendre ton sabre et commençons.
– Ça serait bien plus simple si je pouvais le garder sur moi tout le temps, je pourrais m’entrainer aussi en dehors du dojo…

Tandis qu’Heizen retirait son manteau et ses gants, le vieil homme reprit la parole :

– Nous en avons déjà discuté, Heizen. Le dragon céleste Djonk ne veut pas en entendre parler. Il est convaincu que laisser les habitants porter des armes serait un pas sur le chemin de la révolte.
– Ce n’est pas vraiment comme si on en avait la possibilité, de toute façon, avec la menace de l’amiral… rumina Heizen tout en attrapant son katana sur un présentoir.

Cette arme était un cadeau de son maitre, reçu lors de sa dixième année d’entrainement au dojo. D’excellente facture, la lame avait été conçue sur mesure par un forgeron d’une autre ile puis importée spécialement pour lui. Le fourreau, laqué en gris sombre, était orné d’une garde et d’une cordelette blanche. Le tout allait comme un gant à Heizen. Nobu Takakuro le tira de sa rêverie :

– Encore en train de grommeler comme un petit vieux ? Bah ! Tu vas finir fripé avant l’heure, asticot !
– Je ne me permettrai pas de répondre, sensei.
– Oh mais tu pourrais déverser ta bile toute ta journée, je suis bien assez maître de moi-même pour ne pas tomber dans le piège. Allez, en garde avant que tu ne te transformes pour de bon en vieux crouton desséché !
– J’ai encore de la marge comparé à vous, sensei.
– Qu’est ce que t’as osé dire, sale gosse ?! Viens donc prendre ta déculotté par le vieux crouton si tu l’oses !

Sans plus attendre, le vieil homme lança le premier assaut. Il dégaina, vif comme l’éclair et fusa sur Heizen. Ce dernier tira sa lame et bloqua de justesse le coup de taille porté à l’aine. Le son de lames s’entrechoquant résonna dans le dojo. Le jeune homme se replaça d’un pas en arrière bien conscient que, comme à son habitude, le vieux marine allait commencer par jouer avec lui. Son maitre ne le fit pas mentir et enchaina par une feinte en haut pour frapper de biais sur la gauche. Heizen para du plat de sa lame et tenta de l’entrainer dans son élan en accompagnant le coup. Son adversaire lut la manœuvre et rétablit son équilibre à temps pour esquiver la contre attaque de l’élève.

Les lames virevoltaient, elles fendaient l’air, piquaient, changeaient sans cesse de direction à la recherche d’une faille dans la garde adverse. Les deux hommes avançaient ou cédaient du terrain au court des différents assauts, enchainaient les feintes et les bottes sans relâche. Heizen esquiva soudain sur la droite un coup d’estoc de son maitre. Il recula d’un petit saut lorsque la lame dévia de sa trajectoire pour tenter de l’atteindre à nouveau.

Les deux épéistes se retrouvèrent en garde, l’un en face de l’autre. Le vieil homme souriait de toutes ses dents. Le jeune restait concentré, prêt à réagir au moindre changement d’attitude de son ainé. Le moment de flottement se prolongea. Ils ne se quittaient pas des yeux, livrant un duel d’endurance : le premier qui flancherait laisserait une ouverture à l’autre.

Au bout de quelques instants, Heizen craqua et glissa son pied de quelques centimètres en avant. Le vieux ne bougea pas d’un pouce. Il se contenta de le toiser de son regard de plomb. L’élève se sentit peu à peu écrasé par la présence de son maitre qui semblait prendre des proportions de géants. Les secondes passaient, longues et poussives, mais le vieil homme restait de marbre, comme figé dans un éternel sourire. La respiration d’Heizen se fit plus laborieuse. Son champ visuel s’étrécissait lentement. Maintenir le contact devenait de plus en plus difficile. Ses yeux n’aspiraient qu’à quitter cet étau mais, il le savait, le maître le verrait et en profiterait !

Heizen cligna des yeux et prit une grande inspiration afin de se concentrer. Il sentit instantanément une piqure sous sa gorge.

– Une seconde d’inattention et tu es mort, mon cher disciple.
– Je me fais toujours avoir lorsque vous faites ça, sensei. Je ne vois pas comment m’en sortir ! s’indigna Heizen en remettant sa lame au fourreau.

Le maitre rengaina, absorbé par ses pensées, avant de s’écrier d’un air moqueur :

– Haha ! Le vieux crouton a encore un ou deux tours dans sa manche, hein ?
– Et vous dites que vous ne pouvez pas encore m’apprendre cette technique ?
– C’est parce que tu n’as aucun talent, c’est évident ! pouffa-t-il.

