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Holy Malo (Avec Marco Vignali)

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Goyah Adams Jr.
Moussaillon
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MessageSujet: Holy Malo (Avec Marco Vignali) Dim 6 Juil - 21:23




Chez Jojo Lapin ...
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Parfois, il est aisé de sentir qu'un lieu est propre à l'inhospitalité. Et j'avais clairement l'impression que cette île allait me causer quelques ennuis. J'avais débarqué sur ce petit pays qu'on nommait " Holy Malo ". Un lieu dont je n'avais encore jamais entendu parler. Les rues étaient à peu près toutes désertes, il y avait pas mal de mendiants, et d'enfants qui se plaisaient à faire les poches des quelques civils qui se promenaient dans le coin. Enfin, quand je parle de civils, je veux dire de gars tout à fait louches. Certainement des pirates ou des trafiquants notoires. J'avais repéré depuis le quai sur lequelle j'avais amarré ma barque quelques vaisseaux au pavillon noir. Néanmoins la marine ne semblait pas être sur le secteur, ce qui était particulierement étrange pour une île d'East Blue. La première chose que je voulais, était mettre la main sur un équipage capable de me recruter pour faire de moi un moussaillon. Puisque nous l'oublions pas, je voulais mettre la main sur cette enflure de Hizamo Chiikei, surnommé le Molusque, Face de Mérou, la Gigoteuse, Traitrus, Celui-qui-pue-des-pieds ou encore l'Erreur de la Nature, qui se cachait quelque part dans le Nouveau Monde selon la rumeur.

La première chose qui était bonne à faire était de trouver la taverne. C'était là où les pirates se rassemblaient pour bien souvent recruter ou foutre le bazar d'une manière ou d'une autre. J'ouvris la porte du " Singe Gobeur " et m'y engouffrai sans aucune hésitation. L'intérieur y était bondé mais étrangement silencieux. Tous les flibustiers qui avaient mouillé au port se retrouvaient là, ainsi que d'autres individus peu recommandables. Je toisai la salle du regard afin de m'empreigner de l'ambiance qui était peu chaleureuse. J'avais entendu parler de la joie de vivre des pirates, de leur passion pour la musique, l'alcool et la fête. Mais ce que je voyais devant moi n'était rien de tel. Ca devait être plus gai dans un cimetière. Les clients faisaient la tronche, et chuchotaient sans que quiconque ne se croise le regard. Je marchai doucement jusqu'au comptoir pour commander un peu de rhum au coco. Je n'étais pas tellement fan de l'alcool en général, mais j'aimais stimuler mes papilles de temps à autres. Je décidai alors d'entamer le dialogue avec le responsable.




- Tavernier ! Y'a beaucoup de voyageurs, ici ?
- Assez. Mais ils se font discret comme vous avez pu le remarquer.
- Je cherche un équipage qui recrute. Ils n'ont pas l'air de vouloir discuter.
- C'est bien vrai. Si vous voulez mon avis vous devriez essayer sur une autre île. Comme vous êtes pirate, vous n'êtes pas tellement le bienvenu ici. D'autant plus que vous êtes seul pour l'instant.
- Par mes tétons ! Voilà qui est amusant. Vous voyez bien que tous ceux qui se trouvent dans cette pièce sont des hors-la-loi. De plus, il n'y a aucun vaisseau de la Marine qui navigue dans les environs d'après ce que j'ai pu comprendre. Holy Malo est laissé pour compte et n'est pas conforme aux normes de protections civiles.
- Alors vous ne savez pas où vous avez mis les pieds, pas vrai ? Laissez-moi vous dire une chose. Malgré cette image un peu négative que transmet cette île, sachez que Holy Malo est bel et bien sous l'influence du Gouvernement Mondial. Du moins par procuration. Alors ne faites pas trop l'imbécile si vous ne voulez pas vous retrouver dans les filets de la Police de la Pensée.
- La Police de la Pensée ?
- Autant tout vous raconter depuis le début puisque vous ne connaissez rien à l'histoire de Holy Malo. Vous connaissez les Schichibukais ? Appelés aussi : " Membres de l'ordre des 7 grands Capitaines Corsaires ".
- J'en ai entendu parler, oui. Je viens de Grand Line, vous savez. Les Schichibukais font partie des trois groupes qui font régner la loi au delà de Renverse Mountain. Je ne suis pas né de la dernière pluie. A part si cette pluie en question pouvait ruisseler le long de mon corps et faire durcir mes tétons. Dans ce cas, je serais plutôt de cette pluie-là.
- ... Hahem ... Si vous voulez. Eh bien sachez que parmis ces Schichubukais, il existe un assassin sans scrupules, nommé Ur-Shulgi Al Ashrad. Cet homme-là a voyagé dans le monde entier, et il est même passé par East Blue pour vous dire. Il y a de cela bien des années, il a accosté à Holy Malo, qui était alors un modeste port qui cultivait les moules et les huitres. Al Ashrad était poursuivi par trois frégates de pirates renommés dans cette partie du globe. Le corsaire était également blessé et en piteux état. De ce fait, il ne pouvait espérer une victoire contre ses assaillants. A l'époque il y avait l'élection municipale qui se déroulait tous les huit ans. Et un petit escroc du coin nommé Jojo Lapin s'y présentait justement. Tout le monde le craignait car il avait levé une milice ultraviolente afin de devenir le maire par terrorisme. En tout cas, il vint au secours du schichibukai, l'a caché et soigné pendant un mois.
- Je pense deviner la suite. Ur-Shulgi Al Ashrad a voulu remercier son sauveur en l'aidant à devenir maire, n'est ce pas ?
- Tout à fait. Mais pas seulement. Al Ashrad a fait une véritable purge. Tous les adversaires politiques de Jojo Lapin ont été massacrés purement et simplement. Ce corsaire a fait régner pendant plusieurs mois une terreur sans nom. En vérité il a confié les rennes de l'île légalement à Jojo Lapin. Avec différentes démarches administratives, il a placé Holy Malo sous un nouveau mandat : " Protectorat Corsaire ". L'île appartient légalement au gouvernement via Al Ashrad, mais dans les faits c'est Jojo Lapin qui règne en maitre depuis que ce mandat a été déposé. Après le départ du schichibukai, de simple " Délégué Représentant du Corps de Corsaire ", Lapin s'est autoproclamé " Maire à Vie " de Holy Malo. Ne vous méprenez pas. Ici, tout a beau appartenir à  Ur-Shulgi Al Ashrad, ce mec se moque du sort de ce caillou perdu au fin fond d'East Blue. Jojo a eu ce qu'il a voulu. Il a instauré la Police de la Pensée, chargée d'éradiquer tous les " suspects " au régime politique de notre bien-aimé maire ... N'importe qui peut être tué n'importe quand pour aucune raison politique. Jojo Lapin ne s'est pas limité à ça. Il s'est emparé de tout l'argent de l'île pour faire un petit trafic de Requins d'Argents. C'est une espèce de squale plutôt rare, mais qu'on retrouve en masse par ici. Les Dragons Céleste de Marie-Joie adorent en faire des animaux de zoo dans leurs aquariums privés. Bien sûr, les Requins d'Argent sont une espèce protégée, mais le maire abuse de ces droits pour en pratiquer le braconnage.
- Vous attendez qu'un sauveur vienne pour vous aider à sortir de cette situation ?
- On peut encore rêver, pas vrai ?

Je n'ajoutai plus rien. En vérité je n'étais pas du tout d'accord avec ce " rêve ". Le peuple aurait dû se rebeller depuis longtemps face au despotisme de ce Jojo Lapin. En croyant en ses tétons, on pouvait soulever des montagnes. Toujours était-il que ce sauveur en question n'allait certainement pas être moi. J'avais passé l'âge de faire le héros et surtout de m'attirer des ennuis plus gros que moi. Je devais partir au plus vite de ce lieu nauséabond pour ne pas terminer comme les anciens opposants politiques de ce maire sanguinaire. Alors que je buvais tranquillement mon verre, la porte d'entrée s'ouvrit avec fracas. Deux hommes vêtus d'étranges uniformes militaires entrèrent, fusils dans le dos, épée au fourreau. Leur uniforme bleu marine et leurs fausses oreilles de lapin les rendait complètement ridicules. D'une voix vindicative, l'un d'entre eux cria : " Dehors tout le monde ! ". Les clients obéirent sans discuter, même les pirates. Il était étonnant de voir ces aventuriers si obéissant tout d'un coup. Après tout, j'avais entendu murmurer que la Police de la Pensée avait plus d'une fois tué des équipages pirates dans leur intégralité. Une fois que tout le monde était dehors, on nous aligna et les deux policiers procédèrent à des controles d'identité. La pêche aux informartions s'était révélée maigre, puisque aucun pirate ne possède des papiers d'identité.




- Bon, il parait qu'il y a un loup solitaire parmis vous. Qu'il se manifeste ou sinon on vous massacre tous immédiatement. Le gars qu'on recherche navigue sur une petite barque. On souhaite simplement le conduire à la mairie pour en savoir plus sur lui. Comme vous le savez, notre Maire Bien-Aimé, Jojo Lapin se sent de moins en moins en sécurité sur sa propre île. Pour preuve, le nombre d'attentats a augmenté de 50% ces derniers mois. Les équipages pirates sont plutôt tranquilles, tant qu'il y a de l'alcool et des putains. Les trafiquants font leur job, quant aux autres ... Ils sont considérés comme étant des " suspects " et doivent être interrogés à la mairie. Alors ? Qui est notre homme ?
- C'est moi.
- Le grand gaillard. T'as l'air costaud. Sûrement un casse-cou, hein ? Dis-moi comment tu t'appelles, le reste on verra plus tard.
- Goyah Adams Junior. Si vous voulez en savoir plus sur moi, il faudra palper mes tétons. Mais avec de l'eau froide si possible, car ainsi, ils se durçiront, et vous comprendrez alors le sens de l'existence-même.
- Monsieur est un original, allez suis-moi !
- Par mes gracieux tétons, vous n'emmènerez nulle part le fils d'un daimyo de l'Empire Ming !
- Ah oui et comm ...

Genkô !

A une vitesse fulgurante, je lui assénai un coup de poing puissant au milieu du visage. Je sentis son nez se fracturer sous le coup percussif, et le sang se mit à gicler par ses narines. Puis il s'effondra au sol, dans les pommes. Son camarade tenta de dégainer son épée mais il était trop tard pour lui. Il subit le même sort que son collègue, et tous les deux finirent évanouis par terre, avec le visage en sang. Je détestais qu'on me forçait la main. Je n'avais plus qu'une chose à faire, partir immédiatement avant d'avoir affaire à toute une bande. Là ça allait être une autre affaire. Sauf que bien évidemment, ces saletés avaient saisis ma barque et mes effets personnels qui étaient à l'intérieur. Après tout j'étais devenu un suspect, et donc passible d'être exécuté quand ils le désiraient. Il ne me restait donc qu'une seule option. Depuis le port, je me dirigeais à présent vers le plus grand bâtiment de la ville. Il allait y avoir de la castagne. Et je n'avais pas encore utilisé mes pouvoirs. Le tavernier me lança depuis le palier de son établissement :


- Ho ! Mais où tu vas, là ?
- A la mairie. Je dois récupérer mes affaires.



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MessageSujet: Re: Holy Malo (Avec Marco Vignali) Lun 7 Juil - 15:35



Beaucoup de choses avaient changé depuis le départ de Little Italy. Marco avait traversé plusieurs îles, était devenu charpentier et avait choisi un nouveau dessein : Découvrir une partie du monde vierge et la protéger au péril de sa vie. Il n'avait qu'une seule et unique raison à ça : rejoindre l'endroit où les plus sages arrivaient une fois passés dans l'au-delà. Sacrifier sa vie de vivant pour avoir une existence spirituelle positive ? C'était une idée un peu étrange lorsque l'on y réfléchissait un peu plus. Pourquoi se priver pendant des années pour espérer que quelque chose que l'on ne connaissait pas soit à son goût. Peut-être que d'ici là, le savoir reviendrait à Marco et qu'il comprendrait ce qui se passe une fois que son âme aurait quitté son corps. Peut-être qu'il changerait littéralement d'idée grâce à ses futures expériences. Pour le moment -il fallait l'avouer- il n'avait pas eu une existence riche en aventures mis à part quelques épisodes assez sanglants. À son âge, certains en avaient vu trois fois plus et se trouvaient déjà sur les terribles eaux de la pire mer du monde, tandis que lui patientait encore et toujours sur East Blue.

Son périple du jour, ou plutôt de la semaine vu le temps qu'il avait mis à naviguer à travers les vents difficiles d'East Blue, l'amena à Holy Malo.
Il s'agissait d'une île peu accueillante, pas vraiment attractive, contrairement aux endroits où il avait pris l'habitude de crécher. Il ne connaissait rien de l'endroit et avait choisi cet arrêt grâce aux cartes qu'il avait achetées. Il avait besoin de se ravitailler en vivres et en eau douce avant d'entamer un chemin plus difficile vers Logue Town. Il avait toujours eu envie de visiter cet endroit où avaient commencé beaucoup d'histoires. Beaucoup de marins, qu'ils soient pirates, marines ou d'autres camps, voyaient cet endroit comme le point de départ de leurs histoires, qu'elles soient tragiques ou héroïques.