Heizen soupira devant l’excentricité de son maitre. Néanmoins, il avait finit par s’y habituer, voire même à apprécier les petites fantaisies auxquelles se livraient l’ancien marine. Il s’apprêtait à répondre lorsqu’on frappa à la porte. Cette dernière coulissa et laissa apparaitre un homme brun arborant une petite moustache. Il portait un uniforme d’officier et n’y alla pas par quatre chemins :

– Nobu Takakuro, je suis l’adjudant-chef Tsunashi Mura, j’aimerais m’entretenir avec vous.
– Enchanté. Je vous écoute, officier.
– En privé, monsieur, ajouta le marine en jetant un regard à Heizen.
– Je suis un simple civil, officier, et vieux qui plus est ! Je ne pense pas avoir quoi que ce soit à cacher à mon premier disciple. Même si c’est un bon à rien notoire ! ajouta le vieil espiègle en me donnant un coup de coude appuyé d’un sourire.

L’intéressé ne répondit pas à la boutade, intrigué par le ton préoccupé de l’adjudant-chef. Ce dernier reprit d’un air toujours aussi sérieux :

– Très bien, je n’ai pas le temps de rentrer dans votre petit jeu aujourd’hui. Nos troupes ont repéré un navire pirate dans une baie au Nord de la ville. Il serait de bon ton de renforcer la sécurité.
– Oh ! Eux ? Ne vous en faites pas, officier, de simples gamins qui brassent de l’air et jouent au pirate.
– Je ne crois pas, monsieur. Suite à de rapides recherches, il se trouve que le capitaine du vaisseau est un criminel recherché. Un bretteur du nom de Nishi Kurono, alias « le corbeau », dont la prime s’élève à 26 millions de Berrys ! Je vous demanderais de ne pas le sous-estimer et je vous incite à me suivre pour renforcer la sécurité.
– J’ai bien peur de ne pas vous comprendre, officier. Ce Dojo est au centre de la ville, si je suis à ce point indispensable à la défense de l’ile, je peux gagner rapidement d’ici n’importe quelle parcelle…
– Nous parlons ici de la sécurité de Djonk-dono, monsieur. La priorité du gouvernement mondial est de veiller à l’intégrité physique et morale de ses nobles. Vous n’êtes plus un marine, mais mon supérieur espérait que vos anciens vœux sauraient se rappeler à vous, afin d’assurer vos devoirs.
– Mes devoirs… Je vais te dire ce que sont les vrais devoirs d’un marine, gamin ! grinça tout à coup le vieil homme. Ce noble mondial ne sera jamais touché par un pirate. Ils ont beau se comporter comme des sauvages, ce ne sont pas des inconscients ! Ils ne prendront jamais le risque d’attirer l’attention d’un amiral du QG. Les seules cibles d’un éventuel pillage seront les villageois de cette partie de la ville ! Vas donc rapporter ça à tes supérieurs !
– Monsieur… commença à répliquer l’officier.
– La discussion est close, asséna-t-il d’une voix sans appel. En temps que civil, ma priorité est celle que je me fixe. Mais vous, les gars, continuez sur votre lancée. Vous m’avez l’air tout à fait compétent.
– Ceci est un outrage !
– Ah ah ! Que veux-tu que ça me fasse, blanc bec ? Tu crois que c’est ton uniforme ou ce précieux dragon céleste qui te sauveront si les pirates débarquent ? Ecoute ce vieux crouton et renforce la sécurité de la ville !
– Le lieutenant sera navré d’apprendre ceci, monsieur, déclara le marine avant de faire volte face.

Lorsqu’il fut parti, Nobu Takakuro renifla, signe d’un profond mépris chez lui, avant de se tourner vers Heizen.

– Pars rejoindre tes parents et mettez vous à l’abri.
– Oui, sensei. Je reviendrai tout de suite après les avoir conduit en lieu sûr.
– Et pour quoi faire ? lança-t-il, amusé.
– Je ne vois pas l’intérêt d’apprendre à se battre si on ne protège personne ensuite !
– Ah ! Voilà que t’as des trippes maintenant ? Tu feras que de me gêner, asticot, mais si tu tiens tant que ça à te retrouver dans mes pattes, fais comme tu l’entends.

Comme Heizen le saluait et s’apprêtait à sortir, le vieil homme le retint :

– Tu es un bon petit, Heizen, et tu te débrouilles bien au sabre, mais ne tente rien d’inconsidéré. Un pirate qui vaut 26 millions de Berrys n’a rien à voir avec tous les rats d’eau douce que tu as rencontré jusqu’ici. N’engage pas un combat tout seul. Je vais chercher la milice, rejoins-nous ici.

Sur un simple hochement de tête, Heizen attrapa ses affaires et partit en courant rejoindre ses parents. En chemin, il se rendit compte qu’il avait gardé son sabre sans que son maitre n’y trouve à redire, cette fois-ci. Mais, au vu de la situation, cela ne l’étonna pas.

Il coupa la route à une vielle femme sur son chemin, mais ne se retourna que le temps de s’excuser et de la prévenir de l’arrivée des pirates. Cette dernière lui jeta un regard horrifié et s’empressa de répandre la nouvelle. Il repartit et nota qu’une brume s’accrochait peu à peu aux toits de la ville. Il n’y prêta pas plus attention et continua. Le jeune homme arriva bientôt chez lui et trouva ses parents là où il les avait laissés. Son père dépeçait des lapins blancs, tandis que sa mère faisait fondre de la neige. Il leur annonça la nouvelle sans prendre de gants :

– Il faut se mettre à l’abri ! Les marines ont repéré des pirates sur la côte et maitre Takakuro pensent qu’ils vont s’en prendre à la ville.
– Le seigneur dieu nous met souvent à l’épreuve ces temps ci, soupira son père, un grand homme au teint pale et aux cheveux grisonnants
– C’est ainsi que les hommes deviennent fort ! s’exclama sa douce épouse, Numayasu Shise. Arrête de râler et aide-moi à rassembler les affaires, chéri. Vite !

La silhouette élancée de son père disparue dans l’encadrement de la porte. La mère d’Heizen, plus forte de nature mais au visage doux et quelque peu ridé, le suivit rapidement. Le fils resta sur le pas de la porte, scrutant les environs à la recherche d’ombres mouvantes. La tâche se révéla malaisée, car la neige tombait drue et la réverbération du soleil sur le manteau blanc au sol n’arrangeait pas les choses.

Bien habitué au climat de l’ile, Heizen ne resta pas immobile afin d’éviter de prendre froid. La bise lui giflait le visage et sa respiration laissait à intervalles réguliers un nuage de buée, immédiatement éparpillé aux quatre vents. Son cœur battait la chamade en repensant à l’avertissement de son maître.

« Un pirate de 26 millions de Berrys… Qu’est ce que ça a de si spécial ? »

Ses parents réapparurent bientôt, chacun avec un sac sous l’épaule. Bien qu’un noble ait décidé de s’approprier une moitié de l’île, il n’était pas rare que des hors la loi décident de piller la ville basse. Sans trop savoir pourquoi, Heizen était convaincu qu’ils savaient pertinemment que le noble mondial leur faciliterait involontairement la tache en rapatriant la plupart des forces à terres pour sa propre sécurité. Immanquablement, le même scénario se répétait à chaque fois : les villageois devaient se débrouiller seuls. Ils avaient donc développé un certain savoir faire dans l’art de se terrer dans les montagnes avoisinantes.

– Très bien. Je vous accompagne à l’abri le plus proche et je retourne au Dojo avec les autres.
– Ne t’en sens pas obligé, fils. Mon esprit est troublé ces temps-ci. Dieu ne répond plus à mes prières. Je crains pour toi cette fois-ci.
– Ne dis pas de bêtise, chéri ! Notre fiston s’est toujours occupé des pirates avec la milice sans aucun problème ! Ton dieu peut bien faire la sourde oreille ces temps-ci, ne vas pas nous porter malchance !

Habitué à ce genre de dispute, Heizen coupa court à la prise de bec et ils se mirent en route tous les trois vers la grotte la plus proche. Les nerfs du garçon étaient à vifs. Il regardait fréquemment derrière lui, tandis que son père ouvrait la marche en psalmodiant une prière censée leur porter chance. Ils traversèrent la plaine sans aucune difficulté et arrivèrent bientôt au pied d’une montagne. Ils déplacèrent un faux rocher recouvert de neige et libérèrent ainsi l’accès à une cache creusée par les habitants pour ce genre de situations.

– Cachez vous bien, je reviendrai vous chercher lorsque tout sera fini.
– Sois prudent, fils. Je sens qu’une ombre malsaine s’est abattue sur l’ile… Je prierai pour toi.
– Arrête d’être si négatif ! Tu vas finir par attirer le mauvais œil !

Ses parents étant décidemment très en forme, Heizen repartit sans plus tarder. Depuis son plus jeune âge, son père avait tenté de lui inculquer la sainte parole, de lui montrer une voie pacifique à la résolution des problèmes. Il était persuadé que la violence n’amenait que plus de violence, tandis que sa femme, plus pragmatique, avait toujours poussé son fils à pratiquer le kendo. Elle partait du principe qu’il valait mieux savoir se défendre, quitte à choisir de ne pas recourir à la force, plutôt que de s’en remettre les bras ballants à une puissance supérieure. Le résultat dans la vie de tous les jours était donc plutôt tumultueux.

Heizen laissa là ces pensées pour se concentrer sur le moment présent. L’attitude de son maître l’inquiétait, lui qui était d’habitude si prompt à la plaisanterie. Son cœur accéléra de nouveau, tandis qu’une boule d’angoisse naissait au creux de son estomac. Il pressa le pas, non sans jeter fréquemment des coups d’œil aux alentours.