Pour l'île actuelle, le côté non accueillant se reflétait surtout à cause des différentes fréquentations qui étaient possibles. Sur le pot, alors que Marco attachait son simple mât à côté d'une barque de la même taille, il ne vit pratiquement que des pavillons noirs. Beaucoup de pirates semblaient siéger ici et la Marine ne devait sûrement pas beaucoup explorer cette zone assez lointaine et éloignée de beaucoup de choses.
Dans les rues, il n'y avait personne. Les seuls bâtiments qui présentaient une once d'animation étaient les échoppes pour se restaurer. Bars ou restaurants étaient plein et accueillaient sans doute avec le plus grand plaisir tous les flibustiers qui venaient dépenser leurs trésors fraîchement volés. Alors qu'il avançait dans une des rues, Marco remarqua la mendicité du lieu, mais également la pauvreté environnante lorsqu'il vit des gamins, pieds-nus, mais furieusement habiles, s'emparer du portefeuille d'une personne éméchée. Cette île ne sentait pas bon, on pouvait renifler l'odeur putride du sang. Il y avait des meurtres, de la misère et sûrement un tyran qui s'enrichissait au-dessus de tout ça. La pauvreté des uns faisait la richesse des autres et les conditions climatiques, seul facteur qui aurait pu faire dévier ce proverbe, semblaient pourtant propices à une quelconque culture.

Ce fut finalement dans l'antre du « Singe Gobeur » que Marco prit place. Il commanda un simple déjeuner pour pouvoir se remplir l'estomac et analysa rapidement la salle.
Des pirates et encore des pirates. Tous avaient un délit de faciès évident et une place réservée derrière les barreaux. Pourtant, alors qu'on aurait pu penser à un furieux bazar en voyant tous ces équipages réunis dans cette même place, personne ne bronchait et se contentait de regarder son assiette sans faire attention à ses voisins. La réponse vint finalement de la curiosité d'une personne au comptoir. Le barman conta une histoire juste assez audible pour les oreilles de Marco qui comprit la situation en place. Une parfaite dictature créée par un homme qui n'en avait ni les vrais moyens, ni la carrure. Il ne voulait que sa fortune personnelle et se foutait de toutes les personnes qui vivaient miséreux sur cette île.

Cette histoire terminée, Marco termina rapidement son plat et entreprit d'aller payer au comptoir et de trouver le magasin le plus proche pour refaire ses stocks.
Il eut à peine le temps de se lever et de prendre la direction du fond de la salle que deux personnes entrèrent bruyamment dans la salle, hurlant à tout le monde de sortir. Aussi honnête soit Marco, il n'allait pas refuser un repas gratuit, puisque c'est ce qui semblait de profiler. Sans se faire remarquer, il prit place dans la foule et alla s'aligner comme indiqué. Les deux soldats annoncèrent qu'ils cherchaient une personne seule qui avait fait irruption sur l'île. Ils n'aimaient pas les indépendants, comme l'histoire pouvait le faire remarquer. Quel était l'intérêt pour cet endroit de chasser des civils, si ce n'était se faire remarquer par le Gouvernement Mondial. Alors que l'homme allait se dénoncer, sachant qu'il ne risquait absolument rien si ce n'était un petit contrôle d'identité, il se fit devancer par une personne apparemment plus têtue que lui. Rien que dans sa manière de parler, on pouvait sentir qu'il ne se laisserait pas faire et qu'il allait vouloir faire la forte tête.

Quelques secondes plus tard, les paroles se marièrent avec l'impression qu'il dégageait.
Puis ce furent finalement les gestes qui suivirent. De deux coups, il mit les deux hommes à terre, s'élançant maintenant dans une course effrénée, vers le plus grand bâtiment de la ville. Les deux soldats, complètement sonnés par les coups qu'ils avaient reçu, reprirent rapidement connaissance et donnèrent la signalisation de celui qui les avait attaqué. Ce fut lors de ce rapide échange que Marco comprit qu'il allait être impliqué dans cette affaire. Il n'aimait pas du tout la tournure que prenait cette histoire.


« ... Il y a deux bateaux, qu'est-ce que je fais ?
- Récupère tout ce qu'il y a sur les deux, imbécile ! On se fout de l'autre ! Et préviens les autres, on doit le buter et vite ! »

En essayant de se faire le plus discret possible, Marco s'éclipsa du groupe alors qu'un des deux soldats aidait l'autre à se relever. Il entama lui aussi une course vers ce grand bâtiment où étaient emportées toutes les affaires. Il allait avoir besoin de ce qui se trouvait sur ce bateau et espérait qu'ils n'avaient pas eu l'idée de le couler. Rester coincé ici n'était vraiment pas une bonne idée surtout avec la milice en place et toutes les histoires et ennuis qui allaient découler de cette perquisition mal visée. Au bout de quelques minutes d'un sprint dans les rues désertes, le civil avait rejoint le fauteur de troubles au pied de l'immense bâtiment qui devait être la mairie. Au premier abord, il était inoccupé, mais on pouvait se douter que tous les soldats se trouvaient à l'intérieur, prévenus de l'assaillant par ceux qui avaient été assommés.

Naturellement, l'homme aux cheveux gris engagea la conversation. Mieux valait s'allier à cette personne au cas où la procédure ne marcherait. Dans un premier temps, peut-être valait-il mieux essayer la manière douce plutôt que de rentrer dans le tas.


« Euh, salut.
Mon bateau était amarré à côté du tien et j'ai entendu au gré d'une conversation qu'on m'avait également confisqué toutes mes affaires... Je veux bien essayer de tout récupérer en discutant, avant que tu ne casses tout, parce que je crois qu'on ne te laissera pas rentrer comme tu veux ici.
Donc si tu veux bien m'attendre ici une petite minute pour si j'arrive à arranger la situation, ce sera avec plaisir. »


Marco poussa la grande porte du bâtiment et se présenta vers la seule personne présente dans le hall d'accueil. Il s'agissait d'un soldat, du même type que les deux autres, qui n'arrêtait pas de recevoir de multiples appels.

« Qu'est-ce que vous voulez ?
- Il y a eu une petite confusion... Des soldats ont arrêté un homme et saisi son bateau. Sauf que ne sachant pas quel était le sien, mes affaires l'ont été aussi, vous compr...
- Centrale, signalement d'un deuxième individu disparu. Un pirate l'a dénoncé. Cheveux blancs et courts, chemise et pantalon noir, se dirigeait vers la mairie.


Il avait été dénoncé par une ordure et se retrouvait maintenant dans la peau d'un fugitif, au même titre que l'autre qui s'était clairement opposé aux forces de l'ordre. Cela ne sentait pas bon du tout et peut-être fallait-il profiter de l'autre homme.
Faisant quelques pas en arrière, Marco ouvrit la porte d'un bras tendu, laissa échapper sa tête par l'ouverture de manière à voir l'homme et lui lança simplement deux mots.


« Tentative échouée. »

Alors que de nombreux soldats envahissaient le hall, Marco espérait une réaction de celui qui risquait de devenir son compagnon d'infortune.
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Goyah Adams Jr.
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MessageSujet: Re: Holy Malo (Avec Marco Vignali) Mar 8 Juil - 9:51




A l'aube d'un complot ...
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Quelque part dans la mairie ...




Nous voici dans un cabinet plutôt cosy et pitoresque. Nous y trouvons un bureau, divers divans pour les invités, une grande commode dans laquelle sont entreposés divers alcools, des tableaux somptueux décorent les murs, le sol est recouvert d'une moquette splendide, et un grand balcon se situe au fond de la pièce. Les escargostéréos font vibrer la musique " Banans Island " en ce lieu si adulé de son propriétaire. Et qui est son propriétaire ? Eh bien Jojo Lapin, le maire de Holy Malo. Imaginez un instant un être de petite taille, environ 1mètre 50, vêtu à la chinoise, avec une chemise verte aux motifs géométriques, des manches violettes, et un pantalon ample de la même couleur. Le maire porte aussi une grande colerette rose autour du coup, comme pour signifier sa qualité " noble ". Mais le plus étonnant c'est son visage. Car il ne s'agit point d'un homme, mais bien d'un lapin blanc aux lunettes de soleil !




Il se tenait là, au milieu de son balcon, lorsque d'un coup un membre de sa garde rapproché entra soudainement pour lui rendre son rapport du jour.

- Monsieur le Maire ! Il semblerait que deux individus suspects sont aux portes de notre mairie. L'un d'entre eux se fait appeler Goyah Adams Junior, c'est un grand costaud et qualifié de " violent ". L'autre, nous ignorons son nom, mais c'est un jeune homme basané aux cheveux blancs. Aucune information sur lui. Nous vous recommandons de ne pas quitter votre cabinet.
- Votre incompétence s'illustre encore une fois. J'ai beau avoir formé et érigé moi-même la Police de la Pensée après mon élection, elle n'en reste pas moins débordée lorsqu'elle se retrouve face à deux larves. Si le Schichibukai Al Ashrad était là, il en rierait à gorge déployée. Tout ceci n'aura bientôt plus aucune importance. L'opération " Perfect Milk " sera lancée d'ici quelques heures. Le premier prototype est déjà terminé depuis un bon moment. Kikikikiki !
- L'opération " Perfect Milk " ? Mais ça veut dire que ...
- Exactement ! Ordonnez aux policiers de la mairie de se débarasser de vos deux parasites. Faites intervenir nos troupes d'élite s'il le faut ! Quand aux unités stationnées en ville, qu'elles rassemblent les habitants hors de leur domicile, et qu'ils les ammènent tous à la Place Centrale. La Grande Collecte commence.

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J'approchai lentement du bâtiment administratif principal de la ville : la Mairie. J'avais bel et bien l'impression que cette histoire allait tourner au vinaigre tôt ou tard. Mais la priorité absolue était de décamper au plus vite sans demander davantage. Même si j'avais fracassé le visage de ces policiers, il était temps que je me fasse plus discret. En vérité je n'avais aucune envie de tomber sur toute une troupe surentrainée des ces fanatiques. Le temps tournait en ma défaveur. Pendant cette marche, un homme singulier me rejoignit. Il paraissait jeune, habillé simplement mais on devinait sa silhouette svelte et athlétique sous le léger tissu de sa chemise. Et puis, comble de la magnificence, on pouvait appercevoir ses tétons à travers cette même chemise. Avec de pareils tétons, le garçon ne pouvait qu'être un élu du destin. Il expliqua sa situation, qui était en réalité la même que la mienne. Il suggéra d'utiliser la méthode douce plutôt que d'entrer dans le tas, ce qui me paraissait être une bonne idée, je hochai la tête en signe d'approbation. L'inconnu pénétra donc dans la mairie en premier avant d'en resortir illico quelques secondes plus tard en disant :

- Tentative échouée.
- Ce n'est pas étonnant. Je ne sais pas si tu as remarqué, mais il semblerait que les gens de cette île sont un tantinet tendus. On ne pourra rien obtenir de ces policiers, d'après ce que j'ai compris, ils obéissent à un maire tyrannique, nous ne sommes pas les bienvenus. Mais puisqu'ils tiennent tant que ça à en découdre, autant utiliser la manière forte dès à présent. Au fait, je m'appelle Goyah Adams Junior, tu ferais bien de me donner aussi ton nom si tu veux qu'on s'entre-aide. Je vais entrer en premier.

Je poussai le battant droit de la porte, et me retrouvai dans un hall bondé par les terribles policiers de Holy Malo. Tous armés d'épées, de sabres et de lances. Une véritable milice politique qui n'évait aucun scrupule. Ca tombait bien, moi non plus je n'en avais aucun. Il était temps d'utiliser l'artillerie lourde face à ces gêneurs de première. Sans plus attendre, j'entamai ma transformation complète de Daibutsu : le Grand Bouddha. Mon corps se mit à grandir de façon colossale, en moins de trois secondes j'étais devenu un véritable géant. Mon corps tout entier se mit à briller comme l'or, mon visage et mon apparence de manière générale était devenu méconnaissable. Les policiers restèrent figés sur place, tétanisés par ce qui venait de se produire sous leurs yeux. A croire qu'ils n'avaient jamais eu affaire à des personnes dotées de pouvoirs du démon. Heureusement que l'édifice municipal était monumental lui aussi. Sans quoi je n'aurais pas pu me transformer. Je tournai ma tête vers mon partenaire du jour.




- Ils sont plutôt nombreux, mais file-moi un coup de main quand même. Ah oui, j'ai mangé un fruit du démon. Le Hito hito no mi, modèle Daibutsu. Et n'oublie jamais : crois en tes tétons, ce sont eux qui te porteront jusqu'aux portes de ta destinée.
- C'est quoi ce truc ?? En plus il raconte n'importe quoi !
- Silence, cafard !!

Je me débarassai de cet empaffé d'une simple revers de la main, qui le fit virevolter dans les airs. Les autres passèrent à l'assaut en s'agitant comme des gosses qui jouaient à la bataille. C'était comme si une petite armée d'inscete vous attaquait. Il était aisé sous cette forme de s'en débarasser. Avec mes jambes et mes pieds, j'écrasai. Avec mes mains et mes bras, je fracassai. Tous ceux qui avaient l'audace de charger finissaient ejectés avec force contre le mur, ou tout simplement écrasés sous mon énorme poing. En quelques minutes, plus d'une dizaine de ces gueux étaient inconscients ou morts, les autres prirent la fuite sans attendre. Je n'avais pas prêté attention à mon complice dont j'ignorais toujours le nom. Mais il était toujours en vie, et sans doute s'était-il lui aussi occupé de quelques uns de ces policiers qui constituaient le menu fretin. L'affrontement était terminé pour l'instant, je retrouvai ma forme initiale, ainsi qu'une échelle humaine. Maintenant que j'étais redevenu moi-même, je déclarai :

- Nous ignorons encore où se trouvent réellement nos navires respectifs. Je ne tiens pas à fouiller chaque salle de cette mairie au cas où nous tomberions sur de mauvaises surprises. Si Jojo Lapin a vraiment mis en place la Police de la Pensée, il n'est pas impossible que d'autres corps armés et beaucoup plus dangereux stationnent ici-même pour garantir sa sécurité. On va chercher dans la paperasse des secrétaires de l'accueil. Il devrait certainement s'y trouver une sorte de registre sur la confiscation de nos biens.