« 26 millions de Berrys… C’est 20 millions de plus que celui de la dernière fois. Mais il existe bien des pirates avec plusieurs centaines millions sur leur tête ! Seulement 20 millions ne devraient pas changer grand-chose. Il s’en occupera sans problème, comme d’habitude ! »

Arrivé à un carrefour, il s’engouffra dans la rue de droite pour atteindre l’artère centrale de la ville. Le son de ses pas était atténué par un brouillard qui s’était peu à peu levé depuis ce matin. La neige surajoutée au phénomène obstruait sa vue, mais il les aperçus tout de même. Il s’arrêta net et s’accroupit au sol. De sa main gantée, il retourna un corps inerte et écarquilla les yeux. La vieille femme qu’il avait prévenue un peu plus gisait à ses pieds, la gorge ouverte de part en part.

Heizen se leva et dégaina sans plus réfléchir. Il promena son regard tout autour de lui et, malgré le brouillard, put juger de l’étendue des dégâts. Plusieurs corps inanimés parsemaient la rue et la neige se teintait déjà de rouge autour d’eux, telle des auréoles écarlates. Plusieurs vitres étaient brisées, des portes avaient été enfoncées et plus le garçon avançait, plus le chaos semblait prendre d’ampleur.

Un coup de feu le tira de sa contemplation stupéfaite. Son sang ne fit qu’un tour et il fonça vers l’origine du bruit. Ses bottes crissaient sous la neige et ses oreilles tambourinaient de plus en plus fort. Alors qu’il se rapprochait du Dojo, des bruits de combat retentirent, ainsi que des éclats de rire et d’autres coups de feu.

Il découvrit une vision d’horreur.

Une quarantaine d’hommes aux mines patibulaires étaient attroupés  en cercle devant le Dojo. Leurs rires gras et les odeurs de poudre et de sang, bien plus prenantes ici, agressèrent les sens d’Heizen. Ils semblaient tous s’amuser et quelques uns tiraient des balles en l’air. Il comprit quelques phrases à l’arrachée :

– Allez capitaine ! Tailladez-lui sa sale tronche à ce vieux con !
– Alors le vioque ? Tu fais plus le malin maintenant !
– Excuse-toi et on te laissera peut être la vie sauve !

Des lames s’entrechoquèrent à un rythme effréné sous les applaudissements des bandits. Soudain, quelqu’un l’aperçut et hurla plus fort que ses comparses :

– Eh les gars, il en reste un autre ici ! Il est pour moi !

Le bougre dégaina et chargea Heizen en riant comme un diable. Il attaqua de front, sans prendre la peine de jauger la force du jeune homme. La gorge du pirate se zébra tout à coup d’un fil rouge qui explosa la seconde d’après en une gerbe de sang. Il s’écroula l’instant suivant, le regard hébété. Heizen serra les dents et, d’un coup sec, débarrassa son sabre du sang de l’homme. La réponse du reste de la bande ne se fit pas attendre :

– Enfoiré ! Il a eu Moriuchi !
– Choppez le, les gars !

Heizen se mit en garde et attendit la charge. Plusieurs pirates le mirent en joue ou firent mine de s’avancer, jusqu’à ce qu’une voix rauque ne retentisse :

– Restez en arrière, bande de crétins ! Profitez du duel du capitaine. J’ai envie de m’amuser, moi aussi !

À ces mots, les truands rangèrent leurs armes, avant de ricaner de plus belle. Ils s’écartèrent pour laisser place à un véritable colosse. Un homme immense au cou de taureau s’avança vers Heizen, l’air menaçant. Ses yeux noirs brillaient d’un éclat mauvais et son sourire jaunâtre fendit sa barbe noire broussailleuse. Il portait une simple tunique noire et un pantalon large de la même couleur, retenu par une ceinture en cuir rouge. Ses cheveux noirs de jais flottèrent au vent lorsqu’il éclata de rire à la vue de son adversaire. De ses énormes bras, il tira de son dos une lame gigantesque avant de la pointer vers Heizen :

– Sale morveux ! T’as peut être eu de la chance en descendant Moriuchi, mais ne t’attends pas à ce que ce soit si facile avec moi !

Derrière lui, les pirates s’esclaffèrent.

– Ça c’est notre vice-capitaine ! Écrabouillez-le d’un seul coup !
– Crève, gamin ! Tu l’auras bien mérité !

Sans crier gare, le mastodonte attaqua d’un coup vertical avec une vitesse inattendue. Heizen plongea sur sa droite pour esquiver. Il se réceptionna à temps pour voir le sol voler en éclats sous l’impact.

« C’est quoi ce délire ?! Pas moyen que j’encaisse ça ! »

Le pirate ne lui laissa pas le temps de réfléchir à une solution et balança sa grande épée en un terrible moulinet pour cueillir Heizen sur sa droite. Le garçon s’accroupi et tenta de parer en biais, afin de limiter la force de l’attaque. Il banda tous ses muscles pour réceptionner, mais la force de son ennemi était encore trop importante. Il fut projeté et boula dans la neige sur plusieurs mètres. Le choc se propagea dans tout son corps et Heizen sentit ses bras trembler. Malgré tout, il se releva et empoigna son sabre d’une main la plus ferme possible.

– T’as des tripes gamins, ça c’est sûr ! le félicita l’homme. Dommage que ça ne suffise pas !

Le pirate s’élança alors en riant aux éclats. Il leva son épée de biais sur la droite. Heizen fléchit les genoux et se prépara. Il n’avait qu’une fraction de seconde pour passer sous la garde de l’homme et frapper. Aucune chance qu’il arrive à rivaliser en force ! Sa seule option était de jouer sur la vitesse.

– Crève ! Crève ! Crève ! Crève ! scandait l’équipage.

Heizen inspira et s’élança à la rencontre du pachyderme. Juste avant qu’il n’arrive à sa hauteur, le garçon piqua sur sa gauche avant de repartir à contre pied sur sa droite. Il entendit la lame s’abattre là où il se trouvait la seconde d’avant. Il fléchit les jambes pour esquiver l’énorme poing de son adversaire lancé à sa rencontre et contre attaqua. Sa lame traça un long sillon dans le flanc du pirate. Mais ce dernier était bien plus rapide que son poids ne le laissait présager ! Il avait accompagné le coup et n’écopa que d’une blessure superficielle, alors que son ventre aurait du s’ouvrir en deux.

La brute hurla de rage et, à peine rétablit sur ses pieds, attaqua derechef d’un furieux coup horizontal. Heizen n’eut d’autre choix que de bloquer. La force de l’homme était telle qu’il fut projeté à travers une vitre et atterrit dans le salon d’une maison attenante. Il se releva tant bien que mal, le corps meurtrit et entaillé de toute part. Son cœur lui martelait la poitrine mais il réussit à garder son calme. Dans l’encadrement de la fenêtre, il vit son adversaire lui adresser un rictus mauvais avant de le charger de nouveau :

– Sale petite fouine ! J’vais t’étriper ! hurla le pirate.

Heizen raffermit sa garde, bien conscient qu’il était malmené dans le combat. Son cerveau était en ébullition. Malgré son énorme masse, son adversaire était aussi très rapide. La force démentielle de cette brute lui avait laissé les bras presque engourdis à force de parer ses attaques. Il remercia le ciel que son sabre, lui, semble tenir le coup. Il étudia rapidement la pièce et aperçut un tapis sur sa droite, ainsi qu’une table et plusieurs chaises derrière lui.

Le colosse enfonça la porte d’un coup de pied. Au même moment, Heizen comprit qu’il n’était pas à son avantage de combattre à l’intérieur. La longueur de la lame de son adversaire deviendrait certes un désavantage pour le pirate, mais un espace limité l’empêcherait d’esquiver correctement ! Il fallait qu’il sorte de là, et vite ! Cependant, l’autre n’était apparemment pas de cet avis. Il chargea et, au lieu de se prendre les pieds dans le décor comme Heizen l’espérait, il balança son arme comme si de rien n’était. Le jeune homme esquiva d’un saut en arrière puis lui balança une chaise au visage. La brute l’écarta d’un revers. Ce réflexe permit à Heizen de passer sous sa garde. Il fila du plus vite qu’il put avant de plonger par la fenêtre. Derrière lui, il entendit le plancher de la maison craquer d’une manière inquiétante sous un nouveau coup.

Le pirate sorti, les narines dilatées par la colère et les yeux injectés de sang. Un de ses acolytes l’interpella :

– Oi, vice-capitaine ! Dépêchez vous de finir ce gosse, le capitaine en a presque terminé avec le vieux !

A ces mots, Heizen senti une goutte de sueur froide lui couler dans le dos. Comment était-ce possible ? Son maître était un ancien commandant de la marine ! Il fallait qu’il mette un terme à ce combat, coute que coute ! Son adversaire cracha par terre et lui lança un regard haineux :

– Fini de jouer, gamin ! J’vais te faire passer l’envie de t’opposer aux pirates !

Heizen ne prêta pas attention à la menace et rengaina son sabre, sans en lâcher la poignée.

– Trop tard pour te rendre ! s’écria le mastodonte en lui fonçant à nouveau dessus.

Comme le vieil homme le lui avait appris, Heizen expira profondément et se concentra sur sa respiration. Il tenta de faire abstraction de sa peur et des signaux douloureux que lui envoyait tout son corps. Le pirate sembla charger de moins en moins vite. Ses traits déformés par la colère apparurent de plus en plus nets. Les bruits du combat de son maître, ainsi que les crissements des pas de son adversaire lui parvinrent plus distinctement. Chacun de ses sens étaient décuplés. Il sentit tout à coup la botte de son adversaire pénétrer dans son ma’ai.

– Crève, connard ! lui intima le pirate.

Le colosse attaqua à deux mains d’un formidable coup vertical. Heizen pivota au dernier moment et esquiva la frappe. Il dégaina instinctivement, bondit et contre attaqua d’une frappe éclair :

– Tenken iaï , Tenshin oushuu, murmura-t-il alors qu’il rengainait d’un geste fluide.