Le bureau de l'accueil se situait au fond du bureau, là où les secrétaires de la mairie tremblotaient dans leur coin, visiblement traumathisées par notre arrivée si soudaine. Leurs bureaux étaient recouverts de liasses de documents, classeurs et autres dossiers, la recherche allait donc peut-être prendre plus de temps que prévu. D'autant plus que ces garces refusaient de nous aider, de peur que leur famille subissent des représailles. J'avais pris place sur une des chaises, et épluchai toutes les piles de feuilles qui se trouvaient à ma portée. Il n'y avait pas l'ombre d'une information sur un quelconque entrepôt de biens confisqués, ou un rapport sur la saisie de nos deux navires respectifs. Nous avions besoin de temps, et c'était précisément ce que nous n'avions pas. Car nous n'étions pas seuls dans cette mairie ...





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MessageSujet: Re: Holy Malo (Avec Marco Vignali) Mer 9 Juil - 13:37



Après avoir toutes ses tentatives honnêtes échouer, Marco s'était retrouvé au point de départ : dehors, devant le bâtiment. Il en avait informé l'homme qui avait précédemment assommé les deux soldats et qui s'était sans doute mis toute la milice de l'île à dos. Dans une moindre mesure, la situation se répétait aussi sur le civil puisqu'il avait eu le malheur d'être vu en train de fuir le contrôle d'identité. Il se retrouvait dans le même sac que la personne à ses côtés alors qu'il avait simplement cherché à préserver ses affaires. Comme il l'avait vu juste avant, ce serait impossible pour lui de s'expliquer, les policiers de l'endroit préférant exécuter les ordres plutôt que coopérer avec les habitants et les visiteurs.

Un léger dialogue commença entre les deux personnes tandis que le forban qui risquait bien de faire équipe avec Marco poussa à son tour les portes de la mairie. Son objectif était clair : il allait tout écraser sur son passage afin de retrouver ce qui lui appartenait. Si Marco tenait à quitter cette île, il allait devoir le suivre et ils seraient sûrement confrontés à toute cette police. Il fallait espérer que cette personne avec qui il allait faire équipe était assez forte. En y réfléchissant bien, il n'y avait pas vraiment de soucis à se faire vu la facilité avec laquelle cet homme s'était débarrassé des deux premiers soldats. Quel serait le résultat avec beaucoup plus d'entre eux ? Il le saurait dans quelques secondes.

Marco entra quelques instants après son compatriote, ne lui donnant pas tout de suite son nom, faisant mine de ne pas avoir compris ou d'avoir oublié de lui répondre. Il était concentré sur la suite et savait que cet affrontement serait l'un des plus sérieux qu'il aurait à mener de son existence. Pour dire vrai, c'était surtout la première fois qu'il attaquait une instance directe du Gouvernement Mondial. En gardant une part d'anonymat, il s'assurait de ne pas être recherché pour le moment. Il était assez rare de voir des soldats de la Marine dans le secteur, il ne risquait pas énormément à se faire remarquer dans ce secteur un peu reculé.
Le plus important dans toute cette histoire n'était pas cette affaire d'anonymat, mais la transformation qui eut lieu dans l'imposant hall de la mairie. Alors que le combat commençait à peine qu'une multitude de soldats, armés de sabres, fusils et oreilles de lapin s'étaient réunis dans ce grand volume, un énorme bouddha doré avait pris place. Il s'agissait du néo compagnon d'arme de Marco qui avait changé de forme et avait grandi de plusieurs jusqu'à prendre l'apparence d'un être mythique. Quels étaient ses pouvoirs et quelle était cette puissance cachée dont il disposait. Marco était impressionné et surpris de voir un tel changement de forme. Il reprenait espoir et savait que la victoire était proche avec un tel colosse dans ses rangs, du moins si sa force allait de pair avec l'espace qu'il prenait.


« Un fruit du démon ? Qu'est-ce que c'est ? »

Marco avait demandé ça juste avant que le combat ne commence et l'énorme bête qui était à ses côtés n'avait pas eu le temps de répondre. Elle s'était lancée à l'assaut alors que tous les policiers en face faisaient de même. Le civil n'était pas forcément un as du combat et ne disposait pas d'un style de combat particulier. Pour dire vrai, il n'avait qu'une seule et unique "technique" qui était un mouvement assez basique qui avait réussi à terrasser beaucoup de choses, du tronc d'arbre encombrant au gars de trois cent kilos qui avait trop bu au fond d'un bar. C'était l'occasion pour le charpentier de tester sa force sur des personnes entraînées et de savoir si son métier, qui consistait quand même à porter des charges assez importantes, avait eu un réel impact sur sa force physique.
Alors que le monstre doré commençait son massacre en utilisant assez classiquement ses membres pour écarter ses adversaires, Marco prit les adversaires qui avaient choisi de se concentrer sur lui et qui n'avaient pas été pris par les attaques de masses de son compagnon.

Alors que le premier soldat, armé d'un fusil à baïonnette, se jetait sur lui avec fureur, le charpentier se contenta d'esquiver au dernier moment sur son côté gauche, d'un simple pas, pour se retrouver hors de portée du coup d'estoc. La paume de sa main ouverte, ferme comme le fer, il n'hésita pas une seconde. Il se baissa sur ses appuis, fléchissant les genoux pour prendre une bonne impulsion et poussa de toutes ses forces, sa main ferme posée sur l'abdomen de son adversaire. De toutes ses forces, en se servant aussi bien de ses jambes que de ses épaules que de ses jambes, il envoya le premier adversaire en l'air. Rien qu'au contact, la charge de celui-ci fut arrêtée net et il s'éleva de quelques centimètres. La suite du mouvement l'envoya voler contre le mur.
Deux autres policiers avaient choisi la durée de cette riposte pour s'avancer. Ils disposaient de la même arme et espéraient atteindre le fugitif pendant que celui-ci lançait son attaque. Marco avait senti le coup venir et n'avait pas utilisé sa technique à pleine puissance, de manière à gagner le temps que l'amplitude prise par le coup lui faisait habituellement perdre. À la limite d'être touché par les baïonnettes, il fit un tour sur lui-même, prépara cette fois-ci ses deux mains et replia ses genoux tout en effectuant sa rotation. Le tour sur lui-même avait augmenté la puissance du coup et Marco se permit cette fois-ci d'hurler le nom de sa technique de manière à faire peur aux prochains assaillants qui viendraient vers lui. 


« KANNON ! »

Le son sortit de sa bouche au moment même où le corps des deux soldats quittèrent la terre ferme pour s'envoler vers le mur le plus proche.
Marco releva la tête et observa la scène. Les trois miliciens qui avaient été battus par ses soins avaient tous la même marque de main sur leur abdomen, tandis que les autres avaient été écrasés ou frappés. D'une certaine manière, la façon de combattre du civil avait été plus propre, mais celle de Goyah avait été beaucoup plus efficace. Ce fut pendant ce moment de calme, alors que les deux hommes avaient pris la décision de se rendre vers l'accueil afin de trouver un quelconque document qui recenserait la saisie de leurs navires, que le charpentier annonça son nom à celui qui était devenu son compagnon de galère.



« Je suis Marco Vignali, un charpentier. Heureux de faire votre connaissance et de vous avoir avec moi et non contre moi, haha. »

Les deux hommes continuèrent leurs recherches pendant une ou deux minutes, mais rien ne semblait s'y trouver. Un dossier si récent aurait dû être au-dessus des piles, surtout qu'il n'était pas vraiment classé. Il n'y avait qu'une seule solution possible.

« Je ne pense pas qu'ils aient eu le temps d'éditer de la paperasse. On va devoir faire sans et se débrouiller pour trouver nos navires.

Marco s'adressa ensuite aux deux hôtesses qui avaient choisi de ne pas aider les deux hommes par peur des représailles. Elles ne répondirent toujours pas, mais l'une d'entre eux eut l’œil fuyant vers une pile de papiers lorsque le civil demanda s'il y avait une sorte de cave où les objets saisis étaient entreposés. Rapidement, le charpentier fouilla la pile avant de trouver un plan de la mairie. Ce serait parfait et il y avait l'intitulé de chaque pièce. Après quelques secondes, le charpentier s'écria, montrant du doigt une salle où pouvait se trouver leurs biens.

« Là ! Entrepôt ! Il est complètement de l'autre côté de la mairie... On va devoir traverser en passant par le long couloir qui se trouve derrière cette porte. Il est assez long et n'a pas d'issue avant l'autre couloir perpendiculaire qui mène à l'entrepôt.
Si on le prend, on ne pourra pas rebrousser chemin et on risque de se retrouver face à d'autres adversaires. Mais c'est notre seule solution ? On y va ? »


Pendant ce petit discours, des bruits arrivaient de l'étage et de nouveaux soldats allaient bientôt faire l'apparition. Ils n'avaient pas le temps de réfléchir et devaient prendre cet itinéraire. Le bâtiment était assez grand pour ne pas recroiser ceux qui arriveraient ici.
Restait maintenant à savoir ce qui se cachait dans la "Salle n°2" qui était la pièce juste avant cet entrepôt. Il fallait espérer que ce ne soit pas un responsable ou des troupes spéciales...

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MessageSujet: Re: Holy Malo (Avec Marco Vignali) Mer 9 Juil - 18:08




Jeux Dangereux !
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Ainsi donc je connaissais dorénavant l'identité de mon partenaire. Il se nommait Marco Vignali et était un simple charpentier. Un civil qui avait été embarqué dans cette aventure malgré lui. Lorsque nous fîmes nos recherches, ce fut lui le premier qui découvrit quelque chose d'intéressant pour la suite des évènements. Il dénicha un authentique plan de la mairie qui nous indiquait précisément le lieu où étaient supposés entreposées nos embarcations respectives. C'était une grande pièce située de l'autre côté du bâtiment, au bout d'un couloir angulaire et d'une autre salle appelée " Salle numéro Deux ". Au dessus de nos têtes, il y avait de l'agitation. Les policiers n'allaient pas tarder à faire une descente. Et s'ils s'étaient munis d'armes à feu, c'était la fin pour nous. Marco souligna bien que si nous n'epruntions pas le couloir dans l'immédiat nous risquions d'être confrontés à de nouvelles escouades. Et dans un couloir si étroit il m'était impossible de me transformer totalement. Quant à la forme hybride, elle n'était pas assez efficaçe pour venir à bout de plusieurs dizaines d'hommes. Sans plus attendre je saisis le plan pour chercher une issue. Et le temps pressait. Pas de conduits d'aération, rien. Notre seule et unique option était bel et bien ce couloir angulaire.

Ni une ni deux, je fis signe à Marco de me suivre, puis nous sprintâmes vers le couloir qui allait nous mener à nos embarcations. L'occasion était trop belle, si nous sortions pour retenter notre chance plus tard, la sécurité serait renforcée et il serait alors encore plus compliqué de gagner l'entrepôt. Et puis rien ne nous disait que ce couloir était farouchement gardé. J'ouvris à la force de mes deux bras les deux battants métallique de la porte du couloir en pleine course. Nous passâmes, et lorsque se fut chose faite, la porte se referma derrière nous et un cliquetis se fit entendre. La porte s'était verrouillée. Je tentai de la réouvrir manuellement mais rien à faire. Nous étions pris au piège.

- Zut. En tout cas on a plus le choix, il faut avancer. Je ne pourrai pas me transformer ici, c'est beaucoup trop étroit. De plus la porte semble faite d'un blindage particulier ... Heureusement il ne semble pas y avoir de gardes par ici. Néanmoins je me méfie de cette fameuse pièce qui se situe juste avant l'entrepôt ... Cette fameuse Salle n°2. Car si on en croit l'architecture de cette partie de la mairie, et le verouillage automatique de cette porte, on peut conclure qu'il s'agit d'un espèce de piège réservé aux intrus. Nous devons être davantage vigilants. Qui sait quelles fourberies nous réserve ce maudit édifice ?

J'avançai pour ainsi dire avec une prudence extrême, en prenant garde de ne pas déclencher un quelconque piège. Ou pire encore. Dans ce long corridor tout maculé de blanc, tout paraissait suspect, et l'atmosphère devint très pesante. Enfin, nous nous retrouvâmes au terme de quelques minutes de marche inquiète, devant une simple porte de bois sur laquelle était inscrit en petites lettres d'or : " Salle n°2, Bienvenue au Bunny Hell ". Etrange, décidément. Qu'est ce que ça signifiait ? Bunny Hell ... Je lançai un regard peu assuré à mon compère pour lui signifier que plus que jamais nous devions faire attention. Car le seul moyen de savoir ce que nous réservait cette Salle n°2, était de pénétrer à l'intérieur. Je tournais la poignée, et d'un coup sec, un courant d'air d'une puissance inimaginable nous poussa à l'intérieur de l'obscure salle. Car c'était la vérité. Nous nous retrouvions dans le noir complet et l'inconnu. Voilà ce qu'était la Salle n°2. Ne sachant pas quoi faire, je tentai d'attraper les vêtements de Marco en cherchant à tâtons lorsqu'une voix retentit dans les ténèbres.

- Ne bougez pas tous les deux ! A moins que vous ne teniez absolument à mourir.

Petit à petit une lumière se manifesta, et éclaira un étrange personnage, au loin, assit dans un fauteuil. Il était vêtu d'un élégant costume trois pièce, et était affublé d'une énorme masque de lapin. S'agissait-il de Jojo Lapin ? Peu probable qu'un maire tyrannique passe sa vie dans le noir complet. Ce petit éclairage ne nous indiqua en rien l'environnement de cette pièce. L'homme au masque de lapin terrifiant se mit alors à parler d'une voix grave.