Le pirate écarquilla les yeux lorsqu’il sentit la lame lui taillader le corps. Emporté par son élan, il n’avait pu esquiver, ni même anticiper le coup. Malgré cela, Heizen fut estomaqué par la résistance du corps de cet homme. Lors de ses précédents combats avec des pirates, cette attaque pouvait couper un membre sans soucis. Mais son adversaire s’en sortit avec une profonde entaille sur son côté gauche, de son front à son abdomen. Il tomba néanmoins à genoux sous l’effet du choc.

Alors qu’il allait à nouveau l’attaquer, Heinzen entendit une détonation et un sifflement avant que son épaule ne le brule atrocement ! Un autre coup de feu retendit et il plongea sur le côté pour esquiver la seconde balle.

– Faites-lui la peau les gars ! Il a blessé le vice-capitaine Kurono !

Heizen se releva en vitesse et s’apprêtait à se mettre à couvert lorsqu’il sentit un énorme impact derrière son crane. Il s’envola et s’écrasa contre un mur. Tout l’air de ses poumons s’échappa et il se mit à suffoquer. Il leva les yeux pour apercevoir le vice capitaine se relever, une main sur sa blessure, et empoigner son épée de l’autre. Il le lorgnait d’un air haineux et semblait bien décidé à lui faire payer. Derrière lui, les autres pirates se détachaient du cercle et commençaient à converger vers lui.

Le cœur d’Heizen s’affola soudain. Jamais il n’avait envisagé que des pirates puissent être plus fort que lui au sabre. Tous ceux qu’il avait combattus jusqu’à lors ne maîtrisaient même pas les bases du combat et il avait finit par penser que c’était le lot commun de tous ces marins d’eau douce. Le sang lui battait aux tempes et, à présent, il sentait un liquide poisseux lui couler dans la nuque. Ses mains et ses jambes se firent tout à coup très lourdes. Sa respiration haletante empira la situation.

– Reculez bande de crétins ! Je vous dis qu’il est à moi ! hurla le vice capitaine entre deux grognements.

Soudain, une grande acclamation monta depuis le cercle de pirates. Le cœur d’Heizen se serra. Les hourras et les rafales de tirs attirèrent l’attention du reste de la bande, mais le colosse n’en avait cure. Il clopinait vers Heizen, une rage noire émanant de tout son être. Alors qu’il se croyait perdu, une voix amplifiée par escargophone retentit :

– Restez là où vous êtes, bande de pirates dégénérés ! Vous êtes encerclés par les forces de la marine et Djonk-sama en personne a demandé l’intervention d’un amiral du QG ! Rendez vous, ou nous ouvrirons le feu !

Une voix claire s’éleva au sein du cercle de pirates :

– On se tire d’ici les gars ! J’ai ce que je suis venu chercher. Avec ça, trouver le « One piece » n’est plus impossible ! Lancez des grenades incendiaires pour occuper ces chiens de marines ! On se casse !

Une approbation unanime monta de la bande, à l’exception du vice capitaine qui continuait à avancer inexorablement vers Heizen. Ce dernier tenta de se relever tant bien que mal, mais le coup l’avait sonné. Il vit plusieurs pirates entrainer de force le colosse au loin, alors que d’autres balançaient un peu partout des sphères grisâtres qui explosaient en gerbes de flammes. Heizen vit arriver à sa droite une troupe de marines qui se lancèrent à la poursuite des pirates. Malgré le tumulte, il entendit clairement la voix du colosse :

– Lâchez moi bandes d’idiots, j’vais le buter ! T’as eu de la chance cette fois gamin ! Mais si je te retrouve je te fais la peau ! T’entends ? Je te revois sur les mers, je te crève !

L’instant d’après, Heizen était entouré de marines qui appelaient un médecin à grand renfort de cris et il perdit connaissance. Il eut l’impression de se réveiller l’instant d’après sur un lit de camp, dans une pièce immaculé où d’autres lits s’alignaient de manière impeccable. L’infirmerie de la base locale, semblait-il. Il tenta de bouger et grogna sous l’effet de la douleur. Un homme en uniforme s’en rendit compte et s’approcha.

– Ils n’ont pas été tendres avec vous, jeune homme ! Un traumatisme crânien, plusieurs côtes de cassées, sans parler des multiples plaies et ecchymoses dont vous avez écopé. Mais, j’imagine que ça aurait pu être pire.
– Mes parents ? Et mon maître ? demanda Heizen d’une voix qui lui sembla rauque.
– Je ne sais même pas qui vous êtes, jeune homme. Je ne m’occupe pas de ce genre d’information, vous savez. Je m’occupe surtout des blessés qu’on m’amène. Pour votre maître, eh bien… Il n’a pas eu votre chance. On l’a retrouvé en sale état, à moitié mort. Il n’a pas passé la nuit. Vous comprenez, à son âge…

La nouvelle frappa Heizen, tel un boulet de canon en plein ventre. Comment était-ce possible ? Comment de simples pirates avaient-ils pu venir à bout de ce bretteur d’exception ?  C’était un cauchemar ! Ils avaient dû l’attaquer à plusieurs, c’était évident ! Ses pensées furent interrompues par l’entrée de deux hommes. Le premier était l’adjudant-chef rencontré la veille, le second portait un uniforme de lieutenant de la marine.