- Ne bougez pas. Ni l'un ni l'autre. Je me nomme Lapinot. Je dispose d'une télécommande qui me permettrait d'actionner une trappe située sous vos pieds. Au moindre mouvement suspect, elle s'activera et vous finirez au sous-sol, qui n'est autre qu'une douve fermée. Autrement dit, vous vous noierez tous les deux. Autant celui qui a mangé le fruit que l'autre. Je vous souhaite la bienvenue dans la Salle n°2, le Bunny Hell. Pourquoi un tel nom, me direz-vous ? Eh bien il s'agit, comme l'a deviné notre cher Goyah, d'un piège destiné aux intrus. Je sais qui vous êtes, car j'ai accès à toutes les vidéos de surveillances de la mairie, et j'ai pu suivre votre conversation à l'accueil. Mais j'oublie de vous préciser en quoi consiste le Bunny Hell. Eh bien il s'agit d'un jeu.
- Un jeu ?
- Oui ! C'est notre Maire Bien-Aimé qui a mis tout ce dispositif au point. Juste pour se divertir ! Il y envoie régulièrement des prisonniers, et se délecte devant leurs échecs. Car le but du jeu est bien entendu de sortir de cette salle et d'accéder à l'entrepot. Vous êtes deux candidats, il y aura donc une épreuve pour chacun, que vous ferez chacun votre tour. L'objectif de ces épreuves est de survivre. Elles sont parfois présentées sous forme de jeu, de défi, de combat ect ... Ce sont ces dés que je tiens à la main qui décident de l'épreuve. Le premier à jouer sera donc Marco ! Mais d'abord, je tiens à vous présenter celui qui m'assiste dans tous ces jeux, Lapinet !

Une autre lumière illumina cette fois-ci le coin gauche du fond de la salle. Ce fut un homme vêtu d'une chemise blanche recouverte de sang et qui potait aussi le même genre de masque effrayant que Lapinot.




- Enchanté, chers concurrents. Le taux de réussite des épreuves du Bunny Hell est de 5%. Le nombre de candidats vainqueurs s'élève à 8 depuis son ouverture. En cas de défaite, c'est la mort assuré, sauf pour les organisateurs, c'est à dire Lapinot et moi-même. A présent, premier candidat, Marco Vignali, avancez d'un pas. Lapinot va tirer les dés et vous devrez alors subir l'épreuve qui aura été tirée au sort. Dans tous les cas, je serai votre adversaire, qu'il s'agisse d'un jeu, d'un défi ou d'un combat.

Ainsi donc, le Bunny Hell était lancé. Notre seule option était de participer malgré nous à ces stupides jeux macabres. Car de toute façon, nous étions bloqués dans cette salle sordide et notre ticket de sortie de notre réussite.




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MessageSujet: Re: Holy Malo (Avec Marco Vignali) Jeu 10 Juil - 15:22



Après la découverte de la carte, la discussion ne s'éternisa pas. Les deux hôtesses n'avaient pas bougé d'un pouce depuis le début et attendaient patiemment le départ des deux hommes. Elles avaient une pression inimaginable sur les épaules, on pouvait le voir en remarquant leur front luisant et les gouttes de sueur qui perlaient sur leur visage. De quoi était capable ce fameux "Jojo Lapin" propriétaire dictateur des lieux qui profitait de la réputation d'un capitaine corsaire pour mener d'une main de fer cette île. Marco avait écouté les quelques paroles de son compatriote avant de s’engouffrer rapidement dans le couloir. Comme Goyah, qui n'était pas dupe, il avait bien senti le piège avant de pénétrer en ce lieu, mais il s'agissait de la seule solution. Faire face à autant de soldats n'était pas viable et il leur fallait une embarcation pour quitter cette île. Enfin, une embarcation, pas vraiment pour Marco. Il aurait très bien pu récupérer ses effets personnels et se construire une nouvelle barque à l'écart pendant quelques jours. Seulement, ses cartes, sa boussole, quelques affaires personnelles et ses berrys durement accumulés à la sueur de son front se trouvaient quelque part dans ce bâtiment. Il était dans l'obligation de mettre la main dessus avant de quitter Holy Malo.

À peine les deux hommes eurent franchi la porte que le pirate avait ouvert avec force, qu'elle se referma. Toute seule, d'une manière automatique, les deux battants se rejoignirent. Un cliquetis s'activa, qui semblait signifier la fermeture définitive. Le forban essaya tant bien que mal de rouvrir celle-ci, mais elle ne bougea pas d'un pouce. À cause de la taille du couloir, il lui était dorénavant impossible de se transformer ce qui limitait énormément sa force de frappe. Les deux compères n'avaient plus qu'une seule solution : avancer. La lumière était faible et on ne distinguait le sol qu'à quelques mètres devant, il était impossible de savoir si un piège était présent ou si un déclencheur se trouvait sur le chemin. Il fallait donc avancer avec précaution, sans pour autant être trop lent car on ne savait pas non plus ce qui pouvait arriver de derrière.
Ce fut donc à un rythme moyen que les deux hommes arrivèrent finalement vers la fameuse salle N°2 qui devait être la bifurcation qui les amènerait vers l'Entrepôt. Alors que l'ouverture de cette porte pouvait être évitée, le couloir continuant vers l'entrepôt, la curiosité piqua au vif Goyah. Celui-ci ouvrit la porte. Dès cet instant, un énorme courant d'air aspira les deux personnes dans la salle. Les pieds de Marco décollèrent, il ne pouvait pas lutter face à un tel souffle.

Le noir total.
Marco ne bougea pas. Pendant quelques secondes, le calme complet. Le charpentier était debout et attendait de savoir ce qui allait se passer. Il entendait les quelques pas de son compatriote d'aventure qui le cherchait à tâtons. Puis, alors que l'homme allait commencer à s'avancer, une voix lui ordonna instantanément de s'arrêter et de ne pas avancer. Une voix, étrange, sinistre, qui n'annonçait rien de bon.

La lumière s'alluma lentement, laissant place à un homme assis sur un fauteuil. Il était plutôt bien habillé et donnait l'impression d'avoir une place assez dominante dans l'organisation du maire de Holy Malo. Son visage était caché par un impressionnant masque de lapin qui lui donnait un côté très apeurant. Il avait tout de l'attitude du tueur en série, ainsi que le costume. Marco ne se sentait pas à son aise et le fut encore moins une fois la petite histoire énoncée.
Leur vie ne tenait qu'à un simple jeu.

Une autre lumière s'alluma, laissant apparaître un autre homme masqué par une tête de lapin. Ce serait l'adversaire des deux hommes peu importe l'épreuve. Tout dépendait maintenant d'un simple lancer de dés qui allait choisir l'épreuve à laquelle Marco, qui passait le premier, allait participer. Lapinot, celui qui semblait être le supérieur hiérarchique du dernier arrivé avait dans sa main le sésame et allait tirer un chiffre. Il laissa le suspense pendant quelques secondes, n'hésitant pas à remuer son poignet de telle manière à ce qu'on aurait pu croire au lancer. Pendant des secondes qui parurent des minutes, il agita sa main droite et laissa finalement tomber le petit cube numéroté. Sans même se lever, penchant simplement la tête vers le sol, il examina le chiffre sorti et l'annonça haut et fort à son assistant.


« Quatre, Lapinet. »
« Quatre ?! Ca fait longtemps que ce n'est pas sorti ! J'adore cette épreuve ! »

Il se tourna finalement vers Marco, penchant légèrement la tête, ce qui lui donnait un air sérieux de folie.

« Nous allons bien nous amuser ! »

Sous son masque, on distinguait clairement son sourire.
Il disparut pendant quelques instants et sembla actionner un levier. Au clic de celui-ci, un panneau d'affichage s'alluma sur le mur du fond, affichant en rouge le chiffre un. Celui-ci tourna, laissant apparaître le deux, le trois et enfin le quatre. À partir de là, un autre clic se fit entendre. Toutes les lumières de la salle s'allumèrent. Le sol s'ouvrit littéralement en deux quelques mètres devant Marco et Goyah. Petit à petit, on pouvait voir une sorte de plateforme monter du sous-sol. Au-fur-et-à-mesure Marco commençait à distinguer une sorte de parcours du combattant coloré. Les deux parcours présentaient différents obstacles et étaient parfaitement symétriques. Celui-ci se trouvait en hauteur, surplombant de quelques mètres un plan d'eau. Lapinou reprit la parole pour expliquer les règles.


« Marco Vignali, je pense que tu as compris les règles.
Vous allez devoir faire une course, chacun sur votre parcours respectif. Le premier arrivé est le vainqueur.
Pour plus de piquant, nous avons pris l'option requin dans le plan d'eau. Si vous tombez dans l'eau, vous recommencez tout depuis le début, si jamais vous arrivez à sortir, bien entendu. »


Il fallait donc arriver au bout de ce parcours, assez court et à l’apparence plutôt simple avant son concurrent. Il ne s’agissait pas d’une tâche aisée, même si elle pouvait paraître relativement abordable au premier abord. S’il y avait eu 8 vainqueurs et que le taux de réussite était de cinq pour cent, cela ramenait le nombre de participants à cent soixante. Si on partait du fait que les chances de tomber sur l’un des six chiffres étaient équiprobables, on pouvait donc en déduire que ce « Lapinet » avait déjà effectué ce parcours au moins vingt-six fois sans compter les possibles passages d’entraînements. Il devait en connaître toutes les subtilités et risquait surtout d’utiliser des tours pour tenter de déstabiliser voire d’éliminer Marco, il fallait se montrer prudent et peut-être plus malin que lui.

Les deux personnes prirent place sur la ligne de départ. À la manière des sprinteurs professionnels, Lapinet s’était mis en position accroupie de manière à prendre un meilleur élan. À première vue, le premier des obstacles n’était rien d’autre qu’une multitude de sauts sur des plateformes plus ou moins alignées. Il devait y en avoir une dizaine et elles menaient à une petite plateforme qui menait à l’agrès suivant. « Lapinou » sortit un pistolet de sa poche, ne prononça pas une seule parole, lançant un regard aux deux concurrents pour savoir si ceux-ci étaient concentrés et prêts à en découdre.

Il tira.
Tout de suite Marco s’élança sans même regarder ce que faisait son adversaire. Il sauta sur la première plateforme, la deuxième. Il ne regardait pas l’avancée du Lapinet et ne voulait pas la connaître. Il devait concentrer toutes ses forces pour venir à bout de ce parcours. L’avancée du premier obstacle lui semblait plutôt facile, mais là fut peut-être l’erreur d’aller trop vite.

Alors qu’il arrivait aux trois quarts du chemin,  celle sur laquelle il avait sauté se baissa brusquement sous l’effet de son poids. Il lui fallut un étonnant réflexe pour rebondir et réussir à agripper du bout des doigts la plateforme colorée suivante. Il était maintenant en mauvaise posture, pendu par un seul bras au-dessus de l’eau là où des carnassiers sûrement morts de faim l’attendaient. C’est à ce moment-là que Marco eut le premier regard pour son adversaire qui avançait à un rythme tranquille, évitant certains endroits comme s’il savait lesquels allaient l’amener au fond de l’eau. C’était là l’avantage de connaître le terrain. Le temps de se hisser, le charpentier avait pris un peu de retard, mais avait réussi le quart du parcours, se trouvant maintenant face à un fil suspendu dans le vide.

« Lapinet » s’était déjà lancé à l’assaut et avançait en marchant normalement, sans même trembler, les bras croisés dans le dos. On aurait dit qu’il suivait un simple trait de craie sur du béton tant cela lui semblait facile. Marco préféra cette fois-ci jouer la sureté par rapport à la vitesse et entoura ses jambes autour du câble afin de se sécuriser et se hissa le long à la seule force de ses bras. Il perdait encore du terrain par rapport à son adversaire, mais il était presque sûr d’atteindre l’autre côté. Il put également entendre quelques rires moqueurs par sa position dite du « cochon pendu » qui venaient de Lapinou, mais il n’en fit pas foi. Il ne pouvait pas se permettre de perdre car dit précédemment, c’était la mort qui l’attendait.
Au bout d’une longue minute de souffrance il arriva enfin à l’avant-dernier obstacle.  Une salle avec des miroirs. Il allait devoir rattraper son retard car quand il regarda à sa droite, le lapin n’y était plus. Celui avait déjà pénétré la galerie des glaces et était peut-être même sorti du labyrinthe. S’élançant aussi vite qu’il le pouvait, Marco choisit son chemin au hasard, tournant à gauche ou à droite, cherchant toujours à revenir tout droit. Il manqua quelques fois de s’écraser contre une vitre placée au milieu de l’allée.
Au bout de quelques minutes, il n’y arrivait pas et s’était littéralement perdu. Peut-être que sa stratégie n’était pas la bonne. En réfléchissant, il se rappela qu’il ne savait pas où était la sortie et qu’elle pouvait très bien se trouver à sa droite ou à sa gauche et non pas devant lui. Il allait devoir faire un choix, une chance sur deux. Il avait déjà une idée en tête qui n’avait pas été énoncée dans les règles. Son choix fait, alors que son instinct lui murmurait de choisir le côté droit, il se tourna à gauche, tendant ses deux paumes et lança avec toute sa puissance son attaque qui lui avait permis de battre trois soldats en quelques secondes.


KANNON !

Il avait hurlé, frappant la vitre sur son côté gauche avec toutes ses forces.
Elle se brisa, ainsi que quelques-unes derrière avec la puissance de son coup. Il réitéra la technique plusieurs fois jusqu’à finalement déboucher sur une sortie. Celle-ci coïncida parfaitement avec la sortie de « Lapinet » qui l’avait peut-être délibérément attendu ou qui avait emprunté le chemin normal avec le même pas que sur le fil. Celui-ci en profita même pour faire un petit commentaire.


« Joli mouvement, mais un peu étrange, il suffisait de toujours tourner à gauche pour trouver la sortie…
En attendant, nous voilà à égalité, la dernière partie nous départagera. »


La dernière épreuve était encore éteinte. Alors que les deux personnes firent un pas de plus, ils virent finalement deux scènes de cirque face à eux. S’agissait-il là aussi d’un duel de rapidité. La voix de « Lapinou » retentit alors dans toute la salle.