– Une bien triste histoire, attaqua l’adjudant-chef. La perte de maître Takakuro va jeter un froid sur l’île.

À sa vue, l’humeur d’Heizen s’assombrit.

– Si vous aviez renforcé la sécurité de l’île, comme il vous l’avait conseillé, sans doute ne serait-il pas mort.

L’adjudant répliqua instantanément par une gifle. Elle ne le blessa pas plus qu’il ne l’était déjà, mais la sensation cuisante sur sa joue finit de lui faire détester cet homme.

– Tout aussi insolent que votre maître ! Je pensais que cela vous aurait servi de leçon. La prochaine fois, veillez à suivre les directives de la marine !
– Du calme, Tsunashi. Il est sous le choc et cherche à trouver un coupable à tout ceci. Mais j’ai bien peur qu’ils ne soient tout désignés : les frères Kurono. Le capitaine est l’ainé et possède une prime de 26 millions, la tête de son cadet, le vice capitaine, est évaluée à 17 millions. Ce ne sont plus des novices, et vous avez été remarquable en tenant tête au vice capitaine.

Heizen se contenta de fixer le lieutenant, ne sachant trop quoi répondre. Ce dernier, loin de s’émouvoir de ce manque de réaction, continua :

– Le Tenryuubito lui-même a eut vent de votre bravoure et désire que vous intégriez la marine afin de nous aider à repousser d’éventuelles attaques pirates à venir ! Je sais que tout cela est précipité, mais nous aimerions connaitre votre réponse.

Heizen continua de dévisager le lieutenant un moment, puis finit par lui répondre d’une voix calme :

– Mon maître m’a entrainé pour protéger les personnes qui me sont chères. Je me suis imposé tous ces exercices et cette discipline dans l’unique but de maintenir la ville en paix et d’empêcher les pirates de tout saccager.
– C’est parfait alors… commença le lieutenant.
– Mais vous…, bouillonna-t-il. Vous vous contentez d’obéir aveuglément aux ordres de ce noble, sans même vous préoccuper de ceux qui vivent de l’autre côté de la barrière ! Rentrer dans la marine pour protéger l’île ? Ne vous foutez pas de moi !

La déclaration jeta un froid dans la salle d’examen. Les médecins cessèrent de s’activer. L’adjudant-chef vira au pourpre et dévisagea Heizen d’un air outré. C’était comme si le temps s’était arrêté en chemin, choqué par la déclaration du jeune homme dans l’enceinte même de la base militaire. Enfin, le lieutenant reprit la parole :

– C’est regrettable que vous le preniez ainsi. Docteur, ne m’avez-vous pas dit que ce patient allait mieux ?
– Que… Lieutenant, je ne… Oui, sûrement.
– Bien. Je vous laisse gérer les papiers administratifs concernant sa sortie, notamment vos honoraires. S’il ne peut pas payer, effectuez une saisie à son domicile… ou bien parlez lui des salaires de la marine.
– Bien, lieutenant, bredouilla le pauvre homme devenu blême.

Lorsque les deux officiers furent sortis, le médecin militaire se tourna vers le jeune homme et secoua la tête :

– Vous auriez dû accepter, jeune homme. À présent, le Tenryuubito prendra cela comme un affront personnel…
– Je vois que les méthodes de la marine locale sont tout autant irréprochables que leur sol, ironisa Heizen.
– Ce n’est pas le moment de plaisanter !
– Parce que vous croyez que j’en ai envie, docteur ? asséna-t-il d’une voix glaciale.

Le médecin se figea, un masque sévère sur le visage. Heizen s’excusa d’un geste. Il se leva alors, mais dut s’appuyer au mur, confronté à un vertige soudain. Il repoussa gentiment l’aide du médecin et chercha des yeux ses affaires. Ne les trouvant pas, il interrogea le militaire :

– Vos vêtements étaient souillés de sang et en lambeaux, nous les avons brûlés, déclara-t-il sobrement. Il faudra vous contenter de ce que vous avez sur le dos.

D’un coup d’œil, il s’aperçut qu’il portait une sorte d’uniforme de mousse, blanc et bleu : les couleurs de la marine. Des types prévoyants, ces militaires.
– Et mon sabre ?
– Il a été mis en sécurité à l’armurerie.
– En d’autres mots, « confisqué ». C’était un cadeau de mon maître, j’aimerais le récupérer, docteur.

L’homme le regarda un moment, puis lui grommela d’attendre ici. Il passa la porte sans un mot de plus. Heizen s’assit sur le lit, préférant économiser ses forces. C’est à ce moment qu’il réalisa pleinement la situation. La ville devait être pillée et à moitié brûlée, les habitants tués, son maître avait été assassiné sous ses yeux et il n’avait aucune nouvelle de ses parents. Quel cauchemar ! Un mal de tête terrible le prit, lors même que ses souvenirs affluaient.

Il revoyait le sang, la fumée, le feu. Les corps étendus, les pirates se gaussant de son maître. Il ressentait à nouveau les coups et la formidable puissance de frappe du pirate qu’il avait affronté. Il se mordit la lèvre. S’il avait été plus fort, rien ne serait arrivé à la ville ! Son maître ne serait pas mort, les pirates auraient fini sous les verrous et il n’aurait pas été témoin d’une nouvelle preuve de la lâcheté des marines.

Cela faisait longtemps qu’il ruminait à propos de toutes les forces en action dans le monde. Les pirates, les marines, le gouvernement, les shichibukais et la révolution. Ils étaient tous plus obtus les uns que les autres. Tous avides de pouvoir pour tel ou tel idéal qui, au final, ne mènerait qu’à plus de haine et à une réaction violente des autres forces afin de maintenir « l’équilibre ». Ils avaient beau invoquer toutes sortes de raisons, leur motivation profonde était toujours la même : se tenir sur le toit du monde. Ils désiraient imposer leur idéal aux autres factions par la force, la ruse ou les alliances de l’ombre.

Tout ça à cause de lui, ce « seigneur des pirates ». Lui et son « One piece » avaient déclenché une première, puis une seconde grande vague de piraterie. Les marines et le gouvernement y avaient répondu de manière sanglante, se souciant parfois bien peu des répercussions sur les civils et voire même sur leurs propres hommes ! Sans parler des révolutionnaires qui se battaient contre le gouvernement sans qu’Heizen n’en connaisse réellement la raison. Il avait bien entendu quelques rumeurs à propos d’un siècle perdu que le gouvernement aurait caché à la population mondiale pour en prendre le contrôle… Mais était-ce seulement la vérité ?

Heizen n’y entendait pas grand-chose en politique, mais ce qu’il savait avec certitude, c’est que les hommes n’apprenaient pas. Bien peu retenaient de leurs erreurs ou de celles de leurs ancêtres. Ainsi, il y aurait toujours des hommes pour prendre la mer à la recherche du » One piece ». Et la marine se lancerait toujours à leur poursuite à l’aide des Shichibukai dans des guerres sauvages. Quant aux Tenryuubitos, leur attitude révoltait au plus haut point Heizen, mais le gouvernement semblait la légitimer au contraire, en leur apportant le soutien de la marine.

N’y avait-il rien à faire ?

La porte coulissa et le médecin revint avec son sabre dans les mains. Son maître l’avait baptisé « Tenken ». Bien que ce ne soit pas un meito, le vieil homme avait tenu à nommer l’arme de son élève.

« Un nom modèle l’esprit qui habite la lame. Il guide son porteur et l’épaule au combat. Une lame sans nom donne un épéiste sans foi ni loi. »

– Tenez, jeune homme, déclara le docteur en lui remettant son katana. Prenez ceci comme un remerciement pour vous être dressé contre les pirates. Maintenant, disparaissez avant que je ne change d’avis. Mais veillez à payer les frais d’hospitalisation si vous ne voulez pas être saisis !

Heizen le remercia et se dirigea du pas le plus pressé qu’il put adopter vers la sortie. Son maître était mort, mais il fallait qu’il retrouve ses parents. Ils devaient être à la maison, à se faire du souci pour lui, à l’heure qu’il était. Pour le reste, il verrait plus tard.



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Dernière édition par Heizen le Dim 27 Oct - 16:32, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Heizen, chasseur de primes. Lun 21 Oct - 14:53

Coucou et bienvenue parmi-nous ! o/


N'hésite pas à me MP en cas de problème; question ou autre.

Tu pourras poster à la suite de ce message lorsque tu auras terminé ta présentation;


Bon courage pour la suite de ta prez' !

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MessageSujet: Re: Heizen, chasseur de primes. Mar 22 Oct - 20:41

Merci de ton accueil ^_^

Petit message comme demandé, vu que je viens de terminer ma fiche.

En attendant le jugement fatal lol! 
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MessageSujet: Re: Heizen, chasseur de primes. Jeu 24 Oct - 1:44



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Note: Un objectif original.. j'aime :)D'ailleurs ta présentation est originale sur pas mal d’autres point et je dois admettre que sur ce point là c'était vraiment agréable.

Pour tes compétences nous en verrons le détail lors de ta FT.

Je te valide avec 600 PFs !


Tu peux dores et déjà t'attaquer à ta Fiche Technique ainsi qu'à tes RPs !


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MessageSujet: Re: Heizen, chasseur de primes.

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Heizen, chasseur de primes.

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