« Vous êtes maintenant à égalité. Quinze félins affamés vont se présenter dans chacune de vos arènes. Le premier à s’en débarrasser sera le vainqueur. Avancez quand vous voulez au centre de celles-ci. »

Marco n’attendit pas une seconde et se positionna au centre du cercle. Le sol était un mélange de sable et de graviers peu propices aux bons appuis ce qui allait rendre le combat difficile. Les tigres rentrèrent un à un une fois les grilles ouvertes.  Le charpentier n’attendit pas qu’ils soient tous présents pour attaquer et se lança sur le premier à la vitesse de l’éclair, le frappant tout de suite avec la même technique qui avait réussi à détruire les miroirs. Le félin recula, de quelques mètres, mais ne broncha pas. Il s’agenouilla quelques secondes, mais se releva, continuant sa lente avancée vers la proie qu’était Marco.

Le civil renouvela l’expérience, mais ses coups n’arrivaient toujours pas à battre les monstres de muscles qu’étaient ces animaux. Les coups de « Kannon » pleuvaient, mais rien n’y faisait. Un simple regard vers le combat d’à côté suffit à Marco pour voir qu’environ la moitié des tigres était à terre. À ce rythme, « Lapinet » aurait gagné dans quelques secondes.
C’est à ce moment précis que l’homme aux cheveux blancs se rappela des mots de celui qui commandait le jeu. « S’en débarrasser » pouvait avoir beaucoup de significations. Peut-être que jouer avec les mots serait le salut de l’homme.

Celui-ci s’écarta du centre de l’arène, laissant les félins s’approcher du côté. Il était maintenant au point le plus près de l’arène de son adversaire.
Le premier tigre passa à l’attaque et fut reçue par la même attaque que tout à l’heure. Sauf que cette fois-ci, l’objectif n’était pas le même, cette technique ne voulait pas le battre, mais renforcer son saut et l’envoyer directement dans le ring voisin. Chose réussie. Le nombre de félins augmentait pour « Lapinet » mais diminuait pour Marco. À force de coups et de techniques, il ne restait maintenant plus qu’un tigre pour le civil, mais également plus qu’un pour l’homme-lapin qui était passé à la vitesse supérieure en voyant le nombre grandissant. Cela se terminerait sur un duel de vitesse. Qui serait le plus rapide ? L’attaque du lapin pour abattre le tigre ou celle de Marco pour l’envoyer sur le ring.
Les deux tigres chargèrent en même temps, laissant les deux hommes à leur courage et force respectifs. De ses deux mains, Marco tenta le tout pour le tout, dirigeant son attaque droit sur le tigre de son adversaire de manière à se faire entrechoquer les corps et empêcher la mort du premier, mais aussi du second. La supercherie marcha, même si le tigre envoyé par le charpentier subit un coup dans la nuque qui lui fut sûrement fatal. Un tigre restant à zéro.


« Voilà qui est ennuyeux.
Vous êtes vainqueur, Marco. Vous gagnez votre vie et votre libération de cette pièce.
C’est à votre tour monsieur Goyah. Voyons maintenant ce que le sort vous réserve et si vous saurez vous montrer aussi fort que votre compagnon. »


Pour Marco, exténué après toutes ces techniques enchaînés, il était clair que l’aide de son compatriote ne serait pas de trop et qu’il allait en avoir besoin pour la suite des événements. Restait à savoir si son épreuve serait aussi clémente.
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MessageSujet: Re: Holy Malo (Avec Marco Vignali) Sam 12 Juil - 13:46




Un défi sordide ...
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Marco avait été le premier à passer, et son épreuve consistait à traverser un parcours d'obstacles. Lapinet avait lui aussi le même parcours, il s'agissait donc d'une course. Du début à la fin, la tension ne cessait de tomber et de redescendre, à tel point que je crus pendant un moment que mon camarade allait y passer. Finalement, un épreuve finale allait permettre aux deux adversaire de se départager puisqu'ils avaient fini ex aequo. Cet ultime défi hallucinant offrait la victoire à celui que se débarrassait le plus vite possible d'une horde de tigres dans l'enceinte d'une piste de cirque. Et enfin je vis à quel point le charpentier était exceptionnel ... Sa force physique était bien supérieure à celle d'un humain normal. Et il en était de même pour Lapinet qui faisait preuve d'une efficacité indéniable. Mais ce fut grâce à une certaine stratégie qu'il parvint au dernier moment à inverser la tendance. Marco avait été déclaré vainqueur à mon plus grand soulagement. Ces épreuves allaient m'être utiles pour la suite. Je savais désormais que Lapinet était un homme athlétiquement parfait et doté d'une force similiaire à celle de Marco. Autrement dit, je devais être extrêmement prudent si je devais par un quelconque moyen le combattre. Lapinot se repositionna correctement dans son fauteuil et déclara :

- Voilà qui est ennuyeux. Vous êtes vainqueur, Marco. Vous gagnez votre vie et votre libération de cette pièce. C’est à votre tour monsieur Goyah. Voyons maintenant ce que le sort vous réserve et si vous saurez vous montrer aussi fort que votre compagnon.
- Avec plaisir. Tirez-donc les dés.
- Monsieur Goyah a un avantage : lui ne vient pas de disputer une épreuve fatigante !
- Ferme-là, Lapinet ! Ce sont les règles tu le sais bien. Et de toute façon ça peut compenser avec le fait que nous avons le droit de les tuer pendant le Bunny Hell, et que eux n'en n'ont pas le droit. Bien. Les dés ont donné le chiffre deux !
- Chic ! Chic ! Chic ! J'adore ! J'adore ce jeu !
- Qu'on en finisse ! De quoi il s'agit cette fois-ci ?
- En premier lieu, il va falloir faire jouer votre intuition. En second lieu il va falloir vous montrer opportuniste. Puis au final, il faudra que vous vous montriez combattif. J'ai nommé : le Jeu du Maitre et du Soumis !
- Chic ! Chic ! Chic ! Il me tarde de savoir qui de nous deux sera désigné " maitre " et l'autre " soumis " ! Annonce la question, Lapinot !!
- Silence, Lapinet ! Monsieur Goyah, je vais commencer par poser une question. Comme je vous l'ai dit il va falloir jouer avec votre intuition. Celui qui aura donné la réponse la plus proche de la bonne, sera désigné " Maitre " pour la suite du jeu. Vous êtes prêts ?
- Oui !
- Oui.
- Combien ai-je de pièces dans ma poche ?

Il plaisantait ? Ce taré voulait qu'on devine combien de pièces il avait dans sa poche ? Ou un nombre approximatif ? Aucun moyen de le savoir. Le bougre avait bien raison : il fallait jouer avec son intuition. Vu ce à quoi il servait dans cette mairie, il était impossible qu'il puisse disposer d'argent sur lui. Ca n'avait aucun sens. Et puis le maire Jojo Lapin lui donnait certainement tout ce dont il désirait.

- Je dirais zéro.
- Et moi six !!
- J'en ai exactement huit. C'est donc Lapinet qui est désigné " Maitre ". En tant que Maitre, il va devoir jouer les opportunistes pour remporter la manche suivante. La dernière manche est un combat de boxe, sur un ring. Il existe cinq paires de gants : les gants normaux, les gants piquants, les gants hallucinants, les gants anesthésiques et les gants électriques. Il existe deux règles différentes pour la victoire : combat jusqu'au K.O ou combat à mort. Le Maitre peut choisir quelle paire de gants chacun va pouvoir se doter ainsi que la condition de victoire, à savoir par K.O ou à mort. Lapinet, je te laisse choisir.
- Le combat sera à mort bien entendu, sinon ce n'est pas drôle. Quant aux paires de gants, nous prendrons chacun des gants électriques.
- Minute ! Pourquoi il me donne des gants électriques ? Il aurait pu me donner des gants normaux et s'assurer la victoire plus facilement, non ? En plus je vais le rétamer puisque j'utilise mes pouvoirs !
- Oh non, Lapinot ! Tu as oublié de lui dire ce qu'il y a de plus amusant quand on est Maitre !
- C'est vrai, Lapinet, excuse-moi. Monsieur Goyah, en tant que Maitre, Lapinet a le droit de vous donner un gage lors de ce match de boxe.
- Quoi ?!




- Et j'ai choisi !! Monsieur Goyah, vous n'avez pas le droit d'utiliser votre fruit du démon ! Et avec chacun nos gants électriques, ça va être vraiment amusant ! Un combat jusqu'à la mort ! Enfin vous n'avez pas le droit de me tuer hein, n'oubliez pas. Car je suis un organisateur. En revanche moi je peux alors faites attention !
- N'oubliez pas Monsieur Goyah, que si vous vous affranchissez de votre gage, votre ami Marco sera tué. Je détiens toujours cette télécommande qui me donne un contrôle total de la Salle n°2. A présent avancez-vous jusqu'au ring et enfilez vos gants. Quand vous serez prêts, vous pourrez commencer. Un conseil : utilisez toutes les subtilités de la boxe.

Un projecteur s'alluma et éclaira notre aire de combat qui se situait à une trentaine de mètres de moi. Lapinet s'y rendit en sautillant, tout guilleret qu'il était. Le combat qui allait se dérouler allait donc être terrible. Imaginez qu'à chaque coup, vous recevez une décharge électrique de plusieurs milliers de volts. Sans négliger les coups de Lapinet, qui devaient être exceptionnels. Sans mes pouvoirs, j'étais sûr et certain de perdre. Et pourtant je ne pouvais risquer la mort de Marco. Il m'avait donné un coup de main c'était vrai mais ... Qu'en était-il réellement ? Après tout cela faisait que depuis moins d'une heure que je le connaissais ... Et puis ce n'était pas un ami. Il avait beau avoir de très beaux tétons, il n'était pas pour autant forcément digne de vivre. Peut-être était-il un assassin. Ou un homme de Jojo Lapin ? Vu sa force et ses capacités physiques, cela ne m'aurait pas étonné. Beaucoup de ses capacités se retrouvaient chez Lapinet après tout. En tout cas, si je ne me transformais pas, j'étais fichu. Mais qu'importait, l'essentiel était de gagner par mes moyens.

J'enfilai ces étranges gants bleux recouverts de fils électriques alors qu'en face de moi ce dégénéré au masque terrifiant sautillait sur place en donnant des coups de poings dans le vide. Nous nous mîmes en position, un "gong" se fit entendre et l'affrontement débuta. A tour de rôle, nous infligions de léger coups de poings dans la garde adverse, ce qui provoquait de petites étincelles. Et petit à petit, les échanges s'intensifièrent. Les coups de mon ennemi étaient infiniement plus puissants que les miens. Je l'entendais ricaner derrière son satané masque. Les paroles de Lapinot me revinrent en mémoire. " Toutes les subtilités de la boxe ". Autrement dit toutes les disciplines de boxe. Cela incluait les coups de pieds. Longtemps j'avais été initié à divers arts martiaux dans mon enfance. Et j'avais vu toutes sortes de boxes. Soudainement, je levai ma jambe pour infliger un coup presque circulaire en pliant celle-ci, puis en la dépliant soudainement. Une technique nommée le " fouetté ". Lapinet esquiva. Ce fut trop tard que je réalisai que ma garde n'était pas en place. Son direct du droit me percuta et m'électrocuta. Je tombai alors au sol en convulsant, je sentais tout mon être traissaillir. La douleur était intense. Je croyais que ça avait duré toute une éternité mais en fait tout cela n'avait duré que deux secondes. Je me relevai avec difficulté, sonné et titubant. Il ne fallut pas moins de dix secondes avant de me retrouver au sol et de subir encore l'effet foudroyant de ces gants de malheur. Mes forces m'avaient entièrement quitté, mon corps rougi et fumant avait du mal à retrouver appui sur ses jambes. Lapinet enchaina deux nouveaux coups de poings et rebelote. Contre le sol du ring, je tremblait, bavait et souffrait. Impossible de me relever. Lapinet recommence alors que je suis au sol. De nouveau me voilà en proie à l'electricité qui traverse mon corps de la pointe de mes cheveux aux bout de mes orteils. Et je n'en pouvais plus. Subir une telle douleur. Je n'en voulais plus. Tant pis pour Marco. Ce n'était pas un ami. Et puis j'étais un pirate. C'était ça l'aventure, parfois. Je me laissais alors aller à la transformation.


D'un coup j'étais devenu géant et tout doré. J'étais assis, mais je surplombait le minuscule Lapinet qui hurlait : " T'as pas le droit ! T'as pas le droit ! ". Je lancai un regarde vide à Lapinot, puis à Marco. Et je me laissai alors tomber en avant, et de tout mon poids j'écrasai l'organisateur de ce Bunny Hell. Je sentis comme une petite piqûre dans mon ventre mais il ne s'agissait que des gants électriques de ce dingue. Avec une telle différence de taille, j'étais beaucoup plus résistant désormais. Je levai la tête avec difficulté, et comme l'avait promis Lapinot, il appuya sur sa télécommande. Le sol situé sous les pieds de Marco s'ouvrit. C'était un trappe d'un dizaine de mètres de diamètre. Ce qui empêchait à la pauvre victime de s'accrocher au bord pour en réchapper. Le charpentier disparut donc sous mes yeux vers une destination inconnu. Une mort certaine, si l'on en croyait les mots de Lapinot. Il se leva de son fauteuil et dégaina lentement un pistolet.

- Monsieur Goyah, vous avez triché au Bunny Hell, vous allez en subir les conséquences. Honnêtement je ne vous aurais pas cru capable de désobéir au gage de mon collègue. Mais la sentance à été prononcé. D'ici quelques secondes votre ami sera mort. Je vous suggère de ne plus bouger. Le Maire va bientôt arriver et autant vous dire qu'il aurait mieux valu que vous mourriez des mains de Lapinet. Car ce que l'on va vous faire subir est pire que la mort ...

Petit à petit, mes forces me quittèrent de nouveau et je retrouvai ma forme humaine. Le corps complètement en charpie de Lapinet gisait à coté de moi dans une marre de sang. Si j'avais pu, j'aurais pu m'enfuir ou tuer Lapinot mais non ... J'étais trop faible. Avoir été electrocuté à plusieurs reprises avait fait de moi un mollusque. A la merci de mes futurs bourreaux, je regrettais déjà mon geste. Non pas vis à vis de Marco ... Mais vis à vis de moi-même. Je ne voulais pas mourir. Je refusais la mort. Et pourtant je m'apprêtais à la recevoir.



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MessageSujet: Re: Holy Malo (Avec Marco Vignali) Lun 14 Juil - 15:49



Marco était sorti vainqueur de sa confrontation. Il avait réussi à terminer en tête de l'épreuve grâce à une brillante stratégie. Cela ne s'était pas joué à grand-chose, mais il avait, pour le moment, sauvé sa vie. Alors qu'il haletait encore pour récupérer son souffle après la succession de techniques qu'il avait utilisées, il réfléchissait à son avenir proche. Il avait beau avoir gagné, il ne se sentait vraiment pas à l'aise dans cet endroit. Il avait du mal à se dire que sa vie était sauvée et qu'il allait pouvoir quitter cette salle dans ses dispositions actuelles. Quelque chose n'allait pas, pourquoi laisseraient-ils en vie deux intrus qu'ils avaient sous la main parce qu'ils avaient gagné une vulgaire épreuve ? Il ne pouvait s'agir que d'un divertissement, rien de très sérieux. Le véritable combat serait pour plus tard, celui qui leur permettrait vraiment de s'en sortir, Marco et son compagnon de mésaventures.

C'était d'ailleurs à son tour.
Il commença par le même déroulement que Marco. L'organisateur tira les dés et tomba sur un chiffre différent du précédent. Ce fut le numéro « deux » qui fut tiré, chose qui attisa toute de suite les ardeurs de « Lapinet » qui en devint excité. Il devait particulièrement apprécié cette épreuve ce qui ne réjouissait pas vraiment le civil qui se doutait qu'une défaite de l'un des deux se résumait à la défaite des deux personnes. Le duel allait être un combat où l'organisateur et son assistant avaient tous les choix et les avantages. Il y eut tout d'abord le choix des armes où furent sélectionnés des gants un peu spéciaux : ils envoyaient des décharges électriques au moindre contact et étaient donc très destructeurs. Le moindre contact prolongé pouvait signifier une défaite instantanée. Alors que le combat allait commencer, « Lapinet » annonça une deuxième condition qui risquait de lui assurer la victoire : Goyah n'avait pas l'autorisation d'utiliser son fruit du démon sans quoi ce serait Marco qui serait pénalisé, laissé à une mort certaine en passant par la trappe qui avait été énoncée plus tôt. L'organisateur lapin avait encore cette télécommande qui était capable de commander la salle entière et il possédait tous les droits.

Là était donc la condition de défaite des deux personnes. Marco, alors qu'il était sorti vainqueur de son épreuve, était inclus dans la seconde en espérant que le pirate franchisse les règles et entraîne son partenaire et lui-même dans la défaite.
Sincèrement, le civil pensait que la personne qu'il avait en face de lui ferait attention et en sorte de ne pas utiliser son pouvoir démoniaque. À deux, ils avaient déjà eu une avancée compliquée et le fait de perdre la moitié du binôme, sans parler du fait que la mort l'attendait d'après les dires de l'organisation, compromettait fortement les chances du duo de s'en sortir.

Le combat commença.
Les choses furent assez équilibrées pendant les premières minutes et les premiers coups d'échauffement fusèrent, laissant tomber des étincelles créées par le choc entre les deux paires de gants. Au fur et à mesure des secondes, le rythme des coups devenait plus rapide, les premières frappes touchèrent le corps, électrocutant l'adversaire. Au bout d'une minute ou deux, ce fut finalement Goyah qui craqua le premier, ne résistant plus aux décharges. Il se releva péniblement une première fois, mais celui qui prenait le premier coup était forcément désavantagé. Rapidement, il fut surmené, soumis aux décharges électriques et à la cruauté de son adversaire qui n'hésitait pas à frapper un homme à terre. Cela se transforma rapidement en une démonstration, à sens unique. Le pirate était fait, il ne pouvait pas gagner.

Au fil d'une hésitation, alors que Marco ne bougeait pas, regardant le combat et son compagnon se faire littéralement détruire par les coups, le pire pour le civil se produisit. Dans un dernier effort, le corps du forban se mit à grossir de la même manière que dans le grand hall d'entrée. Il utilisait son fruit du démon pour se défaire de cet adversaire coriace. Il utilisait ses dernières forces pour vaincre, mais dépassait les règles et condamnait par la même occasion son partenaire. Marco ne comprit pas tout de suite ce qui allait lui arriver. Il eut simplement le temps de voir la lourde chute du colosse doré sur son adversaire. « Lapinet » allait sûrement succomber à l'écrasement s'il ne l'esquivait pas, le poids était beaucoup trop important pour lui. Le sol sous les pieds du charpentier s'était dérobé, il ne trouva pas de point d'appui malgré tous ses battements de bras, le bord était trop loin et il s'enfonça, tombant, chutant dans le vide, dans le noir, sans rien voir et sans rien savoir de ce qui l'attendait en bas.
Il heurta une première fois la paroi, sans réel dommage, puis une seconde, à l'arrière de la tête. Il perdit connaissance.

[...]

Quelques minutes ou quelques heures, il ne savait pas ce qui s'était passé.
Marco se réveilla au sol. Tout de suite, il essaya de se relever, se tâtant toutes les parties pour identifier une partie douloureuse. Mis à part l'arrière de sa tête qui le faisait souffrir à cause du choc qui lui avait fait perdre connaissance, il n''avait apparemment rien. Une fois relevé, debout, il ne savait pas du tout où il se trouvait. L'endroit était noir, la pénombre régnait et le jeune homme ne pouvait même pas distinguer les mains qu'il mettait devant ses yeux. Il essaya d'avancer quelques mètres, mais se prit un mur. Il tenta alors de le longer, pendant plusieurs minutes, mais cela ne le mena à rien. Il s'arrêta alors, réfléchissant à comment il allait faire pour s'en sortir. Assis par terre, il cherchait à économiser les forces qui lui restaient.


« Tiens, quelqu'un est tombé ?  » lâcha finalement une voix qui semblait s'avancer dans la direction du charpentier.

Au bout d'une minute à peine, Marco distingua une source de lumière, une torche et quelqu'un qui la portait.

Ami ou ennemi ? Il s'agissait encore d'un homme-lapin, assez âgé, son masque avait eu quelques problèmes et était assez délabré. Il semblait être là depuis longtemps, mais d'après les paroles qui sortirent tout de suite de sa bouche, il semblait beaucoup plus amical que les deux qui se trouvaient au-dessus d'eux.


« Encore une victime de leur jeu ? Que croient-ils en vous envoyant ici ? La mort ne t'attend pas jeune homme. Tu vas vivre et pouvoir partir. Ils croient quoi ? Que je bouffe ceux qui tombent ?!
Suis-moi si tu veux sortir ! »


« Qu'est-ce que vous faîtes là ? Vous allez l'air ici depuis longtemps ? » demanda Marco tout en suivant le vieil homme.

« Je suis un ancien habitant de Holy Malo, envoyé en exil dans ses murs. Ils croient que je suis devenu un monstre, me nourrissant de la chair qu'ils m'envoient, mais j'ai trouvé une sortie et vit maintenant à l’extrémité de l'île, seul, mais sereinement. Je me promène souvent dans cette grotte dans laquelle j'ai été envoyé.
Et toi, mon garçon, qu'est-ce que tu fais là ? Tu as osé défier le maire ? »


« J'ai été pris dans une autre affaire... J'ai rejoint la mairie pour retrouver mes affaires, mais j'ai été pris dans ce jeu. Mon coéquipier a franchi les règles et j'ai été envoyé ici. J'aimerais quand même récupérer mon argent, mon navire et mes effets personnels...
Vous savez comment je peux remonter ? »


« Tu veux vraiment y retourner ?! Je sais comment faire, mais je te donnerai le conseil à une seule condition !
Envoie-moi le maire ! Vole la télécommande et envoie-le moi ! À l'heure qu'il est, ton... Ami qui a eu la bonté de t'envoyer ici doit être torturé par Jojo Lapin en personne ! Fais-le tomber ! »


Marco avait également reçu un pistolet à tir unique de la part du vieillard.
Il avait assuré la mort du maire si celui-ci tombait. Le charpentier avait pu voir la hargne dans ses yeux et il était clair qu'il disait vrai.

Des escaliers de pierre allaient ramener l'homme directement à la salle numéro deux. Ils étaient parfois empruntés par les soldats pour enlever les corps, mais à chaque fois, ils n'y avaient rien trouvé. Marco les enjambait quatre par quatre, espérant retrouver la surface rapidement.

Ce fut finalement au bout de quelques minutes, alors qu'il commençait à entendre des voix que le civil ralentit. Il monta sur la pointe des pieds, faisant le moins de bruit possible. Il entendait toujours l'organisateur, mais également une autre voix. Goyah était-il toujours vivant ? Derrière la scène, Marco entrouvrit la porte sans bruit et put voir les deux hommes de dos en face du corps allongé de son compatriote. Pour s'assurer son corps, il s'avança de quelques pas, prit position, s'accroupissant pour s'assurer une stabilité parfaite et tira.

La balle partit, pénétrant le masque de « Lapinou » l'organisateur, le traversa et ressortit exactement dans la bouche de l'énorme masque. Le coup était gagné, le sang avait giclé, le corps était tombé sans vie et la balle était allée se loger directement dans le mur derrière. L'autre homme-lapin se retourna dans la foulée, voyant maintenant l'homme aux cheveux blancs qui lui avait tiré dessus.
Il fallait maintenant localiser la télécommande qui devait toujours être en possession de « Lapinou ». Il faudrait s'approcher ou compter sur une action de Goyah qui aurait peut-être l'idée lumineuse de se saisir de l'instrument capable de maîtriser cette salle.


« QUI ES-TU ?!!! » hurla cette nouvelle personne qui devait être le Maire.

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Goyah Adams Jr.
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MessageSujet: Re: Holy Malo (Avec Marco Vignali) Mar 15 Juil - 18:47




L'opération " Perfect Milk "
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Imaginez-vous, vidé de vos forces, complètement démuni et amer de ne pas utiliser ses propres pouvoirs pour se tirer d'une situation comme celle-ci. Mon corps ne m'obéissait plus et chaque mouvement, aussi infime soit-il était une torture. Des spasmes parcouraient l'ensemble de ma carcasse fumante, mes muscles étaient contractés à leur maximum. La seule solution possible pour échapper à ces tourments était de gir sur le sol, immobile. Mes pensées étaient complètement dirigées vers Lapinot. J'entendais ses pas résonner contre le sol. Il s'approchait de moi, et comme il l'avait dit, ma mort allait être lente et douloureuse. Tout était perdu, surtout que j'avais sacrifié bêtement Marco pour une cause perdue. J'aurais dû réfléchir avant. Mais je n'avais écouté que mon instinct naturel.

La notion du temps me paraissait aussi brumeuse qu'insaisissable. Combien de minutes avions-nous attendu ce maudit maire qui faisait tant parler de lui ? Je savais seulement que Lapinot ne m'avait pas quitté du regard. D'un coup, la porte d'entrée s'ouvrit, et entra alors le tyran de Holy Malo. Il était de petite taille, à peine un mètre 60, il portait des lunettes noires et un habit plutôt inhabituel, qui lui donnaient un air de faux monarque. Et comme son nom l'indiquait, c'était un lapin blanc. De ses petites narines il huma l'air et ne manqua d'éclater de rire en me voyant immobilisé au sol à cause des précédentes décharges.








- Tu as tenté de sauver ta peau en tuant ton partenaire, microbe ? C'était très bête. Le Bunny Hell n'a pas été conçu pour qu'il y ait des vainqueurs, son unique fonction est destinée à assurer mon divertissement personnel. Rares ont été les exceptions qui ont su déjouer les épreuves de Lapinot et Lapinet, comme vous l'a si bien rappelé Lapinot.
- C'est exact, Monsieur le Maire.
- Silence ! Je ne t'ai pas donné la parole ! Hin, hin ... Alors de quelle façon vais-je supplicier ? J'ai bien envie dans un premir temps de te faire dévorer les jambes par les requins enragés de notre bassin, puis de faire tremper tes moignons dans un bain d'eau salée pendant quelques heures. Ensuite je brûlerai tes mains et pour finir tu seras pendu par les bras devant la Mairie jusqu'à ce que mort s'ensuive. Tu feras un très bon martyr j'en suis certain hin hin hin ...

Bang ! Un coup de feu retentit soudainement. Lapinot s'effondra dans un flot de sang, laissant ainsi sa télécommande valdinguer dans les airs pour finalement retomber sous mon nez. Jojo Lapin, furieux, se retourna pour faire face au tireur embusqué qui ne tarda pas à se révéler au grand jour. Marco ! Le charpentier ! Il était revenu. Je le croyais déjà mort ... Par quel miracle avait-il réussi son coup ? S'il avait obtenu ce mousquet, c'est qui avait eu l'opportunité de s'enfuir et de me laisser entre les mains de cet homme-lapin diabolique. Il fallait donc que je me rachète si je voulais me tirer vivant de cette salle. La télécommande était à ma portée, et tout pouvait se terminer maintenant. Je saisis l'objet à pleine main dans la douleur, tandis que Jojo Lapin tourna la tête vers moi et constata avec effarement que la télécommande était en ma possession. Les boutons étaient organisés en topographie de la pièce, et chaque interrupteur en forme de case désignait une trappe à s'ouvrir. Je n'avais plus qu'à appuyer sur celle qui se situait sous les pieds de Jojo Lapin. Je levai avec difficulté la tête et m'adressai au compagnon que j'avais trahi.

- Pardonne-moi, Marco ! Mais grâce à toi, on va se débarasser de cette pourriture !! Crève sale lapin !! Que la volonté de mes tétons s'accomplisse !!

Je pressai l'interrupteur correspondant à la trappe située sous les pieds de Jojo Lapin, m'attendant à ce que ce dernier tombe dans un trou comme mon camarade quelques minutes plus tôt. Mais rien ne se produisit. J'appuyai une seconde fois. Une troisième. Rien du tout. Le maire maléfique se contenta alors d'éclater d'un rire sardonique qui se répercuta en un écho insuportable.

- Hin hin hin hin !! Bande d'imbéciles, vous croyez que je ne prends aucune précaution ? A chaque fois que j'entre dans cette pièce, je désactive au préalable la télécommande de Lapinot. Pour quelle raison, me direz-vous ? Et bien parce que tout simplement parce que Lapinot et Lapinet sont des prionniers, ah ah ah ! Et des frères qui plus est. Je les ai capturés il y a longtemps. Ils étaient de farouches opposants à ma façon de diriger l'île. Je les ai torturés pendant des mois pour qu'ils m'obéissent au doigt et à l'oeil. L'un d'eux en a même perdu la raison. Leurs visages ont été tellement déformés qu'ils ont préféré porté des masques de lapin. En vérité ils étaient prisonniers de cette pièce. Bien qu'ils en avaient toutes les commandes, impossible pour eux d'activer les issues. Seul moi le pouvait depuis mon petit bureau douillet. Leur seule raison de vivre était de jouer au Bunny Hell jusqu'à la fin de leurs jours. Et ma foi ... Ils ont échoué.
- C'était trop beau ... En somme, même si on arrive à se tirer de là, nous sommes condamner à rester ici. Puisque on les commandes des issues se trouvent uniquement dans ton bureau ...
- Exact. Et je compte bien remplacer mes anciens favoris. Vous serez les nouveaux Lapinot et Lapinet !! Vous serez les organisateurs du Bunny Hell jusqu'à la fin de votre vie ! Vous me divertirez pour assurer votre survie ! Aujourd'hui est vraiment un grand jour !
- Un grand jour ?

Coup de patte blanche !!

Jojo Lapin se mit à tournoyer sur lui-même et m'asséna un coup de pied surpuissant. Le choc fut tellement rude que je fus projeté à une dizaine de mètres en l'air avant de tomber lourdement sur le sol, complètement meurtri. Il était bien plus vif, et certainement plus costaud que Lapinet. Et moi j'étais pour ainsi dire hors combat. Mes multiples électrocutions m'avaient réduit en véritable loque. Mon seul espoir était de retrouver mes forces peur à peu. Jojo Lapin sortit une carotte de sa poche et se mit à l'admirer avec attention.








- Quelle belle carotte. Je la mangerais bien pour me féliciter d'une si belle prise. Savez-vous mes enfants, que je maitrise ce que j'appelle le Karaté-Terrier ? De la même manière que les hommes-poissons maitrisent le karaté amphibien, les hommes-lapin comme moi ont appris à manier le karaté-terrier. Un art martial redoutable qui réduirait en bouillie le meilleur maitre de combat humain ... Savez-vous quelle heure il est ?
- On a pas l'heure, ici.
- Eh bien dans moins d'une heure, l'opération " Perfect Milk " va débuter. A l'heure qu'il est, on rassemble tous les habitants de Holy Malo à la place centrale, héhé ... Je ne compte pas trafiquer toute ma vie, non. Mon rêve est de devenir le premier producteur mondial de carottes. Lors de mes expériences sur les carottes, j'ai découvert un engrais on ne peu plus fertile. Je l'ai appelé, le Lait Parfait, ou encore le Jus de Cul.
- Mais tu es complètement fou ... Te voilà en train de délirer maintenant.
- C'est sérieux, futur Lapinet deuxième du nom. Il semblerait que la friction provoquée par un objet quelconque dans le rectum d'un humain générerait une transpiration exceptionnelle, bourrée d'hormones capables de faire pousser des carottes à une vitesse insoupçonnée !!
- Tu es fou à lier !
- La ferme !! Tu as été incapable de résister à mon " Coup de patte blanche " alors que tu as des pouvoirs ! Dans peu de temps, la Police de la Pensée déploiera toutes ces précieuses machines que nous avons mis des mois à construire. Ces dernières fixent les sujets sur des chevalets tandis qu'un système mécanique fait enfoncer et retirer des mains en plastique dans le cul ...
- Tais-toi !! C'est ignoble !!
- Tout ça pour récolter le Lait Parfait ! Tous les habitants de cette île seront mon troupeau pour garantir ma richesse dans le commerce de la carotte ! Ah ah ah ah ! Vous, humains, qui vous plaisez à domestiquer les boeufs, les poules, les cochons ... Et même les lapins ! Vous allez comprendre ce que ça fait d'être exploité ainsi ! Enfants, femmes, vieillards ! Tout le monde devra me fournir en Lait Parfait quotidiennement ! Mes semblables parleront de moi comme un visionnaire, et eux aussi voudront leur propre exploitation d'humains ! Vous serez alors domestiqués, et nous, les hommes-lapins nous multiplieront et deviendront la race dominante ! Ah ah ah ah !!

Je commençais à comprendre le personnage. Il avait complètement perdu la raison. Cette police, ce Bunny Hell, cette élection truquée, et cette horrible machine inimaginable ... J'avais eu tort en sous-estimant ce tyran lorsque j'avais mis les pieds pour la première fois dans la taverne de l'île. Ce que comptait faire ce bouffeur de carottes allait au-delà de tout degré de perversité qu'un esprit sain pouvait concevoir. Il fallait l'arrêter avant que son plan " Perfect Milk " ne commence à se mettre en place. Etant moi-même inapte à combattre, Marco était l'ultime espoir de Holy Malo. Il allait devoir affronter Jojo Lapin et ses terribles techniques du karaté-terrier.




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MessageSujet: Re: Holy Malo (Avec Marco Vignali) Mer 16 Juil - 15:21



Marco eut l'impression que tout se passa en un fragment de seconde.
Il venait de faire sa première victime. Cela faisait-il de lui un criminel ?
Sur le coup, il n'avait pas pensé à son geste. Il avait seulement appuyé sur la gâchette, l'objectif étant de se libérer de ce terrible enclos dans lequel lui et son compagnon de mésaventures étaient enfermés. Il n'avait pas pensé au fait qu'il enlevait la vie à un être humain. Son esprit était focalisé sur autre chose, sur les ennemis et sur ce qu'il allait devoir faire pour sortir d'ici et quitter cette île le plus rapidement possible avec tous ses biens. Après son coup de feu, il revint à peu à peu à lui, regardant aux alentours, entendant rire le terrible maire de l'île. Goyah était bien là, présent, couché sur le sol, toujours énormément atteint par son précédent combat. Comme exprimé tout à l'heure, il espérait que celui-ci ait l'idée et l'opportunité de se saisir de la télécommande et de mettre fin aux jours du commanditaire de tous ces actes. En avait-il la force ? En avait-il l'envie puisqu'il n'avait pas hésité à sacrifier le charpentier pour sa survie ? Marco ne le savait pas et ne voulait pas le savoir. Il se savait seul si jamais ce pirate venait à mourir. Dehors, il y avait des hordes de soldats qu'il ne pourrait jamais affronter avec un tel niveau d'épuisement. À deux les chances étaient déjà faibles, seul, elles étaient nulles.

Dans un élan de lucidité, Goyah avait saisi la télécommande qui, par un revirement du destin, avait atterri à côté de son corps durant la chute de son détenteur. Après quelques paroles qui allaient clore la vie de Jojo Lapin, il appuya sur le bouton de la délivrance, le bouton qui allait permettre la fuite et la survie des deux hommes. Et là, alors que le soulagement commençait à envahir l'esprit de Marco et que sa tension se relâchait, rien ne se passa. Les deux compères avaient sûrement cru à la disparation de leur ennemi, mais non, il était toujours là. Il se mit à rire, expliquant qu'il prenait le soin de désactiver cette télécommande dès qu'il se rendait dans la salle. On comprit par la suite que c'était parce qu'il s'agissait d'anciens prisonniers et qu'il n'avait pas toute confiance en eux. Ils auraient sûrement voulus se débarrasser de lui avant de mourir.

À la suite des explications, JoJo Lapin n'hésita pas et décocha instantanément une frappe pour achever Goyah. Un coup de pied sauté retourné qui envoya le pirate dans les airs avant que celui-ci ne s'écrase lourdement sur le sol. En plus d'être un infâme tyran, le maire était aussi un combattant doué. Il s'agissait d'un adversaire redoutable.
Comme le craignait Marco, la situation se goupillait en un affrontement solitaire entre le mammifère humain et lui. Comment allait-il pouvoir vaincre quelqu'un qui était capable de faire voler un corps aussi facilement et qui, d'après ses dires, maîtrisait un art martial qui le mettait à un niveau supérieur à l'Homme. S'il avait eu le choix, le charpentier aurait fui ou se serait éclipsé discrètement, laissant le forban au sol à son triste destin et à la mort qui l'attendait.
Il dévoila ensuite ses plans futurs, qui s'avéraient atroces pour les habitants de l'île, tout ça pour faire régner sa propre race sur l'île et sur le monde. La situation était pire que prévue et le futur de tout une île, voire même celui des alentours dépendait des deux hommes actuellement enfermés dans cette pièce. Peu à peu, Marco entrait dans une phase de concentration lourde. Il savait qu'il allait devoir combattre cette brute, combattre ce petit être qui possédait une force démesurée capable de le mettre au tapis assez facilement. La seule chance de victoire qui subsistait était une concentration et une volonté à toute épreuve qui permettraient à l'homme de se relever de chacun des coups.

En réfléchissant à la stratégie à adopter, Marco comprit rapidement qu'il ne pourrait pas utiliser l'environnement en présence. Seuls les quelques requins étaient là et représentaient un danger plus important pour le charpentier que pour le lapin qui avait montré des belles facultés de saut et de détente lors de son attaque. Son agilité semblait supérieure à la moyenne et il lui serait assez aisé de se propulser sur une des plateformes si jamais il se rapprochait du bassin. En parcourant la salle des yeux, Marco ne voyait rien qui lui serait utile. Son regard analysa plusieurs fois tout ce qui se trouvait face à lui et là, il vit peut-être l'objet qui allait lui permettre de vaincre. Sur le corps écrasé de Lapinet se trouvaient encore les gants électriques. La paire émettait encore quelques étincelles synonymes de leur bon fonctionnement. Il était peut-être un surhomme, un homme-lapin comme il l'avait si bien dit, mais son corps gardait la même constitution. La solution était là, il fallait au moins essayer. Il fallait encore trouver comment se rendre près de ce corps sans attirer l'attention. Jojo Lapin était actuellement le plus proche, même s'il n'avait pas vu les armes. Il fallait donc se rapprocher, feinter le combat, essayer et se rapprocher assez discrètement, au gré des différents mouvements pour se saisir des armes. 


« Tu es perdu dans tes pensées ?!!
Ce n'est pas le moment ! »



Le maire de Holy Malo avait bondi pendant que Marco avait relâché son attention. Le charpentier le vit venir au dernier moment et n'eut pas le temps d'esquiver le coup de genou dans l'abdomen. Fulgurant, puissant, violent et très appuyé. Le coup ne fit pas décoller le charpentier du sol, mais il recula de quelques mètres en glissant. Du sang sortit de sa bouche, il cracha pour en évacuer le surplus et pouvoir reprendre son souffle. Une main posée sur le coup, il devait son salut à la contraction réflexe de ses abdominaux qui lui avait permis de rester debout et de ne pas chuter. À cause de cette attaque, il s'éloignait encore de son objectif, mais le combat était lancé et les coups allaient maintenant s'échanger jusqu'à l'abandon ou la mort de l'un des deux combattants.

L'opération « Perfect Milk » aussi perfide soit-elle laissait une ouverture aux deux hommes pour s'enfuir. La police de la pensée était occupée et les recherches avaient dû s'arrêter une fois que les deux hommes eurent rejoint le Bunny Hell. Vu le taux de réussite, il n'y avait sûrement besoin de leur aide et ils avaient pu se concentrer sur leur objectif premier. Il fallait gagner et vite afin de s'assurer le départ de l'île.

Avec le fusil comme unique arme, Marco s'élança sur son ennemi. Essayant de lui envoyer un violent coup au niveau de la tête, telle une frappe de baseball. L'ennemi esquiva en se baissant et n'hésita pas une seconde à contre-attaquer instantanément. Alors que l'amplitude prise par le charpentier lors de son corps était trop importante pour revenir, le maire envoya une frappe du poing dans les côtes de l'homme. Il n'eut pas le temps d'esquiver, ni même de contracter quoi que ce soit et ne put qu'entendre le « crac » des os qui se brisaient. Marco s'envola, envoyé littéralement par-dessus son ennemi et s'écrasant au sol, une dizaine de mètres derrière le maire.
Au prix d'un sacrifice immense qui l'empêcherait sûrement de naviguer correctement pendant quelques semaines, le civil avait atteint son objectif. Les gants étaient là, tandis que le maire prenait son temps pour se retourner, en profitant pour parler seul et entamer un nouveau monologue. Le corps écrasé et décomposé de Lapinet était là et Marco força un peu pour lui retirer les gants qu'il enfila aussitôt.


« ... Et toi ? Qu'en penses-tu Marco Vignali ? »


Marco n'avait rien dit et avait furtivement avancé aussi vite qu'il le pouvait, oubliant la douleur.
Il surprit Jojo Lapin qui avait causé sa propre perte. Il s'était retourné et s'était retrouvé confronté directement au corps du civil qui lui faisait maintenant face à à peine quelques centimètres. C'était trop tard pour lui, il n'avait plus le temps d'esquiver. Les mains du charpentier se placèrent de chaque côté de la tête de l'homme-lapin, libérant leur décharge destructrice. Le maire hurla de douleur, les décharges entrant directement dans son cerveau. Tous ses poils se dressèrent, ceux de ses oreilles commencèrent même à brûler. Pendant de longues secondes, Marco ne lâcha pas son étreinte, recevant lui aussi une partie de la décharge à cause du contact prolongé. Il devait être sûr de vaincre le monstre et de l'empêcher de les suivre. Au bout d'une longue minute, les mains du civil tombèrent. Il n'avait plus la force de résister à la décharge et vit le corps de Jojo Lapin tomber au sol. Il n'était pas mort, mais était plus que sonné, tous ses organes devaient avoir pris un sacré coup. Il était hors combat pour de longues minutes, voire heures.

Tombant à genoux, Marco savait que son supplice n'était pas terminé. La main sur ses côtes brisées, reprenant son souffle, il avait la vue qui se troublait, sûrement à cause des décharges reçues. Il pouvait simplement marcher et n'aurait plus la force de combattre. Il se retourna alors vers Goyah, espérant trouver une solution pour sortir.


« Il faut rouvrir la trappe. Il y a une sortie là-bas. Peux-tu encore te transformer ? Ton poids seul pourrait peut-être l'ouvrir... »
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MessageSujet: Re: Holy Malo (Avec Marco Vignali) Ven 18 Juil - 14:02




Adieu, Holy Malo !
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J'étais en suffocation, mon corps n'était plus que l'ombre de lui-même. Impossible de savoir si j'allais ou pas me remettre de ces terribles blessures. A croire que la Voie des Tétons m'avait puni pour avoir sacrifié Marco. D'ailleurs ce sacrifice avait été vain, et prit une nouvelle dimension puisque le jeune homme était mon sauveur. Que pouvais-je donc faire ? Implorer son pardon ? Non, bien trop humiliant. J'étais un pirate et lui un civil ... Alors que je restais plongé dans mes pensées, mes yeux ne quittaient pas l'affrontement qui se déroulait devant moi. Marco avait su profiter de la situation et s'était emparé des gants électriques du Bunny Hell. Une stratégie qui paya, puisque l'odieux Jojo Lapin fut mis KO. Le charpentier avait su briller par sa simplicité et sa sagacité tout au long de cette étrange aventure que nous venions de vivre à Holy Malo. Tout était fini, Jojo avait été terrassé. Même si l'île était toujours sous mandat de corsaire, au moins les habitants allaient pouvoir choisir un nouveau leader incontesté. C'était bien ça de gagné, après tout. Marco s'approcha de moi et déclara :

- Il faut rouvrir la trappe. Il y a une sortie là-bas. Peux-tu encore te transformer ? Ton poids seul pourrait peut-être l'ouvrir...
- Harf ... Toi au moins tu n'es pas rancunier. Tu as failli mourir par ma faute et tu fais comme si de rien n'était ... Hélas ... Je suis complètement épuisé et je peine à me remettre des décharges que j'ai subies à répétition. Et je doute que seul mon poids parvienne à la faire ployer. Bravo pour avoir mis au tapis ce lapin de malheur, au fait ... Je ne tiens pas à m'excuser pour ce que j'ai fait. Je n'avais pas le choix, et je ne tenais pas à mourir. En revanche, je compte bien me racheter tôt ou tard. J'ai donc deux dettes envers toi. L'une pour racheter mon erreur d'avoir voulu te sacrifier, et l'autre pour te remercier de m'avoir sorti de là ... Quand on se reverra, je m'en acquitterai, Marco Vignali.

Je me relevai avec difficulté en titubant. Je reprenais peu à peu le contrôle de mon corps, au fur et à mesure que les fourmillements se dissipaient. Puis, toujours en boitant, je me rendis auprès du corps inerte du maire, qui s'était bel et bien évanoui. Une fois à genoux, je saisis la tête de l'animal et lui brisai la nuque afin de l'envoyer définitivment hors de ce monde. Je tournai la tête vers le charpentier.

- Désolé, c'était purement personnel. Son Bunny Hell a failli m'être fatal. Et plus quelque chose me disait qu'il allait encore nous causer des ennuis. Un maire comme lui détient certainement un escargophone portable pour joindre ses lieutenants. Ah, le voici.

Après avoir palpé l'intérieur de la veste de ce tyran sanguinaire, je retirai un escargophone. J'approchai le combiné de ma bouche pour appeler le destinataire de cette ligne.

- Allô ?
- Qui est à l'appareil ?
- Voyons mais c'est le Capitaine Hoover !! De la Police de la Pensée ! Monsieur le Maire, tout va bien ? Tout est en place pour votre opération " Perfect Milk " et nous n'attendons plus que votre feu vert. J'espère que tout s'est bien passé dans la Salle numéro 2.
- Je ne crois pas. Ici Adams Goyah Junior et Marco Vignali. Nous venons de tuer le maire de Holy Malo : Jojo Lapin. Il gît sous mes yeux car je lui ai moi-même brisé la nuque après que mon compagnon l'ait vaincu en combat singulier. Rendez-vous, le règne de ce lapin de malheur est terminé.
- Qu ... Quoi ?? Vous l'avez vaincu ?? Impossible ! Monsieur le Maire est le plus puissant guerrier de l'île ! Seuls Lapinet et Lapinot pouvaient prétendre à rivaliser avec lui. Et encore ! C'est forcément un mensonge ! V... Vous avez volé son escargophone !
- Vous croyez vraiment que dans la Salle n°2, Jojo Lapin se serait laisser volé son précieux appareil ? Allons soyez raisonnable, capitaine. Baissez les armes et laissez tout tomber. Cette île est en sécurité, et est sous la protection de l'alliance certes fragile, mais néanmoins bien présente de nos 4 tétons.
- Ah ... Je ... Si c'est la vérité, nous venons immédiatement vous chercher ... L'opération " Perfect Milk " est donc avortée ...

Ce brusque revirement d'opinion s'expliquait tout à fait. Personne sur l'île n'avait été en mesure de vaincre Jojo Lapin. Non seulement sa machine répressive était exrêmement efficace au sein des populations, mais en plus le maire lui-même terrorisait ses propres forces de l'ordre. En somme, tout comme le reste de l'île, la Police de la Pensée avait été prise au piège entre les griffes de ce prétendu protégé d'un schichibukai. Une heure plus tard, les issues de la Salle n°2 furent toutes ouverte, et les policiers découvrirent avec stupéfaction le corps inanimé du pauvre Jojo Lapin. Selon moi son châtiment avait été trop léger. Mais bon. Alors que tout le monde ramassait les trois cadavres qui jonchaient les dalles blanches, j'en profitai pour dire mes deniers mots à l'adresse de Marco.

- Je me sens un peu mieux. Quelques jours de repos et je serai comme neuf. Encore merci, Marco. Et n'oublie pas que j'ai deux dettes envers toi. Nos routes se séparent ici et se recroiseront plus tard au cours de notre aventure respective. Au revoir, camarade.

C'était sur cette tirade que je regagnai ma petite embarcation que quelques bénévoles m'aidèrent à replacer dans l'eau du port. En fait, je ne savais que peu de chose sur ce charpentier voyageur atypique qui s'était avéré être un combattant de grande bravoure. Quelque chose d'étrange et de singulier m'interpellai chez lui. Il semblait être étonnament mature, et à la fois d'une innocence flagrante. Il n'avait pas hésité à venir me sauver. Une chose était sûr : un jour ou l'autre je lui ravaudrais bien la pareille. Pour le moment, je détachai la corde qui liait ma barque à la lapin rose d'amarrage et quittai définitivement Holy Malo. Cette île devait se reconstruire après plusiseurs années de terreur sous la coupe de ce dictateur qu'était Jojo Lapin.




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MessageSujet: Re: Holy Malo (Avec Marco Vignali) Dim 27 Juil - 12:18




Tout s'enchaîna très vite à partir du moment où Jojo Lapi fut mis hors d'état de nuire. Contrairement à ce qu'avait pu proposé Marco pour sortir une bonne fois pour toutes de cet endroit, Goyah choisit une autre option, ne pouvant plus se transformer et n'étant pas sûr que son poids et sa force suffiraient à ouvrir la trappe qui menait au sous-sol et à une issue. Il eut la présence d'esprit d'informer toutes les unités de la Police de la Pensée que leur chef n'était plus. Il avait fait un pari en espérant que les troupes ne se ramènerait pas à la mairie, mais jetterait les armes. Ce fut effectivement ce qui se passa. Tous les hommes employés par le tyran ne l'avaient été que par la force de celui-ci et ne lui vouaient aucun respect. Il y avait seulement la crainte d'être réprimandé par lui et par le Capitaine Corsaire qui commanditait l'homme. Celui-ci défait, il n'y avait plus aucune raison pour eux de se battre à ses côtés. Ils redevenaient des citoyens de l'île, peut-être rejetés, peut-être hués par la population, mais ils finiraient par être pardonnés.

Au fur et à mesure que les cadavres étaient enlevés de la pièce, Marco retrouvait des forces. Il recevait les premiers soins de la part des médecins du village et se sentait tout de suite mieux. Il lui restait encore une tâche à accomplir : retrouver ses affaires. Il allait sûrement rester ici quelques jours afin d'être complètement rétabli et de pouvoir reprendre la mer sans risque de naufrage à cause de ses capacités physiques. Goyah vint s'adresser à lui alors qu'il allait reprendre la mer. Il avait une dette apparente envers Marco, mais celui-ci n'en tenait pas compte. Il ne pouvait pas faire confiance à cette personne qu'il ne connaissait que depuis quelques heures. Il n'avait pas hésité à le sacrifier pour sa propre survie. Il savait également que si les deux personnes se recroisaient dans des camps opposés, il n'hésiterait pas à l'affronter de toutes ses forces sans aucun état d'âme. Marco acquiesça d'un mouvement de la tête, sans parler, comprenant que seules les circonstances de leur prochaine rencontre feraient que la dette serait remboursée ou non.

Avec ses bandages, Marco se rendit au bar de leur première rencontre, prenant une simple chambre à l'étage. Le charpentier avait besoin de se reposer et de se remettre des horreurs qu'il avait pu voir. Est-ce que beaucoup de personnes sur le globe étaient intéressées par le pouvoir, comme ce fameux Jojo Lapin ? Est-ce que tous étaient prêts à tout, à prendre des vies, pour arriver à leur dessein ? Est-ce que tous étaient prêts à faire des sacrifices humains pour leur propre survie ? En y réfléchissant un peu, Goyah et le tyran de l'île étaient faits dans le même moule. Le premier n'avait pas hésité à sacrifier une vie humaine pour sa propre survie, sûrement afin d'atteindre un but qu'il s'était fixé pour son avenir. L'autre avait voulu étendre son influence et son empire en se servant d'autres hommes et en leur infligeant des sentences comparables à la mort. La mort d'un homme, puis de deux, puis de plusieurs, puis un génocide. À partir du moment où l'on tuait quelqu'un, se retrouvait-on forcément inclus dans cette boucle infinie ?
De cette manière, est-ce que Marco lui-même, responsable de la mort d'un des deux acolytes du tyran était entré dans cette terrible manœuvre ? Est-ce que sa propre survie était une raison valable pour ôter la vie de quelqu'un ?
Sur le coup, il n'avait pas réfléchi, avait suivi son instinct, son instinct animal qui lui avait hurlé de se battre pour survivre. Il n'y avait rien de rationnel là dedans, seulement un comportement que beaucoup auraient jugé de « normal ». Et pourtant, il n'en était rien.

La vie, la mort. Tout était surfait, tout était beaucoup trop contradictoire. Fallait-il forcément tout calculer pour réussir ? L'expérience du jour montrait que non et que l'instinct avait une part prédominante dans la réussite d'un objectif, celui d'aujourd'hui étant : survivre.

C'est sur ces réflexions que l'homme s'endormit.

Le lendemain matin, ses forces plutôt revenues, mais ses muscles des bras le faisant encore souffrir, Marco se leva rapidement et prit un petit-déjeuner conséquent.
Il se rendit directement à la mairie où des élections allaient se passer dans deux semaines, le temps aux possibles candidats de se préparer. Il se rendit à l'accueil où les deux jeunes femmes qu'il avait vues la première fois lui semblaient beaucoup plus aimables plus enclins à le renseigner. Il n'eut aucun mal à retrouver ses effets personnels et son navire accompagné d'un responsable de la mairie, qui était là avant Jojo Lapin et qui le serait sûrement après. On lui proposa la mise en eau de son navire dans la journée, là où il l'avait amarré la première fois. Les frais d'attachement étaient offerts pour services rendus à la communauté.

Il passa la journée à visiter l'endroit, ce qu'il n'avait pas eu le temps de faire lors de son arrivée. Tous les habitants semblaient plus joyeux, n'avaient plus de poids sur les épaules et pouvaient refaire de Holy Malo un havre de paix.
Quelques jours passèrent, Marco se réalimenta en différentes denrées, en cartes qui l'amèneraient aux îles prochaines. Il n'avait pas encore choisi sa destination, mais voulait réellement éviter d'être impliqué de la sorte lors de sa prochaine escale.

Ce fut finalement, toujours dans l'interrogation, que ce soit par rapport à sa destination ou à ses sentiments, qu'il quitta Holy Malo, acclamé comme un héros alors qu'il n'avait fait que travailler pour son objectif personnel.
Était-ce là la clé du succès ? Savoir concilier objectifs personnels et soutiens à la communauté. Peut-être venait-il de trouver une nouvelle voie qui l'amènerait vers le succès et vers son paradis.  


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Holy Malo (Avec Marco Vignali)

